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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Paris : avis aux amateurs, pose de la première pierre pour le chantier du nouveau Palais de Justice
Article mis en ligne le 8 mai 2015
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A Paris, l’ombre de la tour Triangle plane sur le TGI

Le Monde.fr | 07.05.2015 à 08h41 • Mis à jour le 07.05.2015 à 09h12 |

« Le béton est un peu mou, j’espère que ça va tenir… ». La garde des sceaux et ministre de la justice, Christiane Taubira, truelle en main, était en grande forme, mercredi 6 mai, après avoir coulé le protocole d’accord, enfermé dans un tube métallique, qu’elle venait de signer avec la maire de Paris, Anne Hidalgo. Ainsi venait d’être posée la première pierre – en réalité la première poutre –, du futur Tribunal de grande instance de Paris (TGI), porte de Clichy dans le 17e arrondissement.

Le projet est de taille : 160 mètres de haut, 100 000 m2 de planchers dont 62 000 de surfaces utiles, 38 étages, 90 salles d’audience, et une capacité d’accueil de 2 500 salariés et 8 500 visiteurs. Douze grues travaillent en permanence sur le site. Réalisé par l’architecte italien et parisien d’adoption, Renzo Piano (l’auteur avec le britannique Richard Rogers du Centre Georges-Pompidou), le futur TGI, qui doit être livré en juin 2017, sera le plus grand immeuble construit à Paris depuis la Tour Montparnasse (210 mètres), achevée en 1974.

« 27 années de loyer »

Le TGI est un sujet qui fâche ou qui enchante. Cristiane Taubira, en dépit des convenances habituelles du protocole, n’a pas caché son déplaisir. Elle s’en est particulièrement prise au partenariat public privé (PPP), le mode de financement du projet envers lequel elle a exprimé ses « réticences » et « ses réserves de principe » devant un aréopage de personnalités réunies dans une salle de la base-vie du chantiers : magistrats, élus locaux et représentants d’Arelia, le maître d’ouvrage contrôlé par BTP Bouygues.

Outre le financement, la conception et la construction du TGI, l’entreprise de bâtiment et de travaux publics doit assurer l’entretien et la maintenance du bâtiment pendant 27 ans. Coût total de l’opération : 2,4 milliards d’euros, soit, hors coût de construction estimé à 575 millions d’euros, l’équivalent de quelque 70 millions d’euros par an tout au long de la période. « J’aurais préféré une maîtrise d’ouvrage totale de l’Etat, de la puissance publique », a déclaré Christiane Taubira. Ces 27 années de loyer me tourmentent, même si je n’irai pas jusqu’au bout… » Puis dans un sourire, « et ne serais peut-être ni même au départ. »

Interruption de chantier

Peu après la signature de l’accord, en février 2012, une fronde des avocats avait tenté d’annuler le partenariat entre l’Etablissement public du palais de justice de Paris (EPPJP) et Arelia. La procédure avait provoqué l’interruption du chantier de juillet 2013 à mars 2014. Et donc un surcoût.

Christine Taubira a toutefois précisé que le TGI était « une belle œuvre », et qu’il était « bien de se réjouir d’une belle architecture ». Seule réserve d’ordre formel, et dernière flèche adressée par la ministre : « Le TGI affiche sa verticalité alors que moi, je défends l’idée d’une justice transversale. »

Grande hauteur et écologie

Le registre d’Anne Hidalgo était tout autre. Et si elle saluait la « belle écriture » de ce « magnifique bâtiment », elle n’en avait pas moins un message à faire passer. Après avoir évoqué l’importance du « travail de concertation » sur le projet et expliqué qu’il constituait « une couture avec le Grand Paris », la maire s’est félicitée de poser « la première pierre du premier bâtiment de grande hauteur depuis les tours du Front de Seine ». Le TGI, a-t-elle précisé, est aussi « le premier à répondre au plan climat de la ville. La grande hauteur n’est pas l’ennemi de l’écologie ».

