La solidarité est un crime que nous ne nous lasserons pas de commettre
Appel international de solidarité avec les anarchistes prisonniers en Grèce et à Valence


Conscients de la situation répressive générale, du silence de plomb sous lequel l’Etat/Capital prétend enterrer les 7 compagnons prisonniers à Thessalonique, du lynchage médiatique habituel des deux autres compagnons détenus à Valence et de la dure situation à laquelle ils se trouvent confrontés, conscients de l’épée de Damoclès que l’Etat/Capital fait planer au-dessus de chaque individu qui, défiant la domination, ose manifester sa solidarité avec celles et ceux que l’on réprime. Connaissant par avance la volonté de l’Inquisition démocratique d’éradiquer toute trace de dissidence, à tout prix et avec les moyens propres aux inquisiteurs aidés dans leurs basses œuvres par les terroristes de l’Etat et les bourreaux...

...Eh bien, malgré tout ce que nous venons de décrire et qui devient quelque chose d’habituel, nous appelons les individus dotés de sensibilité à redoubler de solidarité, sachant que les compagnons prisonniers à Thessalonique affrontent mi-septembre un nouveau procès [demande de mise en liberté] qui pourrait être déterminant pour leur situation et qu’ils ont en outre annoncé leur intention de se mettre en grève de la faim s’il se ne conclut pas favorablement pour eux. Une grève de la faim n’a pas beaucoup de sens comme moyen de pression si de l’autre côté des murs ne s’impose pas une situation de conflit et d’agitation permanente.

Nous ne proposons pas une journée internationale de solidarité à date fixe, car de notre point de vue elle pourrait être assez prévisible et donc facilement réprimable. Mais nous appelons à intensifier la solidarité au niveau international autour de la date du procès, avant ou après, chacun dans la réalité sociale où il pratique ses activités quotidiennes, chacun utilisant les modes et les formes qu’il pense adéquats, mais en évitant de tomber dans des dynamiques récupérables par l’Etat/Capital.

Bien sûr, nous n’oublions pas les compagnons de Valence (Edu et Amanda) et refusons à tout prix les fausses distinctions entre les “bons” et les “mauvais” anarchistes, qui ne sont compréhensibles que dans la logique fanatiquement inquisitoriale qui enferme et torture nos compagnons.

De cet endroit de la planète, nous invitons à persévérer dans le grave crime qui consiste à se solidariser avec ceux que l’on réprime et à rendre la guerre sociale inévitable aussi longtemps qu’existeront les prisons et tant que nos compagnons séquestrés ne seront pas libérés.

Solidarité totale avec les anarchistes enfermés en Grèce et à Valence
Les terroristes sont ceux qui torturent et enferment,
Le terroriste c’est l’Etat.

Des amis, compagnons et complices de Fernando

[Tract traduit de l’espagnol, publié en août 2003 sur http://nodo50.org/desdedentro]

[Extrait de "Cette Semaine" n°87, fév./mars 2004, p.45]