Brèves du désordre italiennes


2006

4 février, Milan : incendie de bancs liés à un rassemblement de Forza Italia (le parti de Berlusconi).

3 février, Viareggio : incendie d’un distributeur de la Banca Intesa. Une lettre de revendication portant un A cerclé précise que cette banque finance le CPT de Lecce.

10 janvier, Cagliari : explosion d’une bombe contre la caserne de carabiniers de Vallermosa, dans la province de Cagliari. L’explosif était placé sur la fenêtre et a endommagé l’édifice.

6 janvier, Castelvetrano (Trapani) : plusieurs voitures, dont une appartenant à un agent de la police pénitentiaire, sont incendiées.

2005

22 décembre, Bergame : les vitrines de la Banca Popolare, située via Corridoni et celles d’une agence d’Unicredit, dans la même rue, partent en éclats. C’est ensuite au tour des bureaux d’une filiale de la Banca Intesa, viaTorre Boldone.

11 décembre, Bergame : les vitres des bureaux de la Banca San Paolo, situés via Ruggeri da Stabello, sont endommagées.

15 novembre, Bergame : « Après la filiale de la Banca Intensa à Nembro et celle de la Banca Popolare di Bergamo située dans la ville haute la veille, le Credito Bergamasco a fini dans la mire des vandales, entrés en action après les affrontements qui se déroulés au cours de la manifestation anarchiste contre la prison, qui ont conduit à 14 incarcérations et 12 plaintes. Les vitrines de la filiale située Longuelo del Creberg, au croisement des rues Mattioli et Bellini, devant l’église nouvelle, ont subi des coups de barre : une vingtaine de coups au total. »

3 novembre, Bologne : le maire de Bologne, Sergio Cofferati, ex-secrétaire général de la CGIL, reçoit un colis piégé (cassette-vidéo + 50 grammes d’explosif et détonateur à piles), intercepté et désamorcé. Revendiqué par la Cooperativa artigiana fuoco e affini (occasionalmente spettacolare) en solidarité avec les anarchistes emprisonnés en Espagne, Allemagne, Grèce, Italie et contre les centres de rétention.

3 novembre, Rovereto : deux camions de Trenitalia [SNCF] brûlent. Un message de revendication fait référence à la responsabilité du transporteur dans les expulsions.

24 octobre, Parme : les carabiniers du RIS [police scientifique] sont touchés par un engin explosif, partie inférieure de cafetière remplie de dynamite et récipient en fer rempli de boulons et dynamite. Revendiqué par la Cooperativa artigiana fuoco e affini (occasionalmente spettacolare) contre les centres de rétention et les expulsions.

21 octobre, Toscane : en solidarité avec F. Gioia qui passait en procès à Barcelone, cinq distributeurs de billets sont sabotés et deux Benetton fermés avec des cadenas à Pise, quatre distributeurs de billets sont sabotés et le consulat espagnol reçoit des œufs de peinture à Florence, quatre distributeurs de billets sont sabotés et des œufs de peinture sont lancés sur le tribunal à Livourne.

12 octobre, Rovereto : les vitrines de trois agences immobilières (agences Deborah et Rosmini, via Pagannini, et agence Affiti In, corso Bettini) mangent des pierres qui leur font de beaux trous.

4 octobre, Turin : huit distributeurs de billets de la Banca Nazionale del Lavoro sont sabotés avec du silicone. Un tract laissé sur place précisait : « La Bnl finance la guerre et les lagers pour immigrés. Troupes hors d’Irak, détruisez les centres de rétention ».

22 septembre, Molina di Quosa (Pise) : un pylône de l’ENEL [EDF] saute à la dynamite. « Les chacals de ce système de mort, représentés en Italie par l’ENEL, investissent dans de nouvelles centrales nucléaires en France et en Europe de l’Est, comptant sur un retour du nucléaire aussi en Italie. (...) Les projets de mort de ces criminels de l’atome ne passeront pas silencieusement ».

8 septembre, Rome : la porte d’entrée du local de la section des Democratici di Sinistra (Démocrates de gauche, principal parti à gauche), situé via Pietro Giannone, est en flammes. Une voiture garée devant est également touchée.

