A Paris la gauche s’enflamme :

la mairie liquide squat et solidarité à coups de trique

Depuis vendredi 11 février 2005, un collectif d’étudiant-e-s précaires et sans logement s’était installé au 1, cité de Bergue (Paris), dans un bâtiment inoccupé en vue d’y établir une habitation et un regroupement d’activités politiques ouvertes sur le quartier. Cette cité était laissée vide par la Mairie du 12e arrondissement qui souhaite détruire ces logements pour y élargir une allée. Par ailleurs, la mairie risque d’expulser dans les semaines à venir le «Comité des Sans-logis» à qui elle avait octroyé des locaux dans cette même cité. Des représentants de la Mairie de Paris, vigiles et policiers, se sont succédé sur les lieux aujourd’hui et constaté l’occupation. Il aurait dû s’ensuivre une procédure d’expulsion au Tribunal de Grande Instance et d’éventuels délais pour les squatteur-euse-s. Mais il semble bien que les pouvoirs publics aient opté pour une politique de tolérance zéro vis-à-vis des occupations. La seule réponse de la Mairie à la crise du logement et à la spéculation immobilière a été de multiplier les expulsions illégales aux cours des dernier mois, et ce en plein hiver. Malgré les quelques dizaines de personnes rassemblées en soutien sur les lieux, les policiers sont intervenus en nombre vers 19h. Après avoir violemment dispersé le rassemblement, ils ont enfoncé la porte et sorti les occupant-e-s devant de nombreux-euses passant-e-s choqué-e-s dont certain-e-s hurlaient franchement leur colère. Il y a eu diverses bousculades et matraquages de la part des policiers. Le fourgon dans lequel étaient détenu-e-s les squatteur-euse-s a été bloqué lors de son départ, des parpaings qui devaient servir à murer la maison ont été jetés sur la chaussée, des pierres ont été lancées sur la police. Il s’en est suivi une manifestation sauvage, rythmée par des slogans tels que “ Non aux expulsions, Grève des loyers, Insurrection ”. Les rues ont été successivement entravées par des containers renversés et des barrières de chantier. Les opposant-e-s se sont retrouvé-e-s devant le commissariat, où un important déploiement policier les attendait.

Tou-te-s les squatteur-euse-s ont été rapidement libéré-e-s, et ont rejoint le groupe de manifestant-e-s solidaires à l’extérieur.

Malgré les discours hypocrites des pouvoirs publics dispensés dans les médias — qui n’ont pas tenu à se déplacer pour couvrir cette expulsion illégale — il est évident que la répression à l’égard des “ bandes de jeunes ”, ou autres groupes militants se renforce, et que les violences policières deviennent chaque jour plus banales et plus rudes. Des réactions s’imposent pour renforcer la résistance aux expulsions.

Pour vilipender la mairie : 01 44 68 12 12 (mairie du 12ème), 01 44 68 12 64 (Dominique Larrey, Maire-adjoint, délégué à l’urbanisme et à l’habitat, conseiller d’arrondissement), 06 73 87 74 47 (M. Dronneau, de la Direction du Logement et de l’Habitat) par téléphone. 01 44 68 12 09 (mairie du 12ème) par fax.

Toute action directe de votre choix pourrait également être la bienvenue…

Des ami-e-s
17 février 2005


La lettre du maire

Ce vendredi 25 février à 15h30, plusieurs individus ont pénétré dans le hall de la Mairie du 12ème arrondissement et y ont déversé des dizaines de kilos de gravats. Je condamne avec la plus grande fermeté cet acte de vandalisme, qui au-delà de son intention violente, aurait pu blesser gravement des Parisiens, particulièrement nombreux à cette heure à la Mairie. Par ailleurs, les vandales ont saccagé une maquette du quartier Reuilly exposée dans le hall et d’une valeur supérieure à 10 000 euros. Dans la confusion qui s’est ensuivie, un élu du 12ème arrondissement a été frappé. Selon le communiqué de presse qu’ils ont abandonné dans le hall, cet acte de vandalisme se voulait «une action de protestation contre les expulsions de squats», et plus particulièrement contre celle qui est intervenue le jeudi 17 février dernier au 1, cité Debergue. (...)

Michèle BLUMENTHAL, Maire (PS) du XIIe

[Extrait de "Cette Semaine" n°88, mars 2006, p.18]