Brèves du désordre espagnoles

• «Aujourd’hui, vendredi 24 février 2006, vers 2h30, nous avons attaqué avec des pierres les vitrines de l’agence immobilière "Tecnocasa" située rue Atocha. Les vitrines d’une agence de la banque BBVA située rue Sta Maria de la Cabeza a subi le même sort. Ces actions ont été réalisées en solidarité avec les rebelles arrêtés le 9 février à Barcelone. Les actions de solidarité avec les détenus anarchistes continueront, et un coup de pied au cul à ceux qui disent que Madrid "est morte et que personne ne fait rien, afin que les choses ne changent pas". Avec beaucoup d’affection».

• «Toutes les agressions, les séquestrations et les assassinats ne restent pas impunis... Nous savons que vous y êtes habitués, que vous vous sentez les patrons du monde, du haut de votre sommet du pouvoir et de la misère. Vous maintenez la non-vie, vous êtes des terroristes qui semez la peur et la destruction sur toute la surface de la terre, trafiquant sur l’existence des individus pour maintenir en place ce monstrueux système de domination brutale et de spectacle pathétique. Vous êtes les ennemis du monde qui attaquez les personnes et leurs rêves. Pourtant, comme riposte, nous attaquerons vos propriétés, nous vous dépouillerons du bénéfice que vous faites sur les choses, en le détruisant, en empêchant que vous puissiez continuer à spéculer dessus.
A l’aube du dimanche 19 février 2006, attaque de deux entités du capital : une banque Sabadell et La Caixa, situées rue Progreso, à Lugo (Galice), avec des molotovs. Nous avons choisi ces objectifs pour répondre aux récentes arrestations de deux anarchistes à Barcelone et comme un moyen de pression afin que La Caixa retire sa plainte contre Sergio L.D.
Tant que vous maintiendrez cette situation de conflit social, la guerre sociale continuera partout.
CAFE, Comité de Acción Frente al Estado-capital».

• (La presse). La nuit du 8 février 2006, la zone dédiée aux enfants du McDonald’s de Huesca a été ravagée par un incendie volontaire. Un tag laissé sur place précisait : «Ronald est mort et a emporté les hamburgers avec lui». Selon les enquêteurs, une vitrine aurait été brisée puis du liquide inflammable répandu, avant que la combustion ne laisse sur pied que la structure métallique. Il avait été inauguré dans le centre commercial de Coso Real en juin 2003.

• « Deux distributeurs automatiques de billets ont été sabotés le 4 janvier 2006 à Barcelone, en solidarité avec tous ceux qui subissent la répression de l’Empire européen (Italie, Espagne, Grèce, France...). L’action directe a eu pour conséquence le blocage de la circulation rues villardell et bordeta pendant une heure, en attendant que l’incendie soit maîtrisé par les pompiers.
Frappons sans trembler. Se rebeller est juste. »

• « La nuit du 31 décembre 2005, un engin explosif a été placé contre un concessionnaire FIAT de Grenade, en solidarité avec les anarchistes touchés par la vague répressive qui frappe le pays transalpin, en particulier les compagnons inculpés dans l’Operazione Cervantes, dont le procès a justement débuté le mois dernier.
Les dimensions des dégâts ne sont pas connues ; bien que ce soit un facteur important, nous pensons que l’acte de solidarité avec les rebelles est plus important encore.
Solidarité avec les anarchistes détenus en Italie, Espagne, Allemagne, Grèce... et partout dans le monde. »

• « Nous communiquons que la matinée du 14 décembre 2005, a été incendiée partiellement la réception du siège du Centre d’Iniciatives per la Reinserció (C.I.R.E., organisme qui donne du travail aux prisonniers).
Pour cette action, huit litres de matériel inflammable ont été utilisés, qui ont brûlé l’entrée, privant l’établissement de lumière et causant différents dégâts.
Cette action est pour protester contre l’exploitation par le travail que subissent les prisonnierEs de la part de l’administration pénitentiaire.
PS : (Vos feux dissuasifs n’ont pas fonctionné ! Alors, vous faites quoi maintenant ?) Solidarité avec touTEs les prisonnierEs en lutte, avec tous ceux qui passent en procès dans le cas Cervantes à Rome (Italie), tous ceux/celles de l’Etat espagnol...
Salut, anarchie et que crève le système. »

• « Samedi 12 novembre 2005 vers 2h du matin, une borne électrique provisoire du commissariat des Mossos d´esquadra [police autonome catalane] qui se construit au bout de la rue Marina à Barcelone a été incendiée.
Nous souhaitons la bienvenue aux anti-émeute à Barcelone.
Vous connaîtrez d’autres nuits semblables, parce qu’il semble que dans la rue, de jour et publiquement, vous nous laissez peu de marge.
Salut, anarchie, et que crève le système. »

