La protection de la communauté


Pour résoudre le si grave problème du rapatriement des jeunes étrangers entrés en Italie sans leurs parents, la commune de Turin se pose en avant-garde. Le 8 janvier 2004, le délégué aux services sociaux Stefano Lepri fait une proposition au conseil municipal —immédiatement transformée en vote à l’unanimité— qui demande “l’activation d’une structure communautaire protectrice à caractère expérimental” ; ou comment avec l’excuse de la prévention contre l’exploitation de ces enfants et adolescents on les enfermera là afin de les réexpédier à la maison. En fait, les structures communes d’accueil des mineurs en danger ne sont pas adaptées à cet objectif parce qu’elles manquent de contrôle et sont insuffisamment pourvues de barreaux et de cadenas ; c’est pour cela que les chenapans qui y sont menés fuient la nuit, selon les constats de l’Ufficio di Pronto Intervento Minori [Bureau d’interven-tion rapide pour les mineurs].

La “communauté protectrice”, située rue La Salle, héberge uniquement de jeunes marocains et roumains car selon d’improbables analyses, ce sont principalement les jeunes de ces deux nationalités qui créent l’insécurité par des délits divers qui, ne peuvent être punis, notamment à cause de l’âge de ceux qui les commettent. Plus prosaïquement, la commune de Turin n’a signé des accords qu’avec la Roumanie et le Maroc, dont les consulats en Italie fournissent tous les papiers nécessaires au rapatriement.

Les jeunes sont expulsés, dans les 60 jours, même si leurs parents ne résident pas au pays ; il suffit que les accords économiques et de réadmis-sion signés avec les gouvernements en question précisent que les jeunes seront enfermés à leur retour dans des Centres d’assistance, des orphelinats ou des prisons, pour les récidivistes.

Parmi ceux qui tirent un profit notable de cette ultime horreur créée par la loi Bossi-Fini se trouve la société Imprese Cooperative Sociali (I.C.S.).

Contrairement à l’ensemble des autres coopératives sociales, cette espèce de mafia des entreprises à but non lucratif est la seule à s’être proposée et à avoir obtenu l’adjudication pour la gestion de ce lager.
I.D.

[Traduit de l’italien :
Tempi di guerra n°1, janvier 2004, p.7]

Ndlr : Suit la liste complète des “coopératives sociales” qui composent l’I.C.S. avec leurs adresses, et le nom de la banque qui transfère l’argent pour le compte de la commune de Turin : UniCredito Italiano.

[Extrait de "Cette Semaine" n°87, fév./mars 2004, p.12]