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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Vigneux-de-Bretagne (aéroport NDdLandes) : la chasse aux larbins de Vinci
Article mis en ligne le 1er mai 2015
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Notre-Dame-des-Landes. Des scientifiques menacés à Vigneux-de-Bretagne

Ouest France - 30 Avril 2015

Mercredi matin, trois biologistes d’Angers venus étudier le triton marbré à Vigneux-de-Bretagne ont été chassés par une dizaine d’hommes cagoulés.

Depuis quelques jours, des scientifiques du Gecco (Groupe écologie et conservation des vertébrés), un laboratoire de la Faculté de sciences d’Angers, effectuent des prélèvements sur la Zad. Mandatés par Vinci, le concessionnaire désigné par l’Etat, ils étudient le fonctionnement des populations d’amphibiens sur la zone concernée par le projet d’aéroport. En l’occurence le triton marbré.

Mercredi au petit matin, ils officiaient au lieu-dit La Fremière, au nord de Vigneux-de-Bretagne quand ils ont vu débarquer une dizaine de personnes cagoulées. Qui leur ont demandé de quitter les lieux après avoir brisé vitres et pare-brises et crevé les pneus de leur voiture.

Lorsque les gendarmes sont arrivés sur les lieux, les inconnus avaient pris la fuite. Il n’y a pas eu d’interpellation. Une plainte a été déposée.


Arrêté anti préfectoral relatif à la déportation et au puçage des tritons

mercredi 29 avril 2015, par zadist

Aux abords de la ZAD, des naturalistes travaillant dans le cadre du projet d’aéroport Grand Ouest, ont une fois de plus, fait l’objet d’une attaque.

Considérant qu’AGO-Vinci, en dépit des démissions de Biotope, d’Aquabio, de Chupin Espaces Verts, et de nombre de ses subalternes, sous-traite désormais le suivi des mesures compensatoires au Laboratoire Gecco de l’université d’Angers,

Attendu que cette université collabore avec AGO-VINCI dans la logique du partenariat public-privé, et envoie sur le terrain des étudiants précaires, peu informés et impréparés aux risques encourus, mais prêts à tout pour valider leur diplôme,

Eu égard à l’obstination manifeste d’AGO-Vinci, ignorant délibérément les multiples avertissements et incidents ayant émaillé la mise en œuvre des mesures compensatoires, et notamment les conseils gracieusement prodigués par l’éminent lanceur d’alerte, Alain Michelin, président de l’association « Du bordel pour l’ouest »,

Vu l’inefficacité confondante et prévisible de leur tentative de porter atteinte à la publicité du dossier, masquant les cartes, les noms des entreprises et intervenants par un maquillage maladroit, espérant ainsi naïvement duper la vigilance des opposants à l’aéroport,

Considérant que toutes les études scientifiques ne servent qu’a légitimer les intérêts économiques sous couvert de recherche et constatant que les naturalistes n’y croient pas eux mêmes ; citant des études dans leur dossier, pour ensuite les nier dans l’établissement de leurs protocoles sur le terrain,

Attendu que les tritons marbrés habitant les mâres alentours semblent se porter fort bien, n’ont rien demandé à personne et se voient expulsés sans préavis de leurs habitats à grand renfort de pièges en seaux de mayonnaise, subtilement lestés de bouteilles d’eau minérale, dans un style digne d’un bricolage de maternelle,

Vu que les naturalistes au service de l’aménagement du territoire, vont même jusqu’à pucer les tritons marbrés, étendant la logique de traçabilité maniaque de nos titres de transport jusqu’au colon des batraciens qui pullulent dans nos mares,

Nous ne sommes pas surpris des derniers incidents en date, du 29 avril au matin, qui ont vu une équipe d’étudiants naturalistes d’Angers essuyer une énième mésaventure : disparition mystérieuse de matériel et documents, bris de vitre et crevaison subite et simultanée de l’intégralité des pneumatiques.

