Brèves de Grèce, janvier/avril 2002

Janvier

8, 291immigrés “sans-papiers” se révoltent dans le gymnase de Rafina (banlieue d’Athènes) où on les a parqué le 5 janvier après leur arrestation dans la zone maritime d’Evia (île de la mer Egée). Ils se révoltent en apprenant que la police du port prépare leur encerclement par la police dans le but de les renvoyer. Les forces spéciales entrent dans le gymnase et les frappent brutalement. Quatre d’entre eux sont transportés à l’hôpital.
9, les 291 personnes qui se sont révoltées la veille sont transférées pour être jugées sous l’accusation d’ “entrée illégale dans le pays”. Elles sont envoyées en prison avant d’être expulsées.
9-10, 84 “immigrés sans-papiers”, qui demeurent sur l’ancien aéroport de Chania (Crète), sont en grève de la faim. Ils demandent l’asile politique ou, à défaut, la carte rose (séjour temporaire). Les higher-ups ont été arrêtés avec 99 autres personnes le 6 décembre 2001, ils ont reçu la carte rose puis été transférés au centre de réception des réfugiés de Lavrio (banlieue d’Athènes).
12,— des anarchistes organisent une manifestation dans le centre d’Athènes. Elle part de la gare de Thissio et se dirige vers Propilea. Malgré la présence massive de flics, des centaines de personnes y participent.
— un groupe de personnes attaque une patrouille de flics à pieds avec des pierres et des cocktails molotovs à Exarchia (centre d’Athènes).ü 13, les bureaux locaux de la Banque de Grèce à Thessalonique sont attaqués. Une caméra de surveillance est ainsi détruite. Action anonyme.
16, 35 des 246 “sans-papiers” qui ont été arrêtés le 3 janvier en Crète débutent une grève de la faim pour obtenir l’asile politique. Deux d’entre eux (Nahit Indigmous et Ali Akgiou) se sont enfuis des “cellules blanches” en Turquie. Ils ont été emprisonnés dans ce pays trois années auparavant. Après leur grève de la faim suite au transfert dans les prisons de type “F”, ils avaient reçu une permission de sortie pour des raisons de santé.
17, les lycéens d’Exarchia, Akadimia Platonos et Fili, qui avaient été actifs dans les squats en 1999-2000 passent en jugement deux ans après. L’Etat n’oublie jamais ceux qui ont lutté ou le font encore contre ses institutions.
24, rassemblement contre l’expulsion de 54 réfugiés sur le port de Chania (Crète). De nombreuses personnes risquent leur vie si cette déportation réussit. Leur embarquement est finalement empêché, il y a eu des échauffourées entre les personnes réunies là et la police.
25— la voiture d’un attaché de l’ambassade de Jordanie est incendiée, revendication du groupe “Floges Antistasis” (les flammes contre l’Etat) à un journal.
— rassemblement de solidarité sur l’ancien aéroport de Chania où sont gardés 54 réfugiés. Ils devaient être expulsés la veille.
Environ 50 anarchistes, antiautoritaires et autres se rassemblent sur le port d’Iraklio (Crète) et tentent d’empêcher le transfert de 21 “immigrés sans-papiers” vers le Pirée (port d’Athènes). La police maritime et les keufs attaquent les personnes rassemblées, la plupart d’entre elles sont blessées. Les réfugiés sont transférés à Athènes d’où ils doivent être déportés.
30,— le bateau chargé des 21 immigrés arrive tôt dans la matinée au Pirée. Environ 40 anarchistes et antiautoritaires rassemblés là les accueillent. Alors qu’ils tentent de les atteindre, ils sont repoussés par la police anti-émeutes.
— Echauffourées au cours d’un concert à Oaka (stade d’Athènes) “pour les jeux olympiques de 2004 et le bénévolat [à leur organisation]”, lorsqu’un groupe de gauchistes (contre les jeux olympiques) tente de passer une banderole et des tracts sur le lieu du concert. La police anti-émeutes et des flics en civil les frappent et arrêtent 22 d’entre eux, qui seront relâchés plusieurs heures après.
— la cour d’appel réduit la peine d’Arban Perlala de 8 ans et demi à 2 ans, 6 mois et dix jours de prison ferme plus trois ans avec sursis. Il a donc finalement été relâché. Il avait été condamné pour jet de cocktail molotov sur un flic lors du mouvement étudiant. Le seule preuve était le témoignage d’un flic.
31,— le reste des immigrés est transféré de Crète à Athènes. Pendant ce temps, les personnes sur place ont manifesté vers les locaux d’ANEK LINES (l’entreprise propriétaire du bateau qui a transféré les immigrés) en chantant et écrivant des slogans contre l’expulsion des immigrés.
— un groupe de fascistes attaque le “local Ano-Kato” à Patissia (centre d’Athènes), ils tentent également d’y pénétrer. Ils sont finalement repoussés, mais une personne du lieu est blessée.