• Mercredi 26 octobre 2005, un groupe d’anarchistes est entré dans la salle n°4 de la faculté de droit de l’Université Complutense de Madrid, où se trouve le local du Syndicat des Etudiants (SEU).
La porte a été défoncée et tous les objets du lieu ont été détruits, dont une télé, un drapeau de la Phalange, des tables, tracts, etc. Puis des œufs de vernis ont été lancés sur les murs, les publications, les armoires...
Selon le communiqué qui est parvenu à La Haine-Madrid, les auteurs affirment « notre désir de vengeance a augmenté, parce que l’agression contre Ramon [un jeune poignardé la semaine passée à Sanse par des néonazis] suscite cela et bien d’autres choses encore. Nous espérons que les gens seront poussés à répondre par d’autres actions encore. L’imagination au pouvoir. Pas une agression contre un/e compagnon/ne sans riposte ».
Enfin, le communiqué précise « tout notre soutien à Ramon, auquel nous souhaitons bon rétablissement, et à tous les compagnons et compagonnes agressées. Toute notre haine aux fascistes. »

• « Le premier octobre 2005, vers 2h30 du matin nous avons incendié l’entrepôt du Centre d’Initiatives pour la Réinsertion (CIRE), où les prisonnierEs sont exploitéEs, frôlant l’esclavage sous prétexte de la réinsertion sociale et par le travail.
Cet organisme, le CIRE dépendant du Département de la Justice de la Generalitat de Catalogne, se trouve sur la route entre les villages de Raimat et Suscs dans la province de Lleida. L’entrepôt, de grandes dimensions, contenait de grandes quantités de bois pour l’élaboration de produits. L’incendie a été provoqué au moyen d’engins incendiaires avec retardateurs. Nous ne connaissons pas l’ampleur des dégâts en toute logique (mais nous pensons qu’ils sont considérables étant donné la quantité de liquide inflammable).
Le CIRE n’a aucun scrupules au moment d’utiliser les prisonnierEs comme main d’œuvre bon marché et nous n’avons aucun scrupules pour vous attaquer. Nous essaierons par tous les moyens que vos plans n’aboutissent pas, et ça ne vous sera pas facile, nous vous surveillerons toujours pour vous saboter et empêcher que votre activité se déroule en paix.
Vous êtes des hypocrites et des criminels, votre fonction n’est pas et de loin, la réinsertion de quiconque. Vous faites partie de la société carcérale qui prétend anéantir les prisonnierEs, le travail ne rend libre personne, au contraire ; il est servitude, aliénation et destruction. Nous haïssons le système et sa société carcérale, et pour tout cela nous essaierons de vous infliger le maximum de dégâts possibles.
Les prisonnierEs n’ont pas besoin de travail mais de liberté et pour y arriver nous devons en finir avec tout ce qui nous la nie : le capitalisme et toutes ses formes d’expression que se soit celles des gauches réformistes, la droite... »

• (La presse). Un engin artisanal (autocuiseur) a explosé vendredi 15 juillet 2005 devant un concessionnaire d’automobiles italiennes dans la banlieue de Barcelone (nord-est) sans faire de blessé, a-t-on appris auprès de la police.
Cette action pourrait être liée à l’attentat perpétré mardi devant le centre culturel italien à Barcelone et pour lequel la piste d’un groupuscule anarchiste italien était privilégiée, selon la préfecture de Catalogne.
L’explosion qui s’est produite vers 04h30 (02H30 GMT) à Prat de Llobregat, devant une concession Fiat, n’a causé que des dégâts matériels limités, essentiellement des bris de glace, selon la police.
L’engin était composé d’un autocuiseur, de trois cartouches de gaz et d’une mèche pyrotechnique et avait été posé sur le sol devant l’entrée de l’établissement, selon les constatations policières.

• (La presse). Une bombe artisanale a explosé devant le centre culturel italien de Barcelone le 12 juillet 2005, blessant un policier et tuant un chien des services de déminage.
La charge explosive était cachée dans une cafetière placée devant la porte du bâtiment culturel, où elle a été vue par un employé du centre. Ce dernier a prévenu la police, s’apercevant que des câbles sortaient de la cafetière, a expliqué le préfet de Catalogne, Joan Rangel.
Le policier blessé, qui a reçu des éclats dans un bras et sur le côté gauche de l’abdomen, se trouvait à distance de sécurité de l’engin explosif. Il devrait pouvoir quitter rapidement l’hôpital où il a été admis, selon des sources médicales.
Le chien, un labrador nommé Pretto, a quant à lui été projeté à cinq mètres lors de l’explosion. Selon des sources policières, il a évité au policier des blessures plus graves.

