Brèves du désordre espagnoles

• 21 mai 2006 : Le groupe Carajillo («comando autónomo de jovenes incontrolados en lucha por liberarse de la opresión») revendique l’incendie d’un distributeur de billets de la banque BBVA de Vilaboa (Galice), en solidarité avec Sergio L.D. Le dispositif était une bouteille d’eau remplie d’essence, couplée à une bonbonne de gaz et deux mèches.

• 6 mai 2006 : « Ces derniers jours, 7 agences bancaires de la ville de Burgos ont été attaquées en solidarité avec l’anarchiste Rubén, arrêté avec deux autres compagnons à Barcelone le 9 février. Des pierres contre les devantures et de l’acide sulfurique contre les distributeurs de billets ont été le moyen utilisé, cette fois-ci pour traduire la rage des paroles aux faits, pour transmettre un message clair et concis : “Il n’y aura pas de paix possible”. Le seul langage que les gestionnaires de la terreur et de la répression étatique sont capables de comprendre est celui des pierres et de l’essence, celui de l’action directe libératrice... Un langage facile, à la portée de tous ceux qui ont du sang dans les veines. Un langage que nous serons toujours prêts à employer. A Barcelone également, la devanture d’une agence de la Caixa Sabadell a été détruite, pour sa complicité dans l’arrestation de Rubén, et en solidarité avec lui et tous les autres prisonniers et prisonnières. Salut et anarchie. »

• 1er mai 2006 : « Dans la nuit du 30 avril au 1 mai, deux pâtés de maisons de la Rambla del Poblenou ont été dévastés. Sept bâtiments capitalistes (six banques et une agence immobilière) ont été détruits comme de juste, soit 37 vitrines explosées. Nous n’allons pas rester les bras croisés, alors que le discours du Black bloc est en passe d’être intégré, vidé de son sens et de devenir un aspect folklorique supplémentaire du premier mai. Ses principes sont adoptés, mais hypocritement, car l’on sait à l’avance qu’ils ne seront pas mis en pratique. Tout ça reste donc enrobé dans une nouvelle version light et récupérée du Black Bloc. C’est pourquoi nous avons organisé hier notre propre manif pour montrer et nous démontrer à nous-mêmes que les choses peuvent être faites sincèrement et en tenant compte des réalités. Nous ne voulons pas annoncer publiquement que nous sommes en guerre et encourager les personnes à s’impliquer, si c’est pour ensuite finir par lancer des pétards à 30 centimes. Si l’on proclame que l’on va détruire le système, surtout lors d’une journée et de manifestations concrètes, c’est pour essayer de le faire, sinon c’est parler pour ne rien dire et il vaut mieux se taire. Les démonstrations de force signifient exercer sa force, non pas faire de l’esbroufe. Si l’on veut un premier mai tranquille, que l’on ne fasse pas des discours qui appellent essentiellement à la destruction, car ce ne sont pas les pratiques qui sont ainsi valorisées, mais uniquement les apparences. Soyons sincères avec nous-mêmes et avec les autres. Si l’on essaie de tuer le premier mai par des promenades, des illusions et le folklore, alors seul restera le 30 avril, journée international du sabotage. Black Bloc BCN».

• 21 avril 2006 : Une agence de la banque Fincal Corral est redécorée avec des bombes de peinture à Barcelone. Dans le même quartier, Clot Camp de l’Arpa, apparaissent des tags en solidarité avec Rubén.

• 18 avril 2006 : «A l’aube du mardi 18 avril, nous avons placé un dispositif incendiaire devant l’entrée de l’Institut Goethe, rue Mansó à Barcelone. Cette action est en solidarité avec les compagnons anarchistes Gabriel, José et Bart qui font face à un procès en Allemagne. Liberté pour tous les prisonniers ! Destruction des prisons ! Et vive l’anarchie !»

• 11 avril 2006 : « Las Brigadas de la Cólera revendiquent l’envoi du colis piégé désamorcé par les artificiers du Tedax samedi dernier [8 avril 2006] à Barcelone. Le colis était adressé au juge Juan Antonio Ramírez Suñer, pour son zèle spécial dans la persécution de la dissidence anarchiste et antiautoritaire. Rappelons que monsieur Ramírez Suñer a assigné à résidence pendant deux mois en 2004 quatre jeunes de l’Hospitalet, a expédié en prison différents militants anarchistes suite à une manifestation de soutien avec les compagnons italiens en été 2005, et a récemment fait arrêter Rubén et Ignasi, dont le premier reste à l’intérieur. Il nous déplaît que le colis ne soit pas parvenu à destination, nous réessayerons et encourageons tous les rebelles qui ont quelque chose dans les veines à affronter la domination. Rejoins l’équipe de la colère. “Vous ne nous capturerez jamais. Nous sommes l’homme ou la femme assis à côté de vous, la colère en tête et un pistolet en poche”. BC »

• 2 avril 2006 : A Aguadulca, 16 agences immobilières et de promoteurs, ainsi qu’un véhicule d’une entreprise de construction ont leur porte sabotée et prennent un peu de peinture pour protester contre «les plans destructeurs du capital dans la zone côtière d’Almería et Murcia».

