Grèce : la lutte continue

La Grèce est coutumière des émeutes et des affrontements avec les valets du Capital. Le 19 novembre 99 à Athènes, jour de la venue de Clinton, en marge de la manifestation orchestrée par les gauchistes et le PC, la rue a appartenu pendant plusieurs aux anarchistes. Des magasins, des voitures de riches, le Ministère du Travail, les bureaux du SYN (parti politique de centre-gauche), l’IKA (l’institut de sécurité sociale), l’OAED (équivalent de l’ANPE) furent attaqués. Il y eu 40 arrestations, dont 3 jeunes non-membres des organisations gauchistes.

Le 14 janvier 2000, à la suite d'une manifestation étudiante qui eut lieu à Athènes, des échauffourées se déroulèrent aux alentours de l'école polytechnique, lieu de rassemblement symbolique des jeunes libertaires à Athènes.

A l'issue d'un affrontement avec la police anti-émeute, celle-ci procède à l'arrestation de 11 personnes qui sont aussitôt traînées devant la cour de flagrant délits. Peines de prison avec sursis, libération sous caution pour neuf d'entre elles. Mais Kostas Karpouzos, travailleur, et Panagiotis Katsilas, chômeur, tous deux militants anarchistes connus, ont droit à un traitement "de faveur" : ils sont emprisonnés et ce, jusqu'à leur procès, ce qui veut dire pour une période de 18 mois. Ceux-ci contestent les accusations portées contre eux, revendiquent le statut de prisonniers politiques (cette notion n’a pas de sens pour nous, NDLR) et réclament leur libération. Ils commencent une grève la faim le 18 janvier.

Le tribunal décide vers le 50ème jour de grève la possibilité de leur libération conditionnelle contre une caution équivalente à 44 000 FF chacun, somme pas évidente à réunir en un temps court puisqu'il y avait urgence: l'état de santé des deux grévistes se dégradait à la vitesse grand V (hospitalisés, l'un d'eux commençait à avoir des problèmes de vue). Des actions comme l'occupation d'une université à Thessalonique et une manif durement réprimée à Athènes semblaient sans effet. Enfin, après 53 jours de grève de la faim, Kostas Karpouzos et Panayiotis Katsilas ont été relâchés.

On peut leur envoyer de l'argent sur le compte : Agrotiki Bank (en Grece) 3890100212937 (au nom de Christos Comborozos).

[Texte paru dans Cette semaine n°80, mai/juin 2000, p. 30]