14 octobre 2000 : Marche mondiale des femmes, on nous fait marcher !

Le texte ci-dessous, signé par des libertaires, a été collé le long du parcours lors du passage de la marche mondiale des femmes le 14 octobre à Montréal. Détail piquant, cette marche regroupait autant des militantes "anarcha-feministes" ayant donné leur "appui critique" que des pro-vie. On remarquera également que les organisatrices et leur service d'ordre ont, dans une démarche "musclée", empêché la diffusion de toute opinion (tracts, publications, etc.) qui n'émanait pas de l'état-major. De nombreux graffitis ont cependant été peints à cette occasion, ce qui, pour les médias, est venu entacher un événement qu'ils ont, par ailleurs, qualifié de franc succès...

L'époque est à la marche citoyenne et à la démarche responsable, toutes les justes causes y trouvent leurs comptes et semblent prises en compte par les responsables de ce monde. De la mondialisation à la pauvreté en passant par le revenu citoyen et l'élimination de la dette, nous assistons à une offensive tout azimut d'organismes et de personnalités appelant à une mobilisation générale pour humaniser le capitalisme et démocratiser la démocratie. Mais il y a longtemps que le capital domine tous les aspects de nos vies en plus d'exploiter toutes les parcelles de notre temps.

SOUS LE CAPITALISME : LES FEMMES, LES HOMMES, DES MARCHANDISES !

Il n'y a rien à espérer de quelques reformes que ce soit, encore moins lorsqu'elles sont portées par des idéologies parcellaires qui catégorisent et quantifient la misère humaine. Féminisme, écologie, antifascisme, pacifisme, anti-mondialisation, etc., la liste est longue de toutes les variantes réformistes qui ne proposent qu'un aménagement du capitalisme.

NOUS, ON MARCHE PAS...!

Ces vaillantes infirmières de la cause sociale, nos vieilles M-L devenues des interlocutrices valables, veulent garder le patient en vie coûte que coûte mais elles ne pourront faire écran bien longtemps. Car si ces marches citoyennes rassemblent un nombre grandissant de personnes aujourd'hui, c'est qu'elles participent de l'effort de sauvetage de cette société qui se lézarde de partout. Le capitalisme est malade, qu'il crève ! Il faut dépasser les séparations que cette société et sa fausse opposition démocrate mettent de l'avant. Dans cette lutte de classes toujours actuelle, il n'y a pas d'aménagement possible. Seule une révolution sociale mondiale peut mettre fin à la misère généralisée.

CONTRE LE CAPITALISME : DES FEMMES, DES HOMMES, DES PROLETAIRES !

Des Libertaires

[Tract reproduit dans Cette Semaine n°82, jan/fév 2001, p. 31]