Sommet de Göteborg (14-16 juin), un point sur la répression


Le journal suédois Arbetaren affirme que 50 personnes sont encore en prison (pour la plupart des suédois, environ 15 Danois et quelques personnes d'Allemagne, de Grande-Bretagne et d'Italie). Jusqu'à présent, 29 d'entre eux ont ou ont déjà eu leur procès et 19 sont en attente de procès.


Seize personnes ont été condamnées à des peines de prison :
- un suédois de 24 ans accusé de sabotage. Il aurait cassé une radio de police pendant les émeutes. Il maintient son innocence. Apparemment, il y aurait eu plusieurs personnes qui auraient brouillé le système de communication de la police pendant les émeutes. Il est le seul à avoir été pris. Sentence : 1an et 2 mois.- 2 jeunes suédois de 19 ans accusés de "participation une émeute violente". Sentences : 8 mois chacun- un suédois de 30 ans accusé de "participation une émeute violente". Sentence : 10 mois- 7 Danois accusés collectivement de "participation une émeute violente". Ils auraient été suivis par un flic en civil, qui a déclaré les avoir vu jeter des pierres sur la police. Ce flic en civil les aurait suivis dans un café où ils ont enlevé leur cagoule. Sentence : variant de 1 mois pour le plus jeune à 8 mois pour le plus âgé- Un Allemand de 19 ans accusé de "participation à une émeute violente". Il a reçu deux balles dans la jambe durant les affrontements avec la police, suite à l'attaque des néonazis sur la fête de Reclaim The Streets. Il sera poursuivi pour d'autres accusations plus tard. La poursuite a montré des vidéos sur lesquelles on peut le voir jeter des pierres sur la police et il a reconnu les faits. Sentence : 6 mois- Un suédois de 20 ans accusé d'avoir mené et organisé les émeutes. Un groupe de 5 à 10 agents de la police secrète suédoise le suivaient depuis un mois, parce qu'il avait été arrêté au cours des manifestations de Prague. Pendant le procès, les témoins de la police ont refusé de dire pourquoi il était suivi. Ils ont simplement déclaré suivre les ordres. L'accusé est un militant du groupe Tout en Blanc suédois, Globalisering Underifrån. Ses parents ont écrit une lettre au quotidien suédois Expressen (le 26 juillet), dans laquelle ils écrivent que leur fils milite dans plusieurs groupes non-violents et qu'il semble que les décisions du procès aient été prises avant qu'il ne commence. Sentence : 2 ans et demi (3 ans s'il avait été plus âgé)- Un suédois de 38 ans accusé d'avoir mené et incité des émeutes violentes. Sentence : 9 mois- Un allemand de 24 ans accusé de "participation une émeute violente". Il sera interdit de territoire en Suède après avoir purgé sa peine. Il est possible que tous les étrangers expulsés seront bannis des accords de Schengen pendant 5 ans, c'est à dire interdiction de voyager dans un autre pays du territoire de Schengen. Sentence : 1 ans et 3 mois- Un bibliothécaire anglais de 38 ans accusé de "participation à une émeute violente". Sentence : 1 an

Note sur l'accusation de "participation une émeute violente" : en fait, pour être accusé de ce crime, il suffit d'être dans une foule qui commet des actes dits violents contre des biens ou des personnes. Apparemment, la loi stipule aussi que pour être coupable, il suffit en outre d'avoir seulement l'intention d'être violent.

Libérés des accusations :
- Un suédois de 26 ans, et 5 Danois accusés grosso modo de méfaits et complot, pour lesquels la police n'a pas découvert de preuves.

Procès en cours :
- un militant suédois de 24 ans accusé d'incitation à l'émeute par la police de Hvitfeldska. Il était un des organisateurs d'une réunion décisionnelle, au cours de laquelle une action non-violente avec le Tout en Blanc a été décidée. Il risque une longue peine de prison- un suédois de 25 ans qui a reconnu avoir lancé des pierres sur la police, après que la police ait montré des photos et une vidéo du jeune homme en action.

Texte paru sur a-infos le 30 juillet 2001


[Texte paru dans Cette Semaine n°83, sept/oct 2001, p.19]