Liberté pour Pedro


Pedro José Veiga Luis Pedro, un jeune arnarcho-punk, est actuellement détenu à la prison de Linhó (Portugal). Il a en effet été condamné en février 1999 à 6 ans de prison pour le meurtre d’un homme, dans une situation d’auto-défense. En novembre 2000, il a été a reçu une peine additionnelle de 15 ans lorsque la police a trouvé un pistolet dans la maison où avait l’habitude de vivre.

Comme la prison est le reflet de la société, il n’est pas étonnant qu’on y trouve principalement des individus issus de la classe dominée : immigrés, jeunes des quartiers pauvres, insoumis aux règles de la société. Ce qui est certain, c’est que Pedro, après longtemps nié puis avoir refusé de donner le nom de la personne avec laquelle il était, n’a jamais reconnu la sentence. L’histoire de Pedro n’est ainsi qu’un exemple de la guerre de classe que mènent les riches et qui conduit souvent les pauvres à s’éliminer entre eux.

A Présent, Pedro se trouve dans leur cage et ce n’est bien sûr pas ce qu’il a fait qui lui vaut la répression des matons, mais bien sa défiance à l’égard de l’autorité et son refus de collaborer à la “bonne marche” de la prison. Qu’il lise de la littérature anarchiste et sa cellule seule se trouve privée de lumière ; qu’il écrive des lettres et son courrier met un temps fou à arriver ; qu’il refuse de balancer un détenu et il reçoit des menaces de mort d’un gardien...

Car dedans comme dehors, s’il est bien une chose qui ne passe pas, c’est le refus de se soumettre à la classe dominante et à l’Etat. C’est aussi le refus d’un contrôle qui passe par la dépendance aux drogues dealées directement par l’administration pénitentiaire ou avec son aval, comme l’héroïne (60 à 80 % des détenus sont toxico-dépendants à cette dernière dans de nombreuses geôles portugaises). Le refus de ces dépendances, qui valent bien celle du salariat, correspond trop pour les tenants de l’ordre à l’affirmation d’une liberté qui n’est pas compatible avec leur “réinsertion” et qui justifie à leurs yeux la présence de centres d’extermination comme celui de Linhó.

La prison n’est pas isolée de la société car la “démocratie” tend au contraire à se transformer en une vaste prison où le contrôle devient permanent et nulle réforme ne saurait satisfaire la rage des insoumis. C’est, bien au contraire, la destruction de toutes les prisons (hôpitaux psychiatriques, centres de rétention pour immigrants “illégaux”,...) qui seule saurait nous satisfaire avec celle de la société capitaliste et autoritaire qui la produit.

Pedro souhaite recevoir un soutien extérieur comme des lettres (en anglais, espagnol, portugais) ou des livres.

Lorsqu’ils s’attaquent à la liberté d’un d’entre nous, c’est celle de toutes/tous qui est attaquée !

Coordonnées de Pedro :

Pedro José Veiga Luis Pedro
n° 610 ALA. A
E.P. Linhó
2710 SINTRA
Portugal
E-mail pour le soutien : freepedro89@hotmail.com

Feu à toutes les prisons


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Liberté pour Pedro (suite)


Un flyer a été publié en mai 2001 à propos de Pedro José Veiga Luis Pedro, un jeune anarcho-punk, qui est actuellement détenu à Linhó, une prison au Portugal.

Le flyer indiquait qu’il était en train d’effectuer une peine de 21 ans pour homicide, dans un cas de légitime défense. Depuis lors, certains faits sont apparus concernant l’histoire de Pedro. Alors que sa situation reste identique – il effectue 21 ans et 6 mois pour homicide –, les détails qui ont conduit à cette sentence ne sont pas ceux décrits dans le flyer.

En résumé, Pedro a eu une altercation avec le vieux propriétaire de la maison de sa mère. Ce conflit fut l’apogée d’une série de disputes entre le proprio et la mère de Pedro. Le combat s’est terminé par la mort du propriétaire.

Pedro a eu honte, notamment à cause de l’âge du vieux. Ca lui a paru un crime indéfendable, et il a eu peur de perdre tout contact avec ses amiEs s’il découvraient la vérité.

Soutenir un prisonnier de l’ “extérieur” requiert un minimum de confiance, spécialement au début, lorsque les personnes n’ont pas encore de contact avec lui. Ce qui importe dans ce cas n’est pas pourquoi Pedro est en prison – nous refusons d’agir comme des “juges” et d’utiliser les catégories de la morale (comme le bien et le mal), ou plus simplement de réduire quelqu’un à un acte qui est survenu un jour.

La réalité de la vie de Pedro avant le crime n’a pas changé et sa situation présente est toujours les quatre murs de la prison de Linhó. Ce qui était écrit dans le premier flyer reste valable : “ La prison n’est pas isolée de la société car la “démocratie” tend au contraire à se transformer en une vaste prison où le contrôle devient permanent et nulle réforme ne saurait satisfaire la rage des insoumis. C’est, bien au contraire, la destruction de toutes les prisons (hôpitaux psychiatriques, centres de rétention pour immigrants “illégaux”,...) qui seule saurait nous satisfaire avec celle de la société capitaliste et autoritaire qui la produit ”.

Avec le présent texte, nous souhaitons informer les personnes qui ont lu le flyer des nouvelles informations que nous avons à présent. Pour certains d’entre nous, sa dissimulation des faits à propos de sa situation ont entamé la confiance que nous avions en lui. Pour d’autres, l’histoire qu’il a racontée ne change rien à son insoumission face l’oppression de l’Etat. La campagne de harcèlement, censure et menaces des gardiens de prison contre Pedro continuent à croître à cause de ses convictions anarchistes.

Lorsqu’ils emprisonnent l’un d’entre nous, personne n’est libre !

Pedro souhaite toujours recevoir du soutien de l’extérieur, en particulier des lettres et des livres. Si vous souhaitez le soutenir, vous pouvez lui écrire directement et construire une relation personnelle :

Adresse de Pedro (écrire en anglais, espagnol ou portugais)

Pedro José Veiga Luis Pedro
N°610 ALA:A
E.P. Linhó
2710 SINTRA
Portugal

e-mail de soutien :
freepedro89@hotmail.com

Contact au Portugal toujours valable :
Centro de Cultura Libertaria
Apartado 40
2801 ALMADA
Portugal
(Vous pouvez envoyer de l’argent à Pedro par le CCL)


FEU A TOUTES LES PRISONS


(Texte reçu de freepedro89 le 21 juillet 2001 et traduit de l’anglais. Nous avons démandé des précisions sur les sentiments de Pedro – honte, etc. – cités dans le texte, et il s’agirait de son explication donnée à la personne qui a eu un parloir avec lui à ce moment-là.)


[Textes publiés dans Cette Semaine n°83, sept/oct 2001, p.6]