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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Madrid : lettre de Pol, compagnon incarcéré dans l’Opération Piñata
Article mis en ligne le 14 mai 2015
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Etat espagnol : Lettre de Pol, anarchiste prisonnier de l’Opération Piñata

Salut compagnons, compagnonnes et personnes afines.

J’aimerais transmettre quelques mots à l’extérieur comme anarchiste reconnaissant la validité des multiples positions et visions que l’anarchisme peut adopter, dès lors qu’elles recherchent la destruction du pouvoir, de l’autorité et de l’État. Je crois qu’en cela réside la beauté de nos idées et à mon avis tous ces chemins peuvent coexister et confluer ensemble en vue de la libération totale à laquelle nous aspirons tant.

Je veux exprimer toute ma haine, mon rejet et mon mépris envers tout ce qu’englobe l’État, le pouvoir, l’autorité et particulièrement contre l’instrument d’anéantissement que l’on appelle prison et qui utilise l’isolement comme l’un de ses principaux outils.
J’ai toujours défendu l’idée que les anarchistes doivent se préparer et assumer qu’à n’importe quel moment peut arriver le jour d’aller en prison et selon moi, il est logique que le fait de vouloir détruire l’État ait pour conséquence que celui-ci tente de faire en sorte que tu finisses enfermé pour te mettre hors-jeu, te paralyser et te détruire. Mais malgré tout cela, ils n’y parviendront pas. Si pour quelques raisons de la vie cela ne t’arrivait jamais, tant mieux pour tout le monde.

J’aimerais dire que je vais bien physiquement et mentalement. Je continue à penser comme avant d’entrer en prison et je suis, si possible, encore plus sûr de mes idées, la tête bien haute et fier de ce que nous sommes. Je suis tel que je me comporte et me rapporte avec la théorie et la pratique, en poursuivant l’autocritique pour pouvoir continuer à grandir. En effet, nous n’en finissons jamais d’apprendre et conformément à ce que ce que je viens d’exprimer, je ne me sens ni mieux ni pire que personne.

Je souhaite transmettre force et courage aux compagnons, compagnonnes et afines et vous dire avec toute la force et la rage que j’ai en moi que la lutte est le seul chemin. Avec ces coups, la répression vise à ce que le milieu anarchiste et afíne ait peur et se paralyse et à ce que tout se réduise à un travail assistantialiste avec les personnes sous le coup de la répression. Ne permettez pas que cela se produise, restez fermes avec vos projets et n’hésitez pas à continuer à dire ce que vous êtes et que vous pensez.

Jusqu’à atteindre la véritable libération totale ! Que la solidarité ne soit pas que des mots !

MORT A L’ETAT ET VIVE L’ANARCHIE !

Du Centre Pénitentiaire Soto del Real, printemps 2015

[Traduit de l’espagnol de Indy Barcelone, 12 mai 2015]