Zonnegem : arrache de colza génétiquement modifié

Qui veut canaliser un fleuve s'expose à des débordements. Qui veut contrôler le vivant : idem. Les pharmacologues ne souhaitent pas guérir mais vendre un maximum de médicaments au prix le plus élevé possible. Les généticiens ne désirent ni soigner des maladies rares ni nourrir le tiers-monde, mais créer de nouveaux marchés qu'il prévoient juteux. Les pharmaco-généticiens tels qu'Aventis ou Monsanto ne poursuivent qu'un objectif : le profit, et leurs justifications sanitaires ou humanistes ne duperont personne. Ultime création d'un système industriel qui vise à consigner et à recycler le vivant en marchandise gérable comme tel, le génie génétique a ceci de particulier que les dégâts qu'il engendre sont exponentiels et irrattrapables. Les lobbies intéressés pesant davantage que les instances de décision démocratiques, [sic] c'est à nous qu'incombe la tâche d'appliquer le principe de précaution tant loué. C'est pourquoi, dans la nuit du 26 au 27 mai 2001, nous avons détruit intégralement un champ exploité par la société Aventis. Le champ est situé dans les environs de Gand, dans le village de Zonnegem, à la limite de Burst, au bout d'un chemin débouchant à hauteur des numéros 88-92 de la Gentsestraat. Ce champ expérimental de Colza d'hiver génétiquement modifié comprenait deux parcelles d'environ 5x15m ainsi que deux mini-parcelles confinées dans deux tentes d'environ 4m2 chacune.

Des individus qui ont des principes

Belgique, 26 mai 2001 : "Aventis Crops Silenced"

Durant ce week-end, un champ de plusieurs hectares de colza d'hiver génétiquement manipulé (1) situé dans la localité de Velzeke-Rudershove et ensemencé par la multinationale Aventis a été mis hors d'état de nuire (2).
Cette action a pour objectif d'enrayer directement le processus de propagation des OGM dans nos assiettes et dans notre environnement. En effet, au-delà des déclarations rassurantes des gouvernements et des multinationales de l'agrobusiness, il est possible de se faire une idée de plus en plus précise des répercussions des OGM. Les dégâts sanitaires sont aujourd'hui connus : allergies, augmentation des résistances aux antibiotiques. Les dommages causés à l'environnement par les disséminations en plein champs sont irréversibles. Citons la perte de biodiversité, l'augmentation des quantités de pesticides employées, le développement de résistances chez les insectes et plantes "nuisibles", le transfert (horizontal comme vertical) de gènes à d'autres espèces,... Enfin, un mécanisme pervers d'inféodation s'instaure entre les multinationales productrices d'OGM et les agriculteurs. Ceux-ci sont obligés de racheter chaque année les semences et les herbicides à la même compagnie qui s'assure ainsi leur assujettissement total.
Face à de telles menaces, il est nécessaire de faire prévaloir dans nos champs le principe de précaution envers une logique qui n'a d'autre souci que le profit.

(1) Les surfaces de colza transgénique visées sont du type "LibertyLink" et "SeedLink", càd un colza transformé à la fois pour absorber de grandes quantités de glufosinate (herbicide Liberty) et porteur d'un transgène de stérilité mâle destiné à faciliter la production industrielle d'hybrides.
(2) Adresse exacte : Pienkenstraat, 9620 Velzeke-Rudershove (Zottegem), Flandre Orientale, Belgique.


[Extrait de Cette Semaine #83, sept/oct 2001, p.34]