Aux camarades,
aux autorités de la répression

Le 18 avril, j'aurai purgé ma peine de douze ans de prison en Italie. Je serai alors extradé vers la Suisse où je dois répondre de faits pouvant conduire à une condamnation à perpétuité.

Je ne reconnais aucune légitimité aux appareils gouvernementaux et répressifs. Par conséquent, j'exclus toutes déclarations devant les autorités et leurs représentants, sauf éventuellement des déclaration spontanées en public, devant la cour.

J'intime les autorités répressives de ne point renouveler l'extorsion de fausses déclarations à mes proches, particulièrement à ma mère, très âgée, et à mon frère, les deux ne pouvant être interrogés pour raisons de santé, et ne pouvant subir des pressions et des contraintes comme cela s'est déjà produit dans le passé à la suite de la mort d'un garde frontière, dont je suis accusé, à Brusio, en 1989.

Pour des raisons personnelles, vu mon âge, ma santé précaire et des responsabilités et des exigences sociales, reprendre un activisme clandestin/armé dans la lutte antiautoritaire n'est désormais pour moi plus possible ni responsable, et cela depuis déjà longtemps. Mais je continue à revendiquer la nécessité d'une lutte radicale antiautoritaire contre la domination et l'exploitation toujours plus agressive et destructrice (maintenant du capital technologique avec sa guerre totale contre les individus, les sociétés, les cultures et l'environnement de la communauté terrestre) pour un MONDE DIFFÉRENT NÉCESSAIRE et nécessairement solidaire, antiautoritaire et égalitaire dans les rapports entre les individus et les communautés de toutes les choses et de la vie, non humaine comme humaine, qui forment la communauté terrestre.

Marco Camenisch,
prison de Biella (Italie),
fin février 2002


Publié dans "Cette Semaine" #85, août/septembre 2002, p.33