Expulsion express et musclée du Pétrin, tout nouveau squat...


Installés depuis peu dans une ancienne pâtisserie abandonnée de Lille Moulins, nous avons passé 24h dans les cellules du central de Lille.

Ho, qu'elle était belle la maison. Certes sans réseau électrique convenable, avec des tapisseries et des posters des 70's, mais grande et avec un beau four à pain dans l'arrière boutique. Ha, on aurait pu profiter de cette demeure inutilisée pour y organiser pleins de trucs, une fois retapée et l'électricité et l'eau réinstallées... Mais non, il a fallut que la police intervienne, nous expulse et nous retienne 24 heures dans ses cellules.

Installés depuis peu, nous avions pu barricader la porte d'entrée pour éviter que la police nous empêche d'y établir notre domicile. Malheureusement il existait une autre issue : une porte, impossible à sceller rapidement qui donnait sur une cour commune avec les voisins. Ces derniers, pas encore avertis de notre nouvelle présence ne semblaient pas s'inquiéter, ni être dérangés. Mais le propriétaire (nous avons appris plus tard que la maison venait d'être rachetée il y a peu) avait semble t-il décidé de venir voir sa nouvelle acquisition hier, en passant par cette porte. Se rendant compte de la présence de parasites dans sa propriété privée, il n'a pas tardé à avertir les flics.

A peine le temps de réunir les affaires, pas le temps de barricader cette petite issue, impossible d'annoncer que nous avions décidé d'investir cette propriété inutilisée, que les flics débarquaient. Un camarade, qui se tenait devant la porte a été projeté par terre pendant que les flics montaient nous rejoindre aux étages, flingue au poing. Assis en cercle au 2e étage, nous les avons vu débarquer, fébriles, nous braquant en beuglant avec leurs armes. Le temps de descendre dans la cour sous les frasques habituelles de la police nationale ("j'ai une gomme à effacer les sourires !") pour qu'on prenne nos identités et les camions étaient là pour nous embarquer.

Il faut dire que la flicaille est habituée à patrouiller jour et nuit dans le coin... Entre les expulsions de squats et de sans-papier-e-s, le voisinage commence à en avoir marre de voir les rues de son quartier constamment bleues. Quelques voisins et amis étaient donc rassemblés devant la maison quand nous avons été embarqués...

La suite, tout interpellé-e la connaît : tous stockés dans des cellules miteuses, les filles transférées à Villeneuve, les pressions lors des “dépositions” pour nous faire porter le chapeau pour “dégradation de biens privés en réunion”.

Au final, quelques 24h de garde à vue, pour avoir squatté et nettoyé une maison vide, ça tourne au délire. Nous sommes à 10 convoqués devant le tribunal le 5 mai 2004 à 8h30 au tribunal correctionnel de Lille (9e chambre). On nous reproche une vitre cassée, un compteur EDF démonté et 3 verroux changés.

La lutte contre la propriété privée continue, nous ne céderons pas face à la pression d'Aubry-Sarkozy !
1 expulsion -> 1000 ouvertures !

Des squatteureuses
8 novembre 2003

Ndlr : On peut retrouver les squatteureuses lillois tous les jeudis à 19h lors de projections au Brankard, 50 rue de Thumesnil à Lille-Moulins.

[Extrait de "Cette Semaine" n°87, fév./mars 2004, p.57]