Février

3, film et discussion au “Thersitis” à Ilion (banlieue ouest d’Athènes) sur le sujet “les moyens de domestication employés par l’Etat”.
4,— rassemblement/intervention à Agia Barbara (centre d’Athènes) appelé par des anarchistes : “Contre les institutions de la domination, les Etats, les dirigeants économiques, l’exploitation et la guerre”. Prise de parole, distribution de tracts et panneaux avec des photos.
— deux véhicules d’une exposition de voitures de luxe sur Alexandra Av. (centre d’Athènes) sont incendiés. Sans revendication.
— le corps d’un “immigré sans-papiers” est trouvé dans la montagne Beles de Serres (nord de la Grèce). Sa mort est dûe à l’épuisement, la faim et la soif.
5, manifestation de solidarité avec les révoltés d’Argentine dans le centre d’Athènes à laquelle participent des anarchistes.
10, manifestation d’environ 2000 personnes à Komotimi (ville du nord de la Grèce) contre les mines d’or de la région. Participation des anarchistes de Komotimi et d’autres villes.
13,- discussion dans “le local anti-autoritaire du Centre” à Thessalonique sur le sujet suivant : “Applications pratiques de la loi anti-terroriste et moyens de s’y opposer”. Débat appelé par les “anarchistes contre les anti-terroristes”.— rassemblement à Chania pour la fermeture de la base américaine de Souda. A l’origine, deux américains qui officient sur cette base ont volé et cogné une femme du coin le 2 février.
14, 30 kurdes débutent une grève de la faim de 72 heures. Deux d’entre eux ont cousu leurs lèvres en demandant à rester dans le Centre pour réfugiés (de Pendeli, banlieue nord d’Athènes). Ils demandent également l’asile politique.
23,— attaque aux cocktails molotovs contre la librairie “Eleftheros Tipos” à Axarchia (centre d’Athènes), où la plupart des publications anarchistes sont distribuées et disponibles. Les propriétaires de la librairie ont fait la déclaration suivante : “Ces porcs fascistes, qu’importe de qui il s’agit, ont commis cet acte criminel sans aucune considération pour la vie des personnes qui se trouvaient là à ce moment. (...) Contre la terreur de l’Etat, contre l’Etat de la terreur. Vous ne pourrez pas brûler les idées, qui sont celles qui mettent le feu”.
— rassemblement de solidarité avec les immigrés “... contre les suceurs de sang [les exploiteurs des “clandestins”], et aux côté des opprimés” dans le centre d’Athènes. Prises de parole, distribution de tracts et banderoles. Plus de 150 personnes ont participé à ce rassemblement appelé par des “anarchistes et des anti-autoritaires des universités”.
28, manifestation en solidarité avec les révoltés de Palestine dans le centre d’Athènes

Mars

2, 28 “immigrés sans-papiers” sont arrêtés dans la zone maritime de Psara (île de la mer Egée), ainsi que les esclavagistes K. Fafoutis et V. Karatzias qui les transportaient.
13, 39 “immigrés sans-papiers” sont arrêtés au large de Kos (île grecque) ainsi que l’esclavagiste Regan Giounavdig qui les transportait.
15,— rassemblement de contre-information à Kallithea (banlieue d’Athènes) “... contre la répression, la débauche de terreur et la logique de tractations - rupture avec l’Etat et le Capital - Solidarité avec les émeutiers de Barcelone”. Tracts, mégaphone et affiches collées. Le rassemblement est appelé par “Antiexousiastiko Steki Pantiou” (le fantôme anti-autoritaire de l’université de Pantios).
— 121 “immigrés sans-papiers” sont arrêtés à Megara (ville du centre de la Grèce) lors d’un contrôle de police. Ils étaient entassés dans une bétaillère croulante, vivant dans des conditions misérables. Les promesses de l’esclavagiste d’un départ d’Athènes à Patras, avec l’objectif de s’enrichir bien sûr, se sont “arrêtées” à Megara.
20, trois “immigrés sans-papiers” sont tués en tentant de passer un champ miné à Evros (frontière Grèce-Turquie). Au cours des six dernières années, plus de 32 personnes ont perdu la vie et 16 ont été gravement blessées.
21, plus de 2000 personnes manifestent en solidarité avec “les immigrés” dans le centre d’Athènes. Appel de la gauche et des organisations d’immigrés. Nombre d’entre eux a participé, tout comme des anarchistes, qui ont lancé des slogans comme : “En Grèce, en Turquie et en Albanie, l’ennemi est dans les banques et les ministères”, “la solidarité est l’arme des gens, guerre à la guerre des dirigeants”, “la passion pour la liberté est plus forte que toutes les cellules”, ainsi que d’autres. Une manifestation sur le même thème a eu lieu à Thessalonique.
22, manifestation de solidarité avec les combattants palestiniens dans le centre d’Athènes. Participation de plus de 2500 personnes dont environ 150 anarchistes, qui ont lancé des slogans comme “L’Etat est l’unique terroriste”.
28, 11 “immigrés sans-papiers” sont arrêtés au large de Ko (île de l’est de la Grèce).

