Région parisienne

Chronique ordinaire de la guerre aux immigrés

21 février : une circulaire du ministère de l’Intérieur précise toutes les possibilités d’arrestation de sans-papiers,

jusque dans les blocs opératoires.

17 mars : un rassemblement se tient devant la BNP Patay-Tolbiac (Paris-13e) où un sans-papier détenteur d’un faux passeport a été dénoncé et livré à la police. Les manifestants se retrouvent devant une banque dont les vitres ont visiblement reçu des coups de masse et dont le distributeur de billets est défoncé depuis peu.

14 avril : expulsion de l’ancien service social d’aide aux émigrants, situé 14 rue A. Perret (Paris-13e), et occupé depuis le 18 mars, en plein mouvement anti-CPE. 81 sans-papiers sont embarqués, 8 seront transférés aux centres de rétention de Vincennes et de Paris.

17 avril : plusieurs dizaines de sans-papiers bloquent l’entrée du Grand Studio de RTL (Paris-8e), dont l’invité est le ministre

de l’Outre-Mer, pour réclamer la libération des 8 en instance d’expulsion.

18 avril : une grève de la faim éclate au centre de rétention de Vincennes. Elle est suivie (selon les journaux) par 136 des 146 sans-papiers incarcérés, et durera une semaine. Un rassemblement se tiendra devant le centre quatre jours plus tard.

2 mai : trois sans-papiers réussissent à s’évader du centre de rétention mis en service le jour même à Plaisir (Yvelines).

7 mai : une centaine de roumains et de bulgares sont expulsés par charter dans un bombardier d’eau Dash 8 tout juste livré «pour lutter contre les futurs incendies de forêt de cet été».

12 mai : six sans-papiers parviennent à s’évader du centre de rétention d’Oissel.

14 mai : 5 000 personnes manifestent à Paris contre la loi CESEDA.

17 mai : la loi CESEDA est adoptée par l’Assemblée.

17-19 mai : Sarkozy en visite au Sénégal, Mali puis Bénin pour présenter sa nouvelle loi sur l’immigration se fait solidement conspuer. Les slogans des manifestants vont par exemple de «Sarko raciste» à Bamako jusqu’à «Sarkozy, grippe aviaire, hors du Bénin» à Cotonou.

19 mai : une grève de la faim éclate dans le centre de rétention situé au sous-sol du Palais de Justice de Paris.

3 juin : les sans-papiers du 93 occupent la Grande-Mosquée de Paris pendant une heure et demi avant de continuer de manifester devant. Ils demandaient le soutien des responsables du culte musulman français, qui ferment gentiment leur gueule comme c’est leur boulot, contre le projet de loi Sarkozy sur l’immigration. Le lendemain, ils occuperont le théâtre de la Colline dans le 20e, pour demander cette-fois au “monde artistique” de se positionner contre ce projet de loi. Ils seront expulsés méchamment du théâtre par les keufs, à la demande du directeur de gôche. Quatre arrestations.

6 juin : la loi CESEDA est discutée au Sénat. Nouvelle rafle à la sortie d’un métro dans le 13e, à Quai de la Gare. Cette fois, pourtant, les résidents du foyer d’à côté sortent et font face aux keufs, intervenant directement. Après de fortes tensions pendant quelques minutes, les flics dégagent et remontent dans les cars.

[Extrait de "Cette Semaine" n°89, juin 2006, p.18]