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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Brennilis/Belleville-sur-Loire/Salives (Finistère, Cher, Côte d’Or) : sabotages incendiaires de détecteurs de radioactivité
Article mis en ligne le 12 mai 2015
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Incendies criminels de 3 stations de prélèvement d’air situés près de sites nucléaires

AFP, 12 mai 2015 à 19h51.

"Ce sont des actes de malveillance car le feu a pris par le bas", a indiqué mardi le directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire à propos des sites de Brennilis (Finistère), Belleville-sur-Loire (Cher) et Salives (Côte d’Or).

Les faits se sont produits entre dimanche matin et lundi matin. Trois stations de prélèvement d’air situées non loin de sites nucléaires dans le Finistère, le Cher et en Côte-d’Or ont été incendiées, a confirmé mardi l’IRSN, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, propriétaire de ces matériels. "Ce sont des actes de malveillance car le feu a pris par le bas", a déclaré Jérôme Joly, directeur général adjoint de l’IRSN, en charge de la radioprotection. Dans l’une des trois stations, "un système de mise à feu très rudimentaire" a été retrouvé, a-t-il précisé.

Ces trois préleveurs d’air servent à analyser la radioactivité ambiante. "En l’état, des constatations sont menées pour voir si ces faits pourraient être liés les uns aux autres. A ce stade, il n’y a eu aucune revendication", a souligné une source proche du dossier. Trois enquêtes ont été ouvertes, a-t-elle ajouté. La radio RTL a révélé mardi que "trois incendies criminels" étaient intervenus sur des stations à Brennilis (Finistère), Neuvy-sur-Loire (Nièvre) et Salives (Côte-d’Or), ajoutant que "pour l’heure, les gendarmes ont retenu la piste d’une action coordonnée".

Deux stations "détruites"

EDF a confirmé l’incendie de matériels de prélèvement de l’air atmosphérique sur deux stations situées "à proximité des sites nucléaires de Brennilis et Belleville-sur-Loire" (commune du Cher située juste en face de Neuvy-sur-Loire). Ces deux stations "sont détruites", a indiqué Jérôme Joly, qui "déplore ce genre d’acte qui limite la qualité de surveillance des exploitants nucléaires".

Une troisième station, située près du site de production d’armes nucléaires de Valduc (commune de Salives) appartenant au CEA (Commissariat à l’énergie nucléaire) "a fait l’objet d’un départ de feu mais la tentative d’incendie a finalement échoué", a souligné Jérôme Joly. C’est là que le système de mise à feu a été retrouvé. "Le préleveur d’air est toujours opérationnel", a-t-il ajouté.

"Des enquêtes sont en cours"

Comme c’est le cas pour tous les incidents se déroulant à proximité de ses sites, EDF en a informé les pouvoirs publics et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et dans les deux cas, "des enquêtes sont en cours", a précisé un porte-parole du groupe. Les sinistres se sont produits "dans la nuit de dimanche à lundi" pour le site proche (environ 1,5 kilomètre) de la centrale nucléaire de Brennilis - à l’arrêt depuis 1985 et en cours de démantèlement - et "lundi tôt dans la matinée" pour celui des environs de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher), a précisé EDF.

Les préleveurs d’air de l’IRSN, qui sont installés sur des sites appartenant aux exploitants, pompent de l’air sur un filtre qui est relevé tous les jours. Il est ensuite envoyé à un laboratoire de l’IRSN qui se charge de l’analyser. "C’est la première fois que ce type de dégradation intervient sur des préleveurs d’air à ma connaissance", a souligné M. Joly, jugeant "stupide de s’attaquer à des moyens de surveillance". Deux des stations étant détruites, "on va perdre une indépendance de la surveillance pendant quelque temps", le temps de les remplacer, a-t-il relevé.


Brennilis. Un incendie criminel près du site nucléaire

Le Télégramme, 12 mai 2015 à 22h34

Mystère autour de plusieurs sites nucléaires en France. Trois incendies criminels sont survenus dans la nuit de dimanche à lundi, dont un à Brennilis.

Un équipement de surveillance radiologique, situé à plus d’un kilomètre de l’ancienne centrale nucléaire de Brennilis et propriété de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) a été détruit par le feu dans la nuit de dimanche à lundi. L’origine volontaire de cet acte de malveillance fait d’autant moins de doute que deux autres stations du même type ont subi simultanément le même sort en Côte d’Or, à Salives et dans la Nièvre, à Neuvy-sur-Loire.

Des actes stupides

Trois plaintes ont été déposées, et une enquête est en cours. Au plan local, elle a été confiée à la brigade de Châteauneuf-du-Faou, qui ne communique pas en l’état. Au siège de l’IRSN, à Paris, on avoue une certaine incrédulité, face à ces trois incendies volontaires. Jérôme Joly, directeur général adjoint de l’institut public, en charge de la radioprotection, évoque des actes " d’autant plus stupides que nous exerçons une mission de service public, avec l’argent des contribuables, afin de repérer les incidents éventuels que l’exploitant n’aurait pas lui-même détecté ".