• 15 mars 2006 : « Face au silence des médias, Las Brigadas de la Cólera informent de l’envoi [les 7 & 8 mars] d’un colis piégé au Centre d’Iniciatives per a la Reinserció (CIRE) et un autre à la sous-direction générale des Mossos d’Esquadra [police catalane]. Tous deux contenaient un simple système détonant et une charge de 50 grammes de matériel explosif. Nous pensons que la solidarité ne doit pas uniquement se contenter de se souvenir, mais aussi attaquer. Il est des temps où il faut prendre position et agir. C’est à toi de décider. Rejoins l’équipe de la colère. Pour nos compagnon/nes, pour nous, pour l’anarchie. »

• 8 mars 2006 : « A l’aube du 8 mars dernier, une agence de la banque Caixa a pris feu, place Libertad dans le quartier de Gracia à Barcelone. Cette action a été réalisée en mémoire de la camarade Joëlle Aubron, morte après avoir passé 17 années en prison. Nous voulons aussi rappeler nos compagnons incarcérés depuis septembre 2003 qui seront bientôt jugés, tout comme Sergio L.D., les jeunes de L’Hospitalet, Rubén et Ignasi en prison préventive depuis le 9 février... Arrive ce qui arrive, tombe qui tombe, nous continuons. Vive l’anarchie. »

• 28 février 2006 : A Barcelone, plus de 20 containers à déchets sont brûlés pendant la nuit, des molotovs sont jetés contre des voitures et une école.

• 27 février 2006 : « Lundi, 27 février, nous avons placé un engin explosif dans l’entrée de l’école pour adultes “ADAMS”, située calle Bailén, quartier de l’Eixample. Nous avons choisi cette école comme objectif de notre action, parce que c’est l’une des rares écoles privées qui offre publiquement des cours de formation professionnelle et spécifiques au corps des Mossos d’Esquadra [police catalane]. Dans la situation actuelle à Barcelone, il ne paraît pas très surprenant ou choquant que les Mossos jouissent d’un niveau d’intégration sociale qui leur permet de prendre des cours de professionnalisation dans des écoles supposément “civiles” où on enseigne les langues, l’informatique, etc. Le niveau de contrôle social se base sur cette acceptation et ignorance d’une grande partie de la société, où les Mossos peuvent exercer leur pratique de surveillance, de répression et de persécution terrifiante, pratiquement sans aucune résistance adéquate. A bas la société de contrôle et de surveillance ! A bas les murs des prisons et les concepts de châtiment et de discipline ! »

• 23 février 2006 : «A Barcelone, le Bras Armé des Architectes sans Frontières installe un nouveau système de ventilation dans une agence de la banque BBVA : ses vitrines sont défoncées» en solidarité avec les rebelles arrêtés en septembre 2003 et 9 février 2006. Dans le quartier de Gracia, 14 autres distributeurs de billets sont en outre sabotés en solidarité avec Rubén et Ignasi.

• 22 février 2006 : En Andalousie, un siège d’UPS se prend deux molotovs à travers une vitre en solidarité avec «les compagnons anarchistes de Barcelone Rubén et Ignasi, les compagnons de l’ELF-ALF des Etats-Unis (William Rogers qui n’est plus parmi nous) et tous les animaux exploités comme machines ou objets dans les prisons assassines».

• 20 février 2006 : « Le 20 février dernier aux premières heures de la matinée, un dispositif explosif à base d’essence et d’ether a été placé contre une station-relais de réception de signal satellitaire touchant la population barcelonaise du quartier Molins de Rey, détruisant l’endroit. Cette action a été faite en solidarité avec les prisonniers anarchistes Ignasi et Ruben, incarcérés comme têtes de turc et dont l’unique “délit” est de lutter pour la liberté. Mossos qui nous traitez comme de la merde, sachez que sans justice pas de paix. Vos barreaux ne calmeront pas notre cri de liberté».


[Extrait de "Cette Semaine" n°89, juin 2006, pp.30-31]