• « Le 29 avril 2005 vers 2h30, un engin explosif d’environ 200 gr. a été placé sous une voiture particulière d’un policier du commissariat de la police nationale de la Plaça España. L’explosion a sérieusement endommagé le véhicule garé devant le commissariat, les obligeant à le retirer et couper momentanément la circulation.
Le 30 avril vers 2h du matin une autre bombe fut déposée devant une agence immobilière de la rue Manson dans le quartier de l’Eixample de Barcelone. Cette bombe était moins importante, néanmoins les dégâts causés furent importants pour la vitrine et un ordinateur qui se trouvait à proximité.
La police nationale, comme tous les corps de «sécurité» de l’état continuent de poursuivre, séquestrer et torturer celleux qui leur semblent un problème ou une menace sociale. Mais illes veulent seulement atteindre la liberté, et eux l’appellent danger ! Vous le méritez et vous méritez beaucoup plus !
Et pour les agences immobilières, on pourrait en parler longtemps. Elles sont la preuve manifeste de la misère de nos vie et de la dégradation dont souffrent les quartiers dans lesquels on vit.
Enfin, juste pour dire que nous continuerons de vous attaquer jusqu’à ce que nous soyons touTEs libres et pour cela il n’y a qu’un seul chemin : l’action directe. »

• « 24 janvier 2005, Burgos

Les actions suivantes ont été réalisées dans la ville de Burgos en solidarité avec nos compagnon/nes prisonnierEs dans les centres d’extermination de la démocratie (plus connus sous le nom de prisons). Et comme la meilleure façon de se solidariser avec elleux est de continuer la lutte pour l’anarchie et de propager la guerre sociale, nous apportons ici notre grain de sable.

Septembre 2004
Début.- Le vice-consulat italien de Burgos a été caillassé en solidarité avec nos compagnons détenus dans ce pays. Quelques jours après, le vice-consulat est à nouveau attaqué, cette fois-ci avec des bombes de peinture. Solidarité avec les compagnons italiens incarcérés dans le dénommée «Opération Cervantes». Solidarité avec les prisonniers anarchistes et les anti-autoritaires italiens.
15.- Devant l’escalade du développementalisme et de la spéculation à Burgos, quelques molotovs sont lancés sur un tractopelle qui réalisait des travaux de destruction de l’écosystème naturel dans le quartier populaire “El Castillo”. Suite à cet acte, la machine a été calcinée et le tribunal suprême de Castille y Leon a décidé de suspendre par précaution les travaux pour éviter d’autres accidents de ce type. Par l’action directe, on a gagné ce qui ne l’avait pas été avec les collectes de signatures et les processions. La civilisation a reçu une leçon. Comprend qui veut. A bon entendeur.

Octobre 2004
12.- Deux banques du coin sont caillassées en solidarité avec les compagnons incarcérés à L’Hospitalet et Cornellá (Barcelone) la semaine précédente.

Novembre 2004
25.- Toutes les banques d’une rue bourgeoise du centre sont caillassées en solidarité avec les anarchistes emprisonnés en Espagne, Italie, Grèce et Allemagne.

Décembre 2004

16.- Trois banques d’un quartier populaire sont couvertes de peinture en solidarité avec les anarchistes emprisonnés et les prisonniers d’Action Directe.
31.- Trois autres banques connaissent le même sort dans le centre-ville. En plus de nous solidariser avec nos compagnonNES emprisonnéEs, nous nous divertissons en propageant la guerre sociale.

Janvier 2005
1.- Plus de 150 entreprises et institutions de l’Etat-Capital, de la civilisation et de l’exploitation animale, humaine et de la terre sont scellées.
2.- Une banque est fracassée dans un quartier de la banlieue en solidarité avec nos compagnons incarcérés.
11.- En solidarité avec nos compagnons incarcérés, et surtout, comme vengeance de l’assassinat de notre compagnon Xosé Tarrío, deux cocktails molotov sont lancés contre le Juzgado de Vigilancia Penitenciaria [bureau d’application des peines] de Burgos, le réduisant en cendres. Ce n’est que notre petite contribution pour répondre à cet assassinat légal commis par l’Etat et les institutions médicales, pour venger Xosé, mais ce ne sera pas la dernière. Il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg.
Xosé, nous espérons que là-bas dans l’enfer, en faisant une accolade à mère-terre, tu as enfin pu retrouver la liberté. Nous savons que c’est ainsi et savons que sans trop tarder nous serons réunis pour être libres. Mais tant que nous luttons pour venger ta mort et pour donner sa juste mesure à la domination, nous utiliserons tous les moyens pour porter l’enfer sur terre. Avec tout notre amour, cet acte —même insignifiant—, est pour toi et tous les autres compagnons qui ont connu ton sort. On ne pleure pas un/e compagno/ne qui tombe, on le venge.
C’est tout pour aujourd’hui, ami, mais vous savez qu’il y aura plus, car notre passion pour la liberté est plus forte que les cellules et que ce monde puant. Hier, aujourd’hui et toujours, debout ceux qui luttent ! Liquidation sociale, vive l’anarchie !»

Les brèves espagnoles se trouvent sur :

www.lahaine.org
www.alasbarricadas.org
www.klinamen.org


[Extrait de "Cette Semaine" n°88, mars 2006, pp.30-33]