Lille, Aubry squat killer

• Le 10 juin 2005 sont expulsés d’un coup trois squats ouverts depuis des années dans le quartier de Wazemmes : le Trimar (119 bd Montebello), le 121bis (rue Lafargue) et le Tricart : «Le squat est pour nous, outre l’impératif de se loger, une possibilité de sortir de ce schéma pourri destiné aux prolétaires : un travail pourri et un logement insalubre. Le logement est un bien vital qui ne doit pas se monnayer. Nous prenons ce coup d’éclat policier comme une volonté de porter un coup fatal aux squats. Nouvelle tentative qui malheureusement ne portera pas ses fruits. Spéculateurs, huissiers, flics, on vous emmerde !»

• Le 7 décembre 2005, les deux derniers squats d’activité se font expulser dans la foulée. Cette méthode devient une sale habitude à Lille. Le Labo (65 rue Jenner) n’avait pas d’avis d’expulsion. Quant à White Wood (7 rue de Laventie), occupé depuis le 15 novembre 2004, il avait reçu le 20 octobre 2005 le commandement de quitter les lieux de la «Société Civile Immobilière Satellite».

• Le 30 décembre 2005, la Big Boss - e (82bis rue Jeanne d’Arc) se fait expulser sous la neige. Le proprio et ses molosses n’y réussissant pas seuls, ils ont dû se faire aider de la poulaille : «Depuis de long mois le bâtiment était vide, car vide il rapportait plus que habité à de riches boîtes qui spéculent sur nos habitats, nos vies. Nous étions cinq. Décidés à prendre nos vies en main. Nous squattions ce qui est devenu durant 11 jours la big boss-e.»

• Outre les squats d’habitation qui tiennent toujours ou ont été réouverts, le Maquis, un «foyer d’activités autogéré», a ouvert le 20 janvier 2006 au 6 rue de Colmar, métro Porte des Postes.


[Extrait de "Cette Semaine" n°88, mars 2006, p.19]