Des contrôles quotidiens

En l’occurrence, la station de Brennilis contrôle chaque jour les poussières de l’atmosphère, pour repérer tout incident qui n’aurait pas été vu par l’exploitant de l’ancienne centrale, actuellement en cours de démantèlement. Ce lundi matin, l’agent qui venait collecter le philtre posé à 1,50 mètre du sol, dans un préleveur d’air de la taille d’un carton à papier, a découvert que l’appareillage avait été incendié. Cet appareillage, en plein air, est situé sur un terrain grillagé et côtoie d’autres installations en dur, qui elles, n’ont pas été vandalisées.


Trois incendies criminels près de sites nucléaires dont le CEA Valduc

Le Bien Public, 12/05/2015 à 11:49

Lundi, une station météo située à proximité du site nucléaire de Salives a été visée par un incendie criminel. D’autres faits similaires se sont produits ce week-end en France.

Selon le site RTL.fr, trois sites de prélèvements d’eau et d’air ont été la cible d’incendies criminels durant le week-end à travers la France. Point commun, ces sites sont tous situés à proximité de sites nucléaires.

Parmi eux, la station météo de prélèvement d’eau et d’air de Salives située tout près du CEA de Valduc. Ont également été frappées une station météo à Brennilis, dans le Finistère, près d’un site désaffecté et une station de prélèvement d’eau et d’air à Neuvy-sur-Loire (Nièvre). Des enquêtes ont été ouvertes.

Contacté par notre titre, François Bugaut, qui dirige le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) de Valduc, a confirmé qu’une station météo commune au CEA et à l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) a bien été la cible d’un départ de feu lundi. Les dégâts sont minimes et la station est ce mardi parfaitement opérationnelle. Une plainte a été déposée et l’enquête a été confiée à la gendarmerie.


Valduc : qui en veut à la surveillance de l’air ?

Le Bien Public, 13/05/2015 à 12:00

Des inconnus se sont attaqués, au cours du week-end, à trois stations de prélèvements d’air près de sites nucléaires, dont celui du CEA de Valduc, à Salives. L’action n’a pas été revendiquée.

Un même week-end, et des cibles similaires, toutes liées à des installations nucléaires : à Salives, près du centre du commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Valduc, à Brenillis, en Bretagne, à proximité d’une centrale nucléaire désaffectée, et à Neuvy-sur-Loire, dans la Nièvre, tout près de la centrale nucléaire de Belleville (Cher), des stations de prélèvement d’air ont été incendiées par des inconnus.

Selon François Bugaut, directeur du CEA de Valduc, la station de Salives a « bien été la cible d’une tentative d’incendie volontaire, mais les dégâts sont minimes. L’installation est restée opérationnelle. »

Aucune revendication n’avait été diffusée hier soir, mais il ne fait aucun doute que les trois actions étaient parfaitement coordonnées. Par qui et dans quel but ?

Les stations de prélèvement d’air de l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) recueillent de l’air qu’elles font passer à travers un filtre. Ce filtre est relevé quotidiennement, et expédié à un laboratoire spécialisé de l’IRSN qui l’analyse pour mesurer la présence éventuelle de radioactivité. On comprend mal quel dessein peuvent avoir ceux qui ont cherché à les détruire…

À la gendarmerie, on se refuse à évoquer les investigations en cours. Les hommes de la section de recherches de Dijon ont été chargés de l’enquête, avec leurs collègues des brigades des recherches d’Is-sur-Tille et de Cosne-Cours-sur-Loire. Et l’on sait que les techniciens spécialisés dans l’identification criminelle de la plateforme judiciaire de Dijon ont passé de longues heures près de la station de prélèvement de Salives, où des systèmes de mise à feu auraient été retrouvés.

Les gendarmes expliquent simplement qu’ils prennent l’affaire « très au sérieux », et que « la surveillance est renforcée aux abords des sites sensibles, de la part des unités spécialisées comme de la part des unités départementales. »

Une tâche qui n’est pas facile : si le centre en lui-même n’occupe que 180 hectares, le terrain du CEA s’étend sur près de 600 hectares, dont 400 de bois et forêts. Un peloton de gendarmes mobiles spécialement entraînés et équipés a en charge la protection des alentours du centre proprement dit, lui-même surveillé directement (accès et intérieurs) par des hommes armés appartenant à une unité spéciale du CEA, la FLS (force locale de sécurité).

Enfin, si le signal lancé par les inconnus peut inquiéter et nécessite préparation et coordination, il faut savoir raison garder : la station qui a été la cible d’une tentative d’incendie est située à plusieurs kilomètres du centre proprement dit, et même sa destruction totale n’aurait eu aucun impact sur la sécurité des installations nucléaires en elles-mêmes, puisqu’elle ne sert qu’à effectuer des prélèvements.


