La prison de "Nuove" (Turin) en émeute :
Lutte criminelle contre le capital


Les camarades que le capital a incarcérés aux " Nuove " sont une fois de plus en train de démontrer à travers leur révolte qu'ils refusent le système dégueulasse qui les a cloîtrés en prison. L'idéologie de la peine et de l'expiation, c'est à dire l'acceptation de la faute, se voit réfutée par les collectifs de lutte qui revendiquent la liberté absolue pour eux-mêmes et pour la société en opposition à l'esclavage absolu imposé par le travail et la survie aliénée.La campagne orchestrée par la presse et les organes d'information, tous opposés à la vague " criminelle ", tend à instrumentaliser l'intolérance prolétaire à coup de répression : le crime généralisé (expression consciente et radicale du refus de l'ordre constitué) se voit présenté à l'opinion publique comme le nouvel épouvantail dans le but d'obtenir un accroissement des mesures répressives - on avait déjà envisagé de faire jouer le même rôle à la contestation.

Les détenus en révolte ne prétendent à rien moins qu'à l'abolition de la prison et exigent la liberté pour la simple raison que les faits qu'ils ont commis ne constituent pas de délit.

Le vol, le braquage, les dommages contre les biens sont des bonnes choses car ils constituent l'instrument que le prolétariat dans son ensemble adopte pour exproprier les expropriateurs.

Ce n'est pas un hasard si, au moment même où se déroule la révolte aux " Nuove ", se produit la reprise de la lutte contre le travail à la FIAT Mirafiori (Turin), prison quotidienne de 60 000 prolétaires ; en fait les uns comme les autres refusent l'esclavage qui leur est imposé. par le travail, par l'obligation à consommer, par la non-vie organisée comme unique forme de survie. Eh bien ! Basta ! Nous tous, prolétaires, nous ne devons pas rester inertes face à cet état de choses, mais réagir violemment en pillant et en s'appropriant tout ce qui nous sert ou qui nous a été refusé jusqu'à présent. Détruisons tout concept de bien et de mal en laissant aux bourgeois le pseudo-moralisme - devenons tous criminels, il n'existe pas d'autre moyen d'être réellement solidaires des camarades emprisonnés - non seulement en intensifiant notre lutte antisociale, non seulement en l'étendant à tous les camarades (il est absurde que les étudiants achètent les livres alors qu'il est possible de les voler, que les ménagères achètent les marchandises alors qu'il est possible de piller les supermarchés) mais aussi en la rendant réellement révolutionnaire, et mieux, collective, dans un but de renversement de toutes les prisons quelles qu'elles soient, qu'on les nomme écoles, familles, usines, système ou autres saloperies.Les détenus ne veulent pas autogérer la prison, de la même manière les prolétaires n'entendent pas diriger cette société de merde mais la détruire ; nous voulons tous vivre notre liberté absolue qu'il n'est possible d'obtenir qu'à travers la révolution violente et armée et l'instauration de conseils prolétaires comme organes de décision de tous.

Organizzazione consiliare

Ce texte est tiré d'un un tract distribué par l'O. C. à l'occasion de la révolte de la prison turinoise "lie Nuove" en janvier 1971.


[Extrait de "Cette Semaine" #81, oct/nov 2000, p.25 — tiré lui-même de Tout le monde dehors! du 1/9/2000]