Le 4 octobre 2003 se tenait la conférence intergouvernementale sur la Constitution européenne à Rome. Au cours des affrontements, des vitrines ont été brisées et un flic en civil tabassé.
Le 18 octobre 2003, Massimo Leonardi était arrêté à Viterbo, accusé du tabassage d’un carabinier en civil et d’atteinte aux biens. Trois autres perquisitions à Rome et Viterbo se déroulaient en même temps.
Le 22 octobre, un rassemblement de solidarité à Cagliari (Sardaigne) était chargé par les flics, 12 personnes arrêtées dont 4 qui ont passé une nuit en prison (l’un a été hospitalisé pour traumatisme crânien). Leur procès a été renvoyé au 21 janvier.
Le 25 octobre, un autre rassemblement en solidarité avec Massimo et tous les prisonniers devant la prison de Rebibbia à Rome subissait le même sort, se terminant par 14 arrestations. Ils passeront trois nuits en prison avant d’être jugés en comparution immédiate pour “résistance”, “manifestation non autorisée” et “lésions”.
Enfin, le 3 décembre, deux squats (la Cascina et Torre Maura) et trois habitations de Rome ont été perquisitionnées tandis que Marco “Tombolino”, un compagnon de Viterbo, était arrêté à Naples et incarcéré à Rome avec les mêmes accusations que Massimo.
Massimo est libéré sous contrôle judiciaire le 18 décembre et Marco le 8 janvier 2004, leur procès fixé respectivement au 27 janvier et 1er mars.


Aujourd’hui 18 octobre, notre compagnon Massimo Leonardi a été arrêté aux premières lueurs de l’aube. Vers cinq heures du matin, les chacals en uniforme de la préfecture de police de Rome ont sonné à sa porte pour lui délivrer un mandat d’arrêt émis par le parquet de Rome, plus précisément par le substitut du procureur Salvatore Vitello, avec la collaboration —comme toujours dans cet infâme travail— de la Digos de Viterbo.

Massimo est accusé de “dommages aggravés de biens publics et privés”, de “violence” et “agression” contre un carabinier infiltré dans la manifestation du 4 octobre à Rome. L’ordre de capture a été émis suite aux affrontements qui se sont déroulés au cours de la manifestation contre la signature de la Constitution européenne.

Au même moment, trois autres habitations de compagnons de Rome et Viterbo ont été perquisitionnées, ils sont également accusés de dommages en relation avec la même manifestation.

Nous, anarchistes et compagnons de Massimo, voulons lui exprimer toute notre solidarité, ainsi qu’à ceux qui luttent quotidiennement comme lui, cherchant à rendre cette vie digne de ce nom, c’est-à-dire libérée de toute forme de contrôle et d’humiliation.

Nous hurlons notre complicité avec ceux qui, comme Massimo, n’acceptent pas de se soumettre et combattent directement les responsables de ce monde-prison.

En outre : nos vœux les plus sincères de non-guérison au flic infiltré et, à toute personne qui a contribué à le faire enfler, nos remerciements les plus chaleureux.

Les compagnons de Massimo

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Samedi 25 octobre avait lieu un rassemblement pour Massimo, notre compagnon arrêté et détenu à la prison de Rebibbia à Rome, où —forme supplémentaire d’acharnement à son égard — il a été transféré vendredi soir pour empêcher notre solidarité active par une mobilisation, déjà rendue publique, au pied de la prison de Regina Coeli. Cette sale manœuvre n’a pas fonctionné parce que les compagnons se sont déplacés aux pieds de celle de Rebibbia pour revendiquer leur complicité avec Massimo et tous les exploités séquestrés dans les lagers de l’Etat.

C’est là que la férocité répressive de l’Etat est pleinement entrée en action ; les compagnons sortaient à peine de la station de métro pour distribuer des tracts qu’ils ont subi une charge violente de la volaille décidément nombreuse, suivie d’une chasse à l’homme. Les compagnons ont été traqués et poursuivis dans toute la zone de Rebibbia et Casal dei pazzi. C’est uniquement la solidarité des prolétaires et des habitants de la zone qui, en offrant refuge et hospitalité aux manifestants, a empêché que le nombre de 14 compagnons arrêtés ne soit plus élevé. Une plainte pour “résistance”, “lésion” et “jet de matériel explosif” a été déposée contre tous, en droite ligne de ce qui s’était déjà produit mercredi 22 à Cagliari où un rassemblement pour Massimo avait aussi été chargé et dispersé avec, pour finir, 5 arrestations.

Nous ne sommes pas ici pour nous plaindre de ce qui s’est passé, ni faire appel au manque total de preuves à propos des délits en question, encore moins pour discuter de culpabilité ou de l’innocence présumée de notre compagnon, discours que nous laissons aux flics et aux magistrats.

Nous sommes ici pour souligner le climat général de contrôle et de répression qu’on respire quotidiennement, surtout pour ceux qui désirent dans leur cœur que l’existant soit bouleversé et non pas simplement réformé. Nous ne souhaitons pas un monde dans lequel existeraient des lois plus justes mais nous luttons ardemment pour un monde dans lequel les lois ne devraient plus exister.

Liberté pour Massimo — Liberté pour tous
Feu aux prisons et aux matons
Que le procureur Vitello et ses compères soient rôtis

Les compagnons et compagnonnes de Massimo

[Extrait de "Cette Semaine" n°87, fév./mars 2004, p.4]