PrisonnierEs du pouvoir

Je pense que toutes les prisonnières et les prisonniers du monde sont à la fois produits et otages du pouvoir. La force, l’autorité, la brutalité, les assassinats, les génocides, l’oppression, l’esclavage, l’exploitation, la destruction, la torture, les mauvais traitements, l’acharnement, le racisme, le viol, l’argent et les abus sont autant d’exemples de prises de pouvoir. Ce pouvoir peut se parer de vérité absolue, de religion, de démocratie ou prendre d’autres formes autoritaires pour continuer à exister et à régner sur nos vies.

Toute forme de pouvoir est ennemie de la solidarité et de la liberté et, pour cette raison, notre ennemi. Un ennemi qu’il faut combattre à tous les niveaux jusqu’à ce qu’il disparaisse, car il nous tient tous et toutes prisonniers ou prisonnières, et détruit l’humanité comme la planète.

Les prisons sont des camps de concentration, d’exploitation et d’extermination du pouvoir. Elles font partie de ses espaces les plus cruels, car l’isolement, la torture, les mauvais traitements et les assassinats sont leurs fondements mêmes. Les prisons sont aussi les pires espaces pour lutter contre le pouvoir. La lutte principale des prisonnierEs consiste à se battre pour le respect de leur dignité d’être humain car la prison t’annihile en tant que personne et t’ôte jusqu’à l’envie de vivre.

La lutte en prison est donc très difficile mais je pense aussi nécessaire, car elle te donne des forces pour survivre ou au moins pour mourir en luttant contre le pouvoir et en défendant solidarité et liberté. Je suis contre les prisons, parce que je suis contre toutes les formes de pouvoir.

Solidarité et liberté pour toutes les prisonnières et prisonniers du monde. A bas les murs physiques et mentalement intégrés.

Une accolade révolutionnaire.

Laudelino Iglesias Martinez, décembre 2005


[Extrait de "Cette Semaine" n°89, juin 2006, p.29]