Petit chronologie du week-end, bilan du FRAP

Dans notre dernier numéro, nous avions passé plusieurs textes sur la situation des squats à Guingamp. On trouvera donc ci-dessous un compte-rendu du FRAP (festival de résistances à l’agression policière) qui s’est tenu du 22 au 25 février derniers, extrait du bulletin #37 de l’ABC, mars 2002, p.12.

Début de semaine du 11/02, occupation d'un pavillon de consultation d'une ancienne clinique privée destinée à devenir le futur commissariat, dans le centre de Guingamp.

Mercredi 20/02, soit 2-3 jours après, passage au tribunal en comparution expéditive.

Jeudi 21/02, avis d'expulsion prononcé par le tribunal (5 jours...).

Nuit du jeudi 21/02, disparition enchanteresse des squatteureuses dans les contrées bretonnes.

Vendredi 22/02, une petite centaine de C.R.S. venue de bien loin intervient à 6h00 pour procéder à l'expulsion de la clinique... Plus personne...

Fin d'après-midi du vendredi 22/02, l'ancien hangar de matériel agricole ARMO, à 2 minutes de Bégard est occupé par une quarantaine de personne. Il y avait l'eau et l'électricité et les premierEs occupantEs peuvent s'installer pour une période ne dépassant pas le week-end. Le soir, discussion sur le déroulement du week-end.

Samedi 23/02, 15h 00, une grosse centaine de manifestantEs se réunissent place du centre à Guingamp... Départ vers le commissariat par la rue piétonne (bombage, bris de distributeurs...)...commissariat surprotégé, C.R.S., grilles anti émeute, camions...Du coup E.D.F. à coté s'en prend plein les fenêtres. Puis parcourt classique : sous- préfecture, re-centre, Mac Do protégé, gendarmerie sauvegardée, passage devant l'ancien squatt, C.R.S. au train, on ne le reprend pas...VIGILE VIRIL, GARE A TOI !
Entre temps, le jus a été coupé à Armo.
Retour à Armo, la soirée débute dans le noir jusque tard. Tandis que les filles cuisinent la récup, les gars galèrent pour le rebranchement, les chiens hurlent et les punks se saoulent (ben oui ça arrive encore !). Les voisins, désespérés d'avoir perdu jus et télé du même coup se ramènent, sympathisent et donnent un coup de main.Discut sur la prison, concert Dub solitaire (les groupes locaux ont déclaré forfait pour de pauvres raisons) et bataille d'épluchures "virile" selon certainEs mais salutaire.

Dans la nuit, une agence d'huissier de Bégard brûle... Tout est ravagé, reste que les pignons... Anecdote : c'est l'huissier qui s'est occupé de l'expulsion des 3 squatts trégorois !?! Hasard, coïncidence ou catastrophe naturelle?

Dimanche 24/02, repassage de E.D.F. et de ses lieutenants mais ils sont renvoyés vite fait par les squatteureuses. Discut sur la veille et sur la criminalisation des squatts, théâtre et disco révolutionnaire. On pourrait regretter que les débats n'ont pas trop avancé mais bon, le réseau s'agrandit.

Lundi 25/02, 40 rescapéEs font face à un cordon de C.R.S. devant le tribunal... Nos amiEs prévenuEs ont bien du mal à accéder au bâtiment tant les condés sont méfiants et nerveux... altercations, coups de matraques pour un des inculpéEs...et tension qui monte en pression.

15h 00, peines requises: -5 mois fermes et trois avec sursis pour l'un des inculpéEs déjà condamné en Nov. suite à des tags anticapitalo. Et pour les autres, 3 mois ferme et 5 avec sursis [ils prendront plusieurs mois avec sursis lors du verdict le 25 mars]. Aussi, pour touTEs, interdiction de territoire de Guingamp. Le F.R.A.P. est terminé mais les keufs, pas rassasiés du week-end, tournent beaucoup à Guingamp.

Face à une répression toujours croissante, les copains/copines s'en prennent plein la gueule, tous/tes, ici, là, ailleurs, on remet çà, on continue, on s'organise.Vous aussi, où que vous soyez, manifestez notre solidarité, mettez vos cagoules.N'attendez pas d'être en prison pour vous bouger.


Publié par "Cette Semaine" #85, août/septembre 2002, p.13