Montreuil : la lutte du Gazomètre

• Mardi 11 octobre 2005, huit familles ivoiriennes du passage du Gazomètre à Montreuil se font expulser de l’immeuble où elle vivaient depuis cinq ans après avoir réglé pendant deux ans un loyer de la main à la main à un marchand de sommeil. Un jeune ivoirien sans titre de séjour est arrêté. Les familles à la rue occupent alors avec des voisins et amis le Centre social Lounès Matoub. Le cabinet du maire, Brard l’expulseur «communiste» musclé des Roms qui a aussi fait démolir le foyer africain Nouvelle France, propose trois nuits d’hôtel dispersées en Ile de France. Le refus entraîne l’intervention des CRS qui frappent dans le tas (plusieurs blessés) et coursent en ratonnant une manifestation spontanée rue de Paris. Les habitants du Gazomètre improvisent alors un campement place de la République, qui prend des allures de fête avec des centaines de personnes solidaires qui y passent.

Le 14 octobre, les familles acceptent de lever le camp contre 35 nuits d’hôtel payées.

A présent, les célibataires sont à la rue et les familles dans un hôtel minable que certaines payent en partie. La lutte continue pour un relogement et une régularisation sans cas par cas, avec notamment un concert de solidarité prévu le 5 mars.


[Extrait de "Cette Semaine" n°88, mars 2006, p.19]