22 août, Gênes : les vitrines et le distributeur automatique de billets de la Banca popolare italiana, située via degli Orefici, sont éclatés à coups de masse. On peut lire sur le mur adjacent : «Azione diretta contro i padroni e gli sbirri » (action directe contre les patrons et les flics) et un A cerclé.

9 août, Spino d’Adda (Crema) : le bar, la cantine et certains moyens de l’organisation de la Festa azzurra [fête nationaliste de la droite] ont été détruits par des inconnus. Les responsables de la fête évaluent les dégâts à 5000 euros et dénoncent les «antagonistes» qui déjà la semaine passée lors d’une manifestation avaient détruit les vitres du local de Forza Italia, parti de Berlusconi.

6 août, Marina di Pietrasanta : un engin incendiaire (cocotte-minute + bonbonne de gaz) est retrouvé contre une cabine électrique de l’Enel [EDF]. Action revendiquée trois jours plus tard par « alcuni/e pirati determinati ad essere sabbia e non olio nel motore di questa societa’ criminale e assassina » [quelques pirates déterminéEs à être le sable et non pas l’huile dans le moteur de cette société criminelle et assassine].

août, Pise : un gros pétard (bomba carta) explose et détruit la vitrine d’Adecco. On retrouve sur place des tags en mémoire de Carlo Giuliani.

25 juin, Milan : plusieurs molotovs atterissent dans la Skinhouse, via Cannero.

16 juin, Turin : une centaine de parkmètres de la GTT, entreprise de transport complice des explusions sont obstrués.

7 juin, Caltanissetta (Rome) : deux engins (bidon de 5 litres d’essence, mèche reliée à un réveil) placés devant le siège de la Croix-Rouge, rue Leonardo da Vinci (quartier San Luca) n’explosent pas. Sur le mur se trouve un A cerclé et l’inscription « Non aux CPT ». Un billet sur place précisait : « La croix-rouge gère le CPT de Pian del lago : solidarité avec les immigrés ».

24 mai, Turin et Modène : une lettre piégée arrive au siège de la police municipale de Turin du quartier de San Salvario (les keufs y ont tué deux sénégalais quelques jours avant), provoquant du début d’incendie et blessé légèrement une keuffette. A Modène, la lettre était adressée à Daniele Giovanardi, président de la Misericordia (institution catho qui gère des centres de rétention), et a été désamorcée par les artificiers. Un tract à l’intérieur de la lettre, signé Fédération Anarchiste Informelle, la revendiquait en solidarité avec les immigrés assassinés par la police.

19 mai, Gênes : bloquage des serrures d’entrée des stations du métro « pour Ibrahim et Mamadou, deux frères sénégalais tués par les ‘forces de l’ordre’ de la terreur. Pour tous les enfermés qui se révoltent et luttent dans les prisons et les centres de rétention ».

27 avril, Arezzo : quatre cabines du complexe de relais de télévision (groupe Mediaset, la 7 et les télés locales) situé a San Zio brûle. Revendiquée le 29 dans une lettre envoyée au Corriere di Arezzo contre « le développement assassin de la tv mange-cervelle », l’action aurait fait des centaines de milliers d’euros de dégâts et a provoqué un black out de la plupart des canaux de TV et de deux de téléphones portables.

27 avril, Albaredo (Rovereto) : tentative d’incendie d’un relai de télévision (Rai et Italia Telecom) dans la montagne à l’aide de butagaz.

20 avril, Cremona : le portail du siège d’Alleanza Nazionale situé viale Po est incendié, tandis que celui de la Lega Nord voit ses banderoles arrachées et des écrits sur le mur affirmer : « Fuori i razzisti » et « Ora e sempre resistenza » avec une étoile à cinq branches.

15 avril, Rovereto : un relais de téléphones portables TIM installé depuis peu est incendié.

28 mars, Sassari : les militaires de la carserne La Marmora, siège de la Brigata Sassari, retrouvent sur une fenêtre du rez-de-chaussée un engin (tube d’acier rempli de poudre noire) qui est aussitôt désamorcé. Le ministre de l’Intérieur doit justement se rendre en Sardaigne dans quelques temps. Le 31 mars, l’action est revendiquée dans une lettre envoyée à l’Unione Sarda par «Quattro mori sardi», groupe qui avait déjà revendiqué l’incendie d’une éolienne par le passé.

