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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Opération Piñata : cinq compagnons incarcérés, dix en contrôle judiciaire, et des tonneaux de merde
Article mis en ligne le 1er avril 2015
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Le juge de l’Audiencia Nacional Eloy Velasco a renvoyé en prison préventive mercredi 1er avril en début d’après-midi 5 des 15 arrêtés lors de l’opération policière nommée Piñata du lundi 30 mars (24 autres ont été arrêtés pour "résistance et désobéissance" lors des 17 perquisitions puis relâchés) qui s’est déroulée à Madrid, Barcelone, Palencia et Grenade.

Le juge a renvoyé en prison les 5 compagnons suivant...
Paul Jara Zevallos (de Madrid),
Jorge Linares Izquierdo (de Madrid),
Javier García Castro (de Madrid),
Javier Grijalbo Adan (de Palencia)
Enrique Balaguer Pérez (de Madrid)
... et relâché les 10 autres (trois de Barcelone et sept de Madrid) en liberté conditionnelle sous contrôle judiciaire (confiscation de passeport, interdiction de sortie du territoire et pointage tous les 15 jours). Ils restent accusés d’appartenance aux GAC.

Tous les cinq sont inculpés de participation à une organisation terroriste (de type "insurrectioniste-anarchiste" rajoutent les journaux), soit du délit d’ "organisation criminelle" selon l’article 570bis du code pénal, avec la circonstance aggravante de "visant à subvertir l’ordre public et altérer gravement la paix publique". Le nom de cette organisation serait les Groupes Anarchistes Coordonnés (GAC), à laquelle est reprochée la "coordination et la promotion de sabotages", dont ceux de 114 distributeurs de billets en février 2015, et d’être possiblement liée aux attaques explosives contre les cathédrales d’El Pilar à Saragosse (pour laquelle Mónica et Francisco sont en préventive depuis plus d’un an) et de La Almudena à Madrid (7 février et 1er octobre 2013).

Les éléments matériels cités par le juge sont ceux retrouvés lors des perquisitions comme "des manuels pour confectionner des engins explosifs et de tactique de guerilla", des bonbonnes de camping-gaz, des "photos de policiers et de commissariats", des "manuels d’auto-défense et de technique pour éviter les filatures", des "dispositifs techniques d’accès chiffré au wifi pour rendre la navigation internet anonyme", ... Bref, du papier, beaucoup de papier comme d’habitude, alors que Velasco se targue d’avoir embastillé "les leaders des GAC de Madrid, Barcelone et Palencia". Le compagnon de Madrid, Enrique "Kike", accusé d’être le pseudo chef national des GAC, venait à peine d’être relâché le 30 janvier de prison avec les autres coinculpéEs de l’Opération précédente, Pandora. Les quatre autres ont reçu les titres de "responsables de l’appareil financier, de propagande et d’action directe" des GAC ou celui de "chef des GAC" de Madrid et de Palencia !! L’Etat regarde sa sale gueule dans un miroir et projette sur des compagnons sans maîtres ni esclaves sa propre face faite de hiérarchies, de leaders et de spécialisation. Au total, cette descente policière est la troisième depuis plus d’un an avec pour prétexte les attaques attribuées aux Groupes anarchistes coordonnés, et le nombre de perquisitions se monte désormais à une trentaine et les mises en examen à au moins 28.

Lors de leur sortie du bureau du juge, un rassemblement d’une soixantaine de solidaires se déroulait, lors duquel les journalistes ont notamment été pris à partie aux cris de "charognards". Un nouveau rassemblement solidaire est prévu ce soir mercredi 1er avril à Madrid à 21h, place Tirso de Molina, dont le texte d’appel pose clairement la donne : "Solidarité. Entr’aide. Action directe. Mort à l’Etat et vive l’anarchie". Lors de la manif au même endroit hier, quatre personnes ont été interpellées et les affrontements avec les flics ont fait douze blessés légers (dont huit keufs).

Ni innocents ni coupables,
Liberté pour toutes et tous !
Solidarité offensive !

[Synthèse de la presse espagnole et de sites du "mouvement"]


Anarchistes en détention pour « sabotages »

AFP, 01.04.2015 18:19

Cinq anarchistes ont été placés en détention mercredi, soupçonnés d’être impliqués dans des sabotages de distributeurs de billets.

Ces criminels supposés sont également soupçonnés d’avoir placé un engin explosif dans la cathédrale de Madrid en 2013, selon une source judiciaire.

Dix autres personnes avaient été arrêtées lundi lors d’une opération de police menée simultanément à Madrid, Barcelone (est), Palencia (nord) et Grenade (sud-est). Elles ont été laissées libres sous contrôle judiciaire, selon cette source.

Lors des arrestations visant ces 15 personnes, les forces de l’ordre ont saisi des manuels de confection d’engins explosifs et de tactiques de guérilla urbaine, des photos de policiers et de commissariats et des revendications d’attaques à l’engin explosifs.

Les cinq détenus, Paul Jara, Jorge Linares, Javier García Castro, Javier Grijalbo et Enrique Balaguer, sont poursuivis pour « appartenance à une organisation terroriste de type anarcho-insurrectionnelle », a-t-elle ajouté.

Membres des « Groupes anarchistes coordonnés (GAC) dont trois sont les chefs présumés de cette organisation à Madrid, Barcelone et Palencia, ils sont soupçonnés « d’actes de coordination et d’organisation de sabotage et de dégradation de 114 distributeurs » de billets de banque.

« Vive l’anarchie »

La justice enquête également sur leur éventuel lien avec le placement d’un engin explosif désamorcé dans un confessionnal de la cathédrale de l’Almudena à Madrid le 7 février 2013 et celui ayant explosé dans la Basilique Pilar de Zaragosse (centre-est) le 2 octobre suivant, causant des dommages matériels.

Le placement de l’engin avait été revendiqué par le « Commando Insurrectionnel Mateo Morral », du nom de l’anarchiste ayant mené un attentat contre le roi Alphonse XIII et la reine Victoire Eugénie le jour de leur mariage, le 31 mai 1906, manquant le couple mais faisant 24 morts.

A leur sortie de l’audience nationale, compétente en matière pénale, les personnes laissées libres ont été accueillies par un groupe de jeunes aux cris de « Mort à l’Etat ! Vive l’anarchie ! »