En souvenir de Joëlle Aubron

Après des années d’incarcération et de torture blanche, Joëlle Aubron est morte le 1er mars 2006.

• Zürich, 16 mars

(AP) Des inconnus ont répandu jeudi une substance nauséabonde dans trois voitures du TGV Zürich-Paris, incommodant certains passagers. De l’acide butyrique, une substance inoffensive qui dégage une forte odeur de beurre rance, a été déversé dans le wagon de tête vers 7h18, au départ de Zürich. Après l’arrêt en gare de Berne, plusieurs passagers se sont plaints de la puanteur, a précisé Roland Baumann, porte-parole des Chemins de fer fédéraux suisses (CFF). Au total, trois voitures de première classe ont été affectées. Le train a ensuite été stoppé durant 45 minutes en gare de Neuchâtel (Suisse), le temps pour la police et des spécialistes de contrôler le train. Les voitures concernées ont été fermées et les passagers ont poursuivi leur voyage dans des wagons de deuxième classe. Le TGV a pu repartir de Neuchâtel avec une demi-heure de retard pour Pontarlier, en France, où les voitures de tête ont été remplacées. Les CFF ont porté plainte. Le groupuscule “Pour une perspective révolutionnaire”, a revendiqué cet acte dans une télécopie envoyée à l’agence Associated Press (AP). Dans leur communiqué, les auteurs rendent hommage à la Française Joëlle Aubron, membre du groupe terroriste Action directe, condamnée à la prison à vie pour meurtres et décédée récemment.

• Athènes, 11 mars

(AFP) Dix-huit voitures ont été brûlées dans cinq attentats contre des concessionnaires automobiles français Renault et Citroën, tôt samedi matin à Athènes, par solidarité avec Action directe (AD), dont trois membres entament leur 20e année de détention. Samedi soir, la télévision privée grecque Méga a indiqué qu’un groupe intitulé “Cellules révolutionnaires de solidarité” avec AD, a revendiqué ces attentats lors d’un appel téléphonique anonyme à cette chaîne. Les attaques ont été menées quasi-simultanément contre les cinq représentations, quatre de Renault et une de Citroën, situées l’une dans le centre-ville, les autres dans des banlieues distantes entre elles, a-t-on appris de source policière.

Une série d’attentats sans gravité contre des intérêts français ont été commis il y a deux semaines à Athènes au nom d’AD. Quatre voitures avaient été endommagées le 26 février, dans une action contre une succursale de Renault, tandis que la veille, un autre attentat sans gravité a été commis contre une succursale de la banque française, BNP Paribas.

• Zürich, 1er mars

«Le soir du 1er mars 2006, nous avons brûlé une voiture diplomatique (cc = corps commercial) de l’Agence Française pour les Investissements Internationaux à Zürich : solidarité avec Ibrahim Abdallah et avec les prisonniers d’Action Directe. Honneur à la camarade Joelle Aubron qui est morte»

• Paris, 27 février

«Dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 février, les vitrines d’un concessionnaire Renault ont été endommagées à coups de boules de pétanque rue Championnet dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Un tag réclamant la libération des prisonniers d’Action Directe a également été apposé. Cette action prend place dans le cadre d’une journée internationale de mobilisation en faveurs des prisonniers d’Action Directe, 19 ans après leur incarcération et un an après la fin de leur peine de sûreté. Face à l’acharnement répressif toujours actuel de l’Etat contre des individus qui ont fait le choix de la lutte politique révolutionnaire sans compromissions, leur libération comme toute subversion du système actuel ne viendront que de rapports de forces qui ne peuvent exclure la question de la violence révolutionnaire.

Pour toutes ces raisons, n’oublions pas notre histoire, libération pour les prisonniers d’Action Directe et pour les autres, feu aux prisons.»

• Berlin, 17 février

(AFP) Un groupuscule allemand proche d’Action Directe (AD, extrême-gauche française) a revendiqué deux attaques contre des cibles françaises à Berlin par solidarité avec des détenus d’AD, dans un courrier parvenu lundi à l’AFP.

Dans la nuit du 16 au 17 février dernier, des incendies ont été déclenchés dans une filiale du groupe automobile Renault, tandis qu’un centre culturel français privé a été maculé d’inscriptions, a précisé dans ce courrier le groupuscule nommé “militante gruppe” (“groupe militant”).

Un collaborateur de Renault a précisé à l’AFP que deux camionnettes avaient été incendiées.

[Extrait de "Cette Semaine" n°89, juin 2006, p.17]