Avril

1,— manifestation de solidarité avec les révoltés de Palestine à Athènes (de Propilea au parlement). Particiption d’environ 3000 personnes dont environ 150 anarchistes, qui ont lancé des slogans comme “L’Etat est l’unique terroriste”.— rassemblement d’information sur les événements de Barcelone (15-16 mars) dans le squat “Lelas Karagiani” avec projection vidéo.
10, trois “immigrés sans-papiers” sont arrêtés à Chios (île grecque).
11, 84 “immigrés sans-papiers” étaient en fait la cargaison du bateau “Mete” qui a tenté d’approcher l’île de Chios. Lorsqu’il a été appréhendé par un bateau de la police maritime grecque, il a dû retourner en Turquie (en vertu des accords entre les gouvernements des deux pays). Les autorités grecques ont arrêté l’un des esclavagistes, le flic Hristos Demertzis.
12, une entreprise de planification urbaine sous escorte policière a tenté de démolir une maison de Tripoli (sud de la Grèce). Cette maison, présentée comme une construction illégale, est habitée par de nombreuses personnes d’une famille tsigane. Il y a eu ausitôt une manifestation des tsiganes qui vivent dans ce coin, certains d’entre eux ont incendié une voiture.
13, discussion dans les locaux des “Archives anarchistes” à Athènes sur le sujet “La question palestinienne et l’Etat”.
14,— à Thessalonique, bombage de slogans sur un bus de l’OTAN et pneus crevés.
— rencontre-discussion dans les locaux de “Thersitis” à Ilion (ouest d’Athènes) sur le sujet “Quel est le sens de la solidarité avec les révoltés de Palestine”.ü 16, rassemblement/discussion à Heraklion (Crète) sur le événements en Palestine, organisé par “Anarhiki omada Liki tis Erimou” (Groupe anarchiste les loups du désert).
17,— les habitants de la région de Stageira à Halkidiki (nord de la Grèce) tentent d’empêcher le passage des véhicules des travailleurs de TVX-Gold [entreprise minière d’or]. Ils affrontent la police lorsqu’elle s’appoche, leur chef est blessé. Quatre personnes sont arrêtées et cinq autres recherchées.
— un bateau avec 60 immigrés “sans-papiers” est coulé au large de Naxos (île de la mer Egée). Deux d’eutre eux se noient tandis que les autres sont repêchés par la police portuaire. D’après cette dernière, 109 immpigrés “sans-papiers” sont morts noyés entre 1992 et 2001.ü 18, discussion/intervention dans le square Eleftherias à Heraklio (Crète) en solidarité avec les palestiniens en lutte et les personnes qui refusent le service militaire en Israël. Rassemblement organisé par “Anarhiki omada Liki tis Erimou” (Groupe anarchiste les loups du désert).
20,— affrontements entre fascistes et anti-fascistes dans le square Aristotelous à Salonique. L’attaque a eu lieu au cours d’un rassemblement de fascistes.
— plus de 50 immigrés “sans-papiers” sont arrêtés au large d’Andros (île de la mer Egée).ü 23, manifestation de solidarité avec Zulkuf Murat Bora (kurde) à Salonique. Il est en grève de la faim depuis le 11 avril en demandant l’asile politique.
25,— manifestation de solidarité dans le centre d’Athènes devant l’ambassade israëlienne. Présence de nombreux anrchistes.
— 8 immigrés “sans-papiers” sont arrêtés au large de Samos (île de la mer Egée).
26-27, discussion/hapening de deux jours au local “Arodou” sur le Pirée, à propos du 1er mai. Projections vidéo.
29, contre-rassemblement dans le centre d’Athènes contre un meeting fasciste. Un groupe d’anarchistes et de gauchistes attaque les bureaux d’une organisation fasciste avec des pierres et des cocktails molotovs. Cette organisation avait appelé au rassemblement qui a finalement été ajourné. Des affrontements avec la police anti-émeutes ont ainsi eu lieu un peu après, dans les rues d’Exarchia, où des bombes [une variante ?] molotovs furent utilisées et des barricades dressées.
30, manifestation contre l’esclavage-salarié dans le centre d’Athènes, organisé par les Conseils Métropolitains.
31,— des immigrés “sans-papiers” sont arrêtés à Hiliadou d’Evia, ainsi que les trois esclavagistes qui les transportaient.
— un distributeur des bureaux locaux de la Banque Nationale d’Ionia (banlieue d’Athènes) est incendié. Pas de revendication.

Contact : Anarchist Intervention (news_a@yahoo.com)

Traduit de l’anglais par CS,tiré de a-infos du 26 mai 2002

Note : Nous avons traduit “illegal immigrants” par “immigrés sans-papiers” et non “immigrés clandestins”, qui est la version plus littérale. Par ailleurs, nous n’avons pas traduit les brèves concernant les accidents et morts du travail, ni les tribulations judiciaires des keufs (meurtres, etc).

Chronologie publiée dans "Cette Semaine" #85, août/septembre 2002, pp. 18-22