23 mars, Milan : trois engins explosent (de gros pétards : bomba carta). Un premier contre le Mc Donald’s de via Marco d’Agrate (vitrine légèrement touchée). Le second contre un distributeur automatique de la Banca Intesa corso Sempione 50 (endommagé à l’extérieur). Le troisième contre un Blockbuster, viale Piceno (trous dans la vitrine).

23 mars, Bologne : un engin explose devant le siège d’Alternativa Sociale, le parti d’Alessandra Mussolini.

7 mars, Ostia Lido (Rome) : une bombe artisanale (Cocotte-Minute pleine de désherbant, réveil) fume sans exploser devant le tribunal de Rome. Revendiquée par la Fai/Nucleo rivoluzionario «Horst Fantazzini».

3 mars, Rovereto : incendie du relais de téléphone portables Tim, via Palestrina.

3 mars, Milan : l’agence d’intérim Giuliano Srl située via Piatti est incendiée après avoir été dévastée. Dans la même ville, explosion devant le bureau électoral de Piergianni Prosperini, conseiller régional d’AN.

1er mars, Gênes et Milan : deux bombes explosent devant les casernes de carabiniers de Prà (deux engins situés dans les containers à ordures) et de Voltri (Cocotte-Minute pleine de chlorate) à Gênes. A Milan, une troisième bombe explose devant la caserne de carabiniers “ Montebello ” via Monti à Milan (tube métallique rempli de dynamite). Revendiquées par la Fai/Cooperativa artigiana fuoco e affini (occasionalmente spettacolare) et Fai/Brigata 20 luglio, et notamment dédicacées à Marcello Lonzi, un jeune tabassé à mort par les matons dans la prison de Rome en juillet 2003.

26 février, Rovereto : incendie au siège de l’entreprise Trentino Servizi, via Manzoni, revendiqué par e-mail en solidarité avec le mapuche chilien Juan Carlos Huenulao.

21 février, Rome : attaques incendiaires contre cinq agences immobilières (quatre contre Pirelli-Re à Rome et une cinquième contre une agence Tecnocasa à Ostia).

19 février, Turin : une table de presse tenue en présence du député européen de la Ligue du Nord, Mario Borghezio, est attaquée. Ce dernier se prend des coups.

18 février, Nuoro : incendie à la base d’un relais de téléphone à Teti. Ce même relais avait déjà fait l’objet d’une tentative d’incendie le 14 janvier dernier.

7 février, Syracuse : explosion à la dynamite d’un relais de la télévision, revendiqué par le Nucleo Combattenti Comunisti.

1er février, Viterbo : Francesco Ruello, directeur-adjoint de la prison Mammagialla de Viterbo, reçoit un colis piégé (250 grammes de poudre pyrique dans une pochette pour DVD). Il est désamorcé suite au doute des matons qui s’occupent du courrier.

24 janvier, Cagliari : une voiture piégée (une Y10) explose vers 4h devant la prison de Buoncammino. Volée à une dizaine de kilomètres, remplie d’explosifs, elle était garée sous le mur d’enceinte de la prison. La même nuit, cette fois dans le quartier Quartu Sant’Elena, une bombe explose devant la maison d’un vice-brigadier des carabiniers sous enquête pour les faits de juillet 2001 à Gênes.

22 janvier, Milan : toutes les vitrines de trois banque étoilées la même nuit, la banque Unipol (corso Porta Romana), la Banca Popolare di Bergamo (Corso Italia) et la banque Unicredit (piazza Medaglie d’Oro).

22 janvier, Busto Arsizio (Varese) : un tube rempli de poudre explosive a réduit en morceaux la vitrine de l’agence d’interim Openjob située via Montebello.

16 janvier, Milan : un magasin lié à l’extrême-droite, spécialisé dans les uniformes militaires et situé Ripa di Porta Ticinese, est pris à partie par une dizaine de personnes à coups de pétards, fumigènes et pierres.

Les brèves italiennes se trouvent sur http://www.anarcotico.net


[Extrait de "Cette Semaine" n°88, mars 2006, pp.24-28]