Un black-out dans la cervelle


Ce matin à 6 heures, les ROS ont perquisitionné avec des chiens “anti-explosifs” douze habitations des compagnons de Silvestre et du groupe anarchiste Incontrolados (huit à Pise et dans sa province, deux à Livourne et dans sa province, un à Florence, un à Milan) ainsi que le siège des groupes concernés, notifiant également quatre “avis de garantie” [mise sous enquête]. La demande de perquisitions a été effectuée par les ROS de Livourne et signée par le parquet de Gênes (procureurs Canepa et Canciani).

Les décrets de perquisition ont été émis “en rapport avec les délits mentionnés dans les articles 270bis du code pénal et suivants (commis à Massa Carrara et autres lieux, entre août 2002 et la date actuelle) (...) relevant que selon l’enquête menée jusqu’à la date actuelle par la Police Judiciaire, émergent des éléments concrets indicatifs de la l’implication des mis en examen à une association criminelle à finalité de terrorisme et de subversion en lien avec la réalisation de nombreux attentats à la dynamite et/ou incendiaires au préjudice d’objectifs comme des pylônes de distribution de l’énergie électrique, des installations de relais de téléphonie mobile, des incinérateurs de déchets et des installations de remontée mécanique pour skieurs”.

Le nom de Marco Camenisch apparaît explicitement dans les décrets de perquisition montrés aux compagnons, lui qui a été perquisitionné quelques jours avant dans la cellule à Pfäffikon (sa femme Manuela a également subi une perquisition).

Cette “brillante” opération dénommée Black-out a conduit à séquestrer cinq ordinateurs, environ 250 CD, différentes vidéo-cassettes, un nombre énorme de lettres, brochures, bombes de peinture, pétards, agendas, textes variés etc. L’impression qu’ont eue les compagnons est que les flics recherchaient avant tout des documents relatifs aux contacts personnels, dans le but de “construire” le réseau habituel de relations prouvant l’existence d’une fantomatique association subversive.

L’opération Black-out n’éteindra certainement pas les luttes qui se développent sur le territoire en défense de la planète, parce que celles-ci sont la conséquence nécessaire de la dégradation toujours plus évidente de la planète. Frapper les quelques dizaines d’activistes qui s’exposent directement par des initiatives de lutte et de propagande ne pourra pas clore une bataille qui tend à s’élargir et assume des caractères variés et des contenus divers.

Notre première riposte à ces intimidations sera d’organiser une initiative publique pour parler à nouveau de Marco Camenisch et de tous les prisonniers écologistes que l’Etat enferme et torture.

Il Silvestre
Gruppo Anarchico Incontrolados
24 septembre 2003

Au cours de la perquisition du 24 septembre dernier, les carabiniers ont également séquestré à notre siège l’adresse des personnes qui reçoivent Terra Selvaggia. Il nous semblait important de préciser cette séquestration-là, c’est-à-dire la liste qui contient tous les noms et adresses des personnes à qui nous expédions le journal et/ou d’autre matériel. Nous avons ensuite appris que de nombreuses autres perquisitions ont eu lieu le même jour dans notre région, y compris dans les maisons d’amis ou de leurs parents qui d’une manière ou d’une autre ont été ou sont proches de nous. Nous exprimons notre solidarité à tous ceux qui ont reçu ces visites désagréables et nous la renouvelons comme d’habitude également à Marco Camenisch.
(I silvestri — 30.9.03)

[Extrait de "Cette Semaine" n°87, fév./mars 2004, p.3]