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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Toulouse : déclaration d’amitié et prison ferme pour le dernier manifestant en préventive du 21 février
Article mis en ligne le 25 mars 2015
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Manifestation en faveur des ZAD : six mois de prison ferme pour le casseur

Metronews, 25-03-2015 11:39

JUSTICE – Un ancien étudiant en histoire originaire du Mans a été jugé pour des dégradations commises le 21 février à Toulouse dans le cadre de la manifestation pro-ZAD. Le tribunal lui a infligé une peine de prison ferme.

Prison ferme pour le manifestant violent. Arrêté le 21 février dans le cadre de la manifestation en faveur des ZAD (Zones à défendre) qui avait dégénéré à Toulouse, un ancien étudiant en histoire originaire du Mans a écopé de 12 mois de détention dont six mois ferme relate La Dépêche du Midi dans son édition du jour.

Il a été interpellé alors qu’il avait brisé à l’aide d’une masse les vitrines d’une d’agence immobilière et d’un magasin d’ameublement. "Je me suis laissé entraîner" a plaidé l’accusé qui était chez des amis à Pau quand il a décidé de venir à Toulouse en soutien aux occupants de la Zone à défendre de Sivens.

"On m’a donné une masse, je m’en suis servi"

Devant le tribunal, le jeune homme a raconté comment après une charge des policiers il a été éloigné de ses proches et s’est retrouvé avec d’autres personnes décidées à "casser". "(…) J’ai fait l’erreur de considérer les policiers comme des ennemis, les autres comme mes amis, raconte-t-il. On m’a donné une masse. Je m’en suis servi… Je suis désolé."

Après le verdict, le jeune homme est retourné en prison avec l’obligation de rembourser les dégâts qui sont estimés à plus de 30 000 euros.


Le casseur avait brisé deux vitrines : six mois de prison

La Dépêche, 25/03/2015 à 07:37

Petites lunettes, chemise, François a choisi un look d’étudiant sage pour comparaître devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Loin de l’individu maniant une masse qui frappait sur les vitrines de la rue de Metz, le samedi 21 janvier. « Je me suis laissé entraîner », raconte cet ancien étudiant en histoire, domicilié à Rennes et originaire du Mans. « J’étais près de Pau chez des amis. Nous sommes venus soutenir les occupants de la ZAD, pas pour casser », s’excuse le manifestant.

« Vous aviez quand même un masque à gaz », s’étonne la présidente, Anne Rivière.

« Pour me protéger des lacrymogènes », rassure le prévenu, incarcéré depuis le 23 février après avoir demandé un délai pour préparer sa défense. Selon lui, coupé de ses amis après « une charge des policiers », il s’est retrouvé avec « d’autres », décidés à « casser ». « D’un côté les policiers, de l’autre nous. J’ai fait l’erreur de considérer les policiers comme des ennemis, les autres comme mes amis », raconte François qui se dit « concerné par l’écologie » mais pas un activiste. « On m’a donné une masse. Je m’en suis servi… Je suis désolé. »

Le cabinet Foncia et Habitat ont présenté les factures. Salées. Plus de 6 000 € pour Foncia, 31 800 € pour Habitat. « La jolie lettre d’excuse c’est gentil mais on n’est plus au collège. Pour Habitat c’est 100 clients terrorisés bloqués dans le magasin et un samedi perdu. Quand on casse, il faut assumer », s’agace Me Anne-Sophie Bellaiche. Un sentiment partagé par le parquet « pas convaincu par la défense » du prévenu qui a traversé la rue pour s’attaquer à la deuxième vitre. La procureur Géraldine Labiale requiert « six à huit mois de prison avec maintien en détention ».

Cette prolongation en prison, Me Sylvain Laspalles veut l’éviter. L’avocat se bat, évite les clichés et demande « un jugement à hauteur d’homme pour une personne totalement insérée qui serait mieux dehors pour travailler et indemniser les victimes ».

Le tribunal a condamné François à 12 mois de prison dont six mois avec sursis et mise à l’épreuve et maintien en détention. Il devra payer plus de 31 000 € à Habitat. Le préjudice de Foncia reste à fixer.