Nous nous voyons dans l’obligation de faire ce rappel : quiconque se résignant à travailler pour AGO-VINCI s’expose à de telles déconvenues. Sachez que notre implantation sur le territoire est telle, que nul ne pourra déjouer l’acuité de notre réseau de partenaires. Nous invitons donc cordialement les salariés, étudiants, précaires, à exercer leur droit de retrait, et/ou à informer nos services de toute tentative de travaux. Sachez que notre implantation sur le territoire est telle que nul ne pourra déjouer l’acuité de notre réseau de partenaires. C’est pourquoi, nous, agents de la DREAL, (Délinquance Rigolarde et Efficace contre l’Aéroport et ses Lampistes), invitons le laboratoire Gecco à méditer sur cet incident et à en tirer rapidemment les conséquences avant que d’autres ne surviennent.

DREAL (Délinquance Rigolarde et Efficace contre l’Aéroport et ses Lampistes)


Notre-Dame-des-Landes : des sociétés d’ingénierie menacées

Le Moniteur, 13/01/15 à 13h40

« Réfléchissez à deux fois avant de répondre à cet appel d’offre… » Par ces mots, une quinzaine de mails et de courriers cherchent à dissuader les candidatures concernant la desserte routière du futur aéroport. Les victimes portent plainte.

« Madame, Monsieur, Vous êtes susceptibles de répondre à un appel d’offres concernant le suivi des mesures compensatoires pour la déserte (sic) routière du futur aéroport Grand Ouest. » C’est ainsi que commence la lettre reçue par plusieurs entreprises du secteur de l’ingénierie écologique ou leurs collaborateurs début décembre dernier. Le courrier, signé d’un mystérieux Alain Michelin, président de l’association non déclarée « Du bordel pour l’Ouest » sise dans la ZAD Notre-Dame-des-Landes, visait clairement à empêcher les entreprises de répondre à l’appel d’offre de la DREAL Pays-de-la-Loire. Plus précisément, l’appel d’offre n° 14-134622 concernait le suivi des mesures compensatoires relatives à la restauration des fonctions liées aux zones humides dans le secteur prévu pour accueillir le futur aéroport et sa desserte routière.

« Notre dépôt de plainte contre X a été motivé par cette lettre concernant l’appel d’offre qui se clôturait le 5 décembre dernier, mais le courrier rappelle des exactions qui remontent à 2011 », indique Bruno Dumont Saint-Priest, directeur délégué aux syndicats de la fédération Cinov, qui représente les sociétés d’ingénierie. Sous prétexte de « mettre en garde contre les risques encourus par l’entreprise qui décrochera ce marché », l’auteur rappelle les incidents, délits, sabotages et perturbations dont diverses entreprises liées au projet d’aéroport ont fait l’objet il y a quelques années.

Pneus crevés, tags, serrures engluées

En ligne de mire, une PME d’ingénierie environnementale qui a ainsi fait les frais de telles actions à plusieurs reprises en 2011, 2012 et 2013, avec la destruction systématique du matériel de mesure laissé sur le site, l’envahissement des locaux, des pneus de véhicules crevés, des tags, des serrures engluées… Le président de la société a même reçu à son domicile un cercueil contenant de vieux ossements. En 2014, ce sont deux autres sociétés en charge là-aussi des mesures compensatoires qui ont connu des actes de vandalisme et des vols de matériels.

« Adopte un sous-traitant »

L’association « Du bordel pour l’Ouest » a par ailleurs lancé la campagne « Adopte un sous-traitant » qui consiste a minima à harceler la société concernée afin qu’elle abandonne toutes velléités de travailler sur un projet en lien avec le futur aéroport. Jusqu’à présent, aucune des plaintes n’a donné lieu à des interpellations. « Nous espérons tout de même qu’une enquête sera dépêchée et que des mesures seront prises pour sécuriser les entreprises menacées », explique Bruno Dumont Saint-Priest. La fédération a choisi d’écrire au procureur de la République de Nantes, tandis qu’une des victimes a demandé une indemnisation auprès de la préfecture.

A plus long terme, la fédération Cinov prévoit déjà d’interpeller le gouvernement sur cette nouvelle forme de radicalisation et de violence qui se répand au gré des projets d’aménagement du territoire en France. Faut-il revoir les cadres dans lesquels s’effectuent les études d’impact ? Les processus de concertation permettent-ils d’entériner un véritable processus démocratique ? Telles sont les questions que veut poser la fédération Cinov aux ministères de l’Ecologie et de l’Intérieur. Une réunion entre les syndicats Syntec Ingénierie et Cinov est d’ailleurs prévue sur cette question dans les prochaines semaines.