Rennes : Expulsion d'un lieu autogéré

"Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend" (banderole du 5 rue de Juillet)

Mercredi 1er mars 2000 à 6 heures du matin (heure légale), 120 courageux défenseurs de l'ordre bourgeois sont venus réveiller les 6 personnes qui dormaient dans le lieu autogéré du 5 rue de Juillet à Rennes, l'ancien presbytère Saint-Etienne occupé depuis le 9 février dernier. Passés par le premier étage pour éviter notre défense de fortune du rez-de-chaussée, ils n'auront eu aucun mal à évacuer les camarades ensommeillés.

Le diocèse, propriétaire des lieux aura donc attendu 3 semaines pour récupérer "son" bien. Trois semaines qui auront été mises à profit pour faire vivre ce lieu : un concert de soutien aux Sans-Papiers, 3 vidéos-débats, et surtout un début de vie collective pour la trentaine de personnes qui tournaient dans ce lieu autogéré.

La question du logement des 6 sans-logis ou mal-logés se pose toujours. La procédure d'ordonnance sur requête, non-contradictoire et résultant de l'absence de noms des habitants, aura permis notre expulsion rapidement. A nous d'assumer publiquement et judiciairement que nous opposons le droit de propriété au droit de vivre, et que ce dernier lui est largement supérieur.

A noter que le jour même de l'expulsion, une quarantaine de personnes a occupé le diocèse de 16 h 30 à minuit et demie. L'archevêque se refusant à tout relogement collectif comme il était demandé, les occupants sont partis d'eux-mêmes.

(Info tirée de squat.net/fr, un site berlinois consacré aux squats en Europe)

[Texte paru dans Cette Semaine n°80, mai/juin 2000, p. 11]