La vache et l’irradié

Indy Nantes, 11 mai 2015

Les détecteurs de radioactivité suivants ont été soufflés par un vent mauvais incendiaire : Brennilis et Belleville-sur-Loire.

« Au lendemain de l’accident, la seule chose à laquelle j’ai pensé a été de sauver des animaux. Maintenant, je ne peux plus arrêter. »
Naoto Matsumara (Metronews, 10 mars 2014)
Naoto Matsumara, Le Dernier Homme de Fukushima, est le promoteur et le héros utile de la survie en milieu contaminé. Il y a quelques décennies, c’était la vache qui sauvait le prisonnier.

Il y a deux raisons pour lesquelles ces détecteurs méritaient ce sort. La première est bien connue de tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’industrie nucléaire, la seconde l’est bien moins.

La première raison est qu’ils ne tiennent pas la promesse de la transparence, mais la seconde est plus décisive : elle relève de ce que nous promet la transparence. Ce sont ces deux formes de mensonge que ces destructions livrent à la publicité.

Les nucléocrates comme les antinucléaires savent bien que « l’unité de mesure supportable » par l’homme varie selon les besoins du moment de l’industrie nucléaire. Les premiers parce qu’ils organisent le va-et-vient des doses administrées, leurs contestataires parce qu’ils dénoncent ce mensonge quantitatif.

Les habitants des environs de Fukushima – y compris les plus fragiles – sont légalement exposés aux doses naguère prévues pour les seuls travailleurs des centrales, les circonstances posent la norme. Les appareils de mesure installés par les autorités japonaises l’ont été de telle sorte qu’ils reflètent une quantité d’irradiation minorée, cela oriente les dissensions entre écolocrates et nucléocrates vers un devoir commun de transparence.

Le régime d’habituation est à l’œuvre depuis le début de l’histoire de la radioactivité industrielle et médicale. Les études effectuées depuis Hiroshima et Nagasaki partent du principe que l’homme s’adapte à la dose, c’est la définition même du sievert. L’OMS écrivait dès 1957 : « Cependant, du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l’avenir des utilisations pacifiques de l’énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s’accommoder de l’ignorance et de l’incertitude et qui, pour citer Joseph Addison le poète anglais du XVIIIe siècle, saurait "chevaucher l’ouragan et diriger la tempête". » On sait lesquels font les fous.

Après l’effondrement des réacteurs de Fukushima, l’opacité idéologique était telle qu’elle avait laissé apparaître l’absence d’informations. Spontanément, quelques citoyens comblèrent cette lacune en organisant des campagnes de distribution de détecteurs de radioactivité individuels. Quelques mois plus tard, leur combat pour l’accès de tous à l’information s’institutionnalisa sous la forme du CRMS (Citizen’s radioactivity measuring station) avec l’adoubement de la CRIIRAD. Ce sont les mêmes intentions qui guidèrent les pionniers de la contre-mesure en France. Aujourd’hui, de la Biélorussie au Japon, les effets pervers de cette volonté de transparence qui complète celle des nucléaristes finissent de se révéler, le problème ne serait plus l’atome, mais la dose.

Venons-en à l’aspect qualitatif du mensonge. Nous sommes habitués et il s’agit de nous résigner plus encore. La France est constellée d’appareils de mesure de radioactivité non pas pour nous protéger – un thermomètre ne fait pas baisser la fièvre ni ne refroidit un corium – mais pour nous rendre ordinaire la présence même du nucléaire. Leur dispositif consacre une attente collective. Ils condensent la certitude d’une catastrophe à venir en maquillant celle qui est déjà là, en régime chronique, sinon aigu. L’IRSN, l’ACCRO et la CRIIRAD, chacun à sa sauce, préparent les citoyens à devenir acteurs de la catastrophe le moment venu. L’écologiste chevauchera l’ouragan pendant que l’État dirigera la tempête. L’autre solution est évidemment que l’industrie nucléaire cesse. C’est la seule façon de rendre réellement les détecteurs de radioactivité à leur inutilité.

Plus généralement, qu’il s’agisse de la gestion de l’argent en période de crise économique perpétuelle assumée ou d’autres formes de nuisances morbides comme les pesticides, les OGM, etc., les normes juridico-techniques, volontiers participatives, régulent l’attente de la catastrophe. Les chiffres et les codes désignant les seuils de la qualité de la vie traduisent la réalité de sa dégradation. Nous sommes sommés de nous contenter de ne pas être déjà demain quels que soient nos malheurs d’aujourd’hui.

On n’arrête pas plus l’émission de radioactivité d’une centrale nucléaire en pétant un compteur Geiger qu’on n’arrête le passage du temps en cassant sa montre ou une horloge. Mais contrairement au temps, la radioactivité est lourde de certitudes.

Fernandel, 10 mai 2015