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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Opération Piñata : nouvelle grosse rafle et perquisitions sur tout le territoire espagnol et arrestations de compagnonNEs [mis à jour]
Article mis en ligne le 31 mars 2015
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Le lundi 30 mars 2015, à partir de 4 à 6h du matin, la Police Nationale en collaboration avec les Brigades d’Information de Madrid, Palencia et Grenade, ont mené une opération comprenant la perquisition de 17 lieux (3 centres sociaux – dont La Quimera et La 13-14 dans les quartiers de Lavapiés et Vallecas à Madrid, plus La Redonda de Grenade, et 11 domiciles particuliers) à Madrid et Palencia et se soldant et se soldant par l’arrestation de 14 personnes —9 à Madrid, 3 à Barcelone et 2 autres à Palencia pour "terrorisme".

Selon un communiqué de presse des flics, les 14 personnes (trois compagnonnes et onze compagnons) initialement arrêtées —9 à Madrid, 3 à Barcelone et 2 autres à Palencia sont accusées de supposée appartenance à une organisation criminelle à finalité terroriste, en l’occurrence les Groupes Anarchistes Coordonnées (GAC). On leur attribuerait également la "commission de faits délictuels consistant dans des sabotages et le dépôt d’engins explosifs et incendiaires". Les faits spécifiques seraient notamment la préparation de l’attaque explosive du 7 février 2013 contre la cathédrale madrilène La Almudena et la participation à celle contre la cathédrale de Saragosse d’octobre 2013, pour laquelle les compagnons Monica et Francisco sont déjà incarcérés depuis plus d’un an (accusé en plus d’avoir préparé une autre attaque contre la Basilique Montserrat de Barcelone). Parmi les autres faits spécifiques attribués à une partie des 14 arrêtés, la police évoque également une "tentative d’attaque pour déstabiliser le couronnement du nouveau roi Felipe VI" du 19 juin 2014, et quatre attaques contre des agences bancaires.
Elles se trouvent actuellement au Corps de Police espagnole à Madrid et on ignore encore à quel moment elles passeront à disposition de l’Audience Nationale [Parquet national anti-"terroriste"] pour déclaration.

13 autres personnes ont été arrêtées pour "résistance et désobéisance" lors des perquisitions dans les squats ou domiciles, plus 11 autres pour "usurpation" (occupation illégale) : ce qui a fait 38 arrêtés en tout. Elles ont été présentées mardi matin 31 mars devant les tribunaux de plaça de Castilla de Madrid et relâchées, les autres devraient l’être mercredi.
Au cours de ces interventions, de nombreux fourgons des Unités d’Intervention de la police ont encerclé les lieux. Des archives papier et du matériel informatique ont été saisis.

Cette nouvelle opération policière, dénommée Opération Piñata, a été supervisée par le juge du Tribunal d’Instruction n°6 de l’Audience Nationale, Eloy Velasco. Selon les sources du Ministère de l’Intérieur, l’enquête n’est pas pour autant close. Le secrétaire d’Etat à la Sécurité Francisco Martínez ainsi expliqué à Grenade que "le terrorisme anarcho se diffuse" et que dans ce cas c’est une organisation (les GAC) qui prétendait "semer la terreur dans la population et imposer ses idées" qui a été démantelée ! Des pratiques que l’Etat espagnol, comme tous les Etats, connaît bien et pratique avec assiduité depuis toujours. Le larbin d’Etat a ensuite précisé : "La Police nationale n’a pas cessé ses enquêtes, de manière préventive afin d’éviter que ce type de groupes n’atteigne une croissance ou expansion, grâce à des opérations comme celle-ci".

Ces arrestations se produisent trois mois après l’opération Pandora qui avait conduit à l’arrestation de 11 personnes le 16 décembre 2014, elles aussi accusées d’appartenir aux GAC, et remises en liberté sous caution le 30 janvier dernier. L’Opération Piñata semble clairement la seconde phase revancharde de l’Opération Pandora, ou plutôt la troisième depuis les arrestations de Monica et Francisco, eux aussi accusés d’appartenance aux GAC (groupes qui seraient en outre une "succursale locale" de la FAI/FRI !) et dont le dossier était déjà pris en charge par le même juge national anti-"terroriste" Eloy Velasco...

Le soir même, des centaines de personnes se sont rassemblées en solidarité dans différentes villes de l’État espagnol, dont Madrid (un millier de personnes), Barcelone (700 personnes), Palence (300 personnes), Saragosse, Salamanque, Gérone, Cuenca et Grenade.

[Synthèse d’après Indymedia Barcelona et la presse espagnole]