L’ombre de la tour Triangle a alors plané. Défendu par Anne Hidalgo, le projet d’un édifice de 180 mètres de haut, prévu sur le site du Parc des expositions, porte de Versailles dans le 14e arrondissement, est soumis pour l’heure à un blocage politique depuis la tenue d’un vote au Conseil de Paris en novembre 2014. Une succession de procédures, touchant, d’un côté, le tribunal administratif et, de l’autre, le Conseil constitutionnel, devrait repousser l’échéance d’une future délibération au début de l’automne. La ville va donc devoir consacrer son été à tenter de convaincre les plus hésitants parmi les élus réticents.

Depuis la petite estrade installée dans la base-vie du chantier de la TGI, Anne Hidalgo a déjà commencé à s’adresser à eux. « Que cette audace ne s’arrête pas là, a exhorté la maire. On pourra le faire ailleurs. Sentez-vous libres ! »


TGI de Paris : le "geste symbolique" de Renzo Piano sort de terre

Batiactu, 06/05/2015 (extraits)

Christiane Taubira et Anne Hidalgo ont symboliquement posé ce mercredi 6 mai, la première pierre du nouveau palais de justice imaginé par Renzo Piano. Ce nouveau TGI trônera au centre d’une "cité judiciaire" qui comprendra également, sur 30.000 m², les nouveaux locaux de la police judiciaire, transférée du 36, quai des Orfèvres, et la maison de l’ordre des avocats (MODA) de 6.000 m². Première visite du chantier.

Côté travaux, les fondations "hors normes" entreprises par Bouygues Bâtiment Ile-de-France viennent de se terminer sur cette emprise de 18.000 m². Les douze grues recouvrent le chantier après des travaux de terrassement du sous-sol qui accueillera sur trois niveaux parkings, archives, locaux techniques, ainsi que les locaux de la souricière, ont confirmé les représentants du constructeur Bouygues et de sa filiale Arelia, maître d’ouvrage.

Fondations hors-normes

"Depuis les grands travaux de fondations terrassement en sous-sol entamés à l’été 2014 (Ndlr : 25.000 m3 du sous-sol extraits en 4 mois) , la structure du gros-œuvre avance à un bon rythme sur ce site restreint, une emprise de 18.000 m², et seulement 23 mètres de largeur, nous explique Jean-François Scheidt, directeur de projet pour Bouygues Bâtiment Ile-de-France. L’ensemble des 12 grues ont, en effet, été montées fin mars et le noyau le plus haut de la tour a bien démarré."

En ce moment, les deux principaux ouvrages enclenchés sur la zone de travaux de la porte de Clichy nécessitent, en effet, un important coulage du béton de la dalle basse, appelée radier, mesurant jusqu’à 1,20 mètre d’épaisseur. "Ce sont pour le moment, 30.000 m3 de béton coulés depuis janvier dernier et avec des pointes de 3.500 m3 coulés en 16 heures notamment pour les radiers", ajoute Jean-François Scheidt.

Premiers voiles béton coulés

La dalle supportera ainsi le poids de ce bâtiment de 38 étages et répartira les charges dans les fondations. Les premiers voiles béton des sous-sols sont en train d’être coulés, notamment "à l’ouest du bastion afin de créer une circulation de camions lorsque le niveau 0 sera atteint", ainsi que du côté du boulevard de Douaumont au troisième sous-sol. Le calendrier du chantier n’a pas bougé d’un iota : "Les superstructures seront terminées en novembre 2015 et la première structure de la tour sera achevée en 2016, complète-t-il. C’est, effectivement, un projet de grande envergure totalement différent du ministère de La Défense à Balard par ses processus constructifs. Bouygues Construction a une expérience importante dans les travaux de bâtiments de grande hauteur à l’image de la Tour First à La Défense."

Côté effectif chez Bouygues Bâtiment Ile-de-France, ce sont 400 compagnons et 120 ingénieurs présents au quotidien sur le chantier avant d’atteindre près de 1.200 ouvriers en période de pointe.