Non aux extraditions contre les révolutionnaires Italiens


Depuis 20 ans, l'Etat français a eu une attitude ambiguë quant à la présence sur son territoire des réfugiés politiques italiens. Pratiquant la carotte et le bâton, elle a laissé malgré tout s'installer des gens, pour certains officiellement, pour d'autres dans une situation de non-droit, qui étaient venus chercher une terre d'exil, poussés par la violence d'une répression fondée sur la torture, le repentir, la délation, impliquant des situations judiciaires inextricables et des peines disproportionnées. Répression qui s'est appuyée sur tout un arsenal de lois d'exception.

La carotte, c'est la carte de séjour mensuelle ou trimestrielle pendant des années et des années jusqu'à aujourd'hui compris. Le bâton, c'est l'expulsion vers un pays tiers d'où pourra se faire discrètement l'extradition vers l'Italie. Aujour-d'hui, alors que beaucoup de peines de prison concernant ces réfugiés allaient tomber en prescription, la justice italienne s'acharne, relançant des demandes d'extradition déjà posées il y a près de vingt ans et jamais mises à exécution par les gouvernements français, de droite ou de gauche.

S'agit-il d'une manoeuvre afin de régler la question des réfugiés politiques liée à l'adhésion de l'Italie, fin mars 98, aux accords de Schengen ? Ceux-ci prévoient l'application de la peine dans n'importe quel pays européen, mais peut-il y avoir une rétroactivité des accords ? S'agit-il d'enlever toute possibilité de refuge dans l'espace européen, même si celle-ci n'a jamais été clairement reconnue, plutôt tolérée suivant les cas individuels ?

Aujourd'hui, la menace pèse sur :
- Massimo Passamani, militant libertaire, en France depuis 8 mois, réclamé dans le cadre d'une affaire basée sur les dé-clarations d'une repentie et qui a tout d'un montage douteux.
- Franco Pinna, réclamé pour la deuxième fois à 17 ans d'intervalle pour des affaires liées au mouvement révolutionnaire italien dans les années 70. La première demande n'ayant pas été mise à exécution en 1980, cela fait 20 ans que Franco vit et travaille en France.
- Alfredo Davanzo vivait en France depuis une dizaine d'années où il s'était réfugié après avoir fait plusieurs années de détention préventive en Italie. Il est réclamé pour appartenance à bande armée sans autre fait concret, délit qui relève d'une législaiton d'exception.

Pas de complicité de la justice française dans le règlement de l'histoire italienne, qui a fait des milliers de prisonniers politiques. La justice grecque a dit non à l'extradition d'Enrico Bianco, co-inculpé de Franco Pina en janvier 1998.

Nous exigeons la libération immédiate des trois militants emprisonnés.

Comité contre l'extradition des militants révolutionaires

Chez" La Maison Ouverte", 17 rue Hoche 93 100 MONTREUIL
(site internet : www. altern.org/liberare/solidari.htm)

Dernière minute : Deux autres militants italiens, Sergio Tornaghi et Angela Maria Lo Vecchio ont été arrêtés ces derniers jours. Sergio a été arrêté vendredi 30 janvier 1998 près de Bordeaux. En France depuis le début des années 80, la Chambre d'accusation avait émis un avis défavorable à son extradition en 1985.

Prochain rendez-vous : Le 24 février, soirée bouffe et débat au Bar associatif Le Vendémiaire, Montreuil, M° Croix de Chavaux.

Franco Pinna
Bât D3
273239 ZM 318
7, avenue des Peupliers
91705 Fleury Merogis

Alfredo Davanzo
267952C Bloc D 1311
Maison d'arrêt de la Santé
42, rue de la Santé
75674 Paris Cedex 14

Massimo Passamani a été remis en liberté provisoire le mercredi 11 février en attente de son pourvoi en cassation. Sergio Tornaghi a pour sa part été libéré le mardi 10 février. La Chambre d'accusation bordelaise examinera le 10 mars la demande d'extradition de la justice italienne sur le fond. (NDRL)

[Extrait de "Cette Semaine" #72, fév/mars 1998, p.24]