Chronologie des actions menées
contre Minatec et son monde


Cette recension peut vous donner une petit idée de ce qui s’est passé sur place. Les mass média ont à peine évoqué l’inauguration foirée de Minatec à Grenoble.

Sur ces quelques jours qui ont rassemblé plusieurs centaines de personnes de toute la France et d’ailleurs, on ne compte pas les très nombreux tags et graffitis ont été effectués en ville, ainsi que de nombreux collages d’affiches. Plusieurs chercheurs, industriels et autres décideurs ont été «attaqués» par des jets d’oeufs ou autres produits alimentaires ou ménagers peu agréables (huile, eau de javel, etc.). Plusieurs panneaux de l’autoroute A48 ont été saccagés ou détournés (et des tags effectués) entre Bourgoin-Jallieu et Grenoble.

Lundi 29 mai

Action au musée de Grenoble / pot d’accueil (une soixantaine de personnes s’invitent au musée, prenant de vitesse les vigiles ; des graffitis hostiles à Minatec sont inscrits sur des murs du musée). Des chercheurs sont «désorientés», envoyés loin du musée de Grenoble, d’autres sont canardés d’oeufs lors de leur arrivée.

Mardi 30 mai

Occupation du Conseil Général de l’Isère (pendant plus d’une heure, une soixantaine de personnes occupent le Conseil Général et y investissent bureaux et photocopieuses). Quelques infokiosques mobiles déambulent en ville. Le gala Minatec au chateau de Saint-Jean-de-Chépy est retardé (un car rempli de chercheurs et autres collabos de Minatec est bloqué un moment sur la route par une barricade enflammée ; les pompiers doivent intervenir...). Autoréduction dans un hôtel Mercure (nourriture et boissons sont subtilisées par un groupe de personnes).

Mercredi 31 mai

Une soixantaine de personnes réussissent à l’étonnement de tou-te-s et d’eux-elles-mêmes en premier à investir les locaux de Minatec. Illes perturbent la conférence qui y a lieu, celle-ci est terminée en toute hâte. Des ordinateurs prennent l’eau et des chercheurs, investisseurs, industriels, politiciens reçoivent une bonne trentaine d’oeufs. Des brochures publicitaires de Minatec sont déchirées. Dès lors, la police est postée nuit et jour devant Minatec.

Nuit du 31 au 1er juin

Un énorme «CEA, basta !» est peint sur les hauteurs de la Bastille.

Jeudi 1er juin

Le matin, saccage et casse d’ordinateurs chez Eolas («Société de conseil et d’ingénierie, spécialiste de l’Internet»), 8 rue Voltaire à Grenoble. Les voisins du 6 (webzine consacré aux RFID) sont épargnés... Manif contre Minatec et son monde (banderole de tête «Fermez Minatec»). Des distributeurs de billets couverts de peinture et/ou cassés, des panneaux de pubs cassés, deux agences bancaires (BNP-Paribas au début du cours Berriat et une autre place Doyen Gosse) ont leurs vitrines cassées. Quelques flics en civil sont virés de la manif. Les flics chargent en plusieurs endroits, notamment avenue Alsace-Lorraine ou une barricade est érigée, des voitures esquintées. Plus tard, place Saint-Bruno, une manifestante (Clémentine) a un bout de la joue arrachée par un éclat de grenade à fragmentations. Elle passera en procès le 10 janvier 2007.

Nuit du 1er au 2 juin

Un commissariat de quartier au centre-ville a sa vitrine brisée, avec une spéciale dédicace à Clémentine. L’agence du fabricant de systèmes de fixation (par RFID ou nanocomposites) pour l’automobile A.Raymond est recouverte de peinture rouge et d’un tag contre l’industrie cybernétique. Une agence d’interim a sa vitrine brisée. La vitrine de M6-Grenoble est brisée. Autour de la mairie de Grenoble, des voitures de fonction de la ville de Grenoble sont brûlées (d’après le Dauphiné Libéré, plusieurs n’ont pas pris feu).

Vendredi 2 juin

Etat de siège dans Grenoble : les flics sont partout dans la ville et contrôlent sans arrêt tout groupe de plus de trois personnes avec un sac à dos. Un large périmètre autour de Minatec est bloqué par des barrières anti-émeutes en plexiglas et des cordons de flics.

Trois armoires électriques sont sabotées sur la ligne SNCF Grenoble-Chambéry, provoquant de nombreux retards. Vers 7h30, expulsion (par environ 200 flics) du campement anti-Minatec installé sur le campus universitaire. Vers 8h30, deux personnes qui s’étaient installées sur le toit d’un immeuble faisant face à Minatec sont appréhendées par la police. Leur projet était d’y dérouler une banderole verticale lors de l’inauguration. Pendant toute la matinée, la Bifurk (centre de convergence d’OGN) est cernée par la police, qui multiplie les contrôles d’identité dans tout le quartier. Vers 10h, le trafic des lignes A et B du tramway est perturbé par des manifestant-e-s anti-Minatec. Une demi-douzaine de personnes réussissent discrètement à differ des tracts hostiles aux nanotechnologies juste devant Minatec, pendant l’inauguration.

Dans l’après-midi, perturbation de la conférence de presse des Verts, non loin de Minatec. Perquisition par la police de l’appartement de deux membres d’OGN (qui passent huit heures en garde-à-vue). Samuel et Lucas passent en procès le 14 juin à 14h à Grenoble pour “participation à un attroupement après les sommations” et “refus de prélèvement ADN”.

Nuit du 2 au 3 juin

Le commissariat de Fontaine est tagué : «Pour chaque camarade touché, un commissariat attaqué». Quelques jours plus tard, apparaissent sur la pelouse du parc Mistral, face à la Mairie, deux énormes inscriptions : «Rasons Minatec !» et «Emeute !», avec un A cerclé.

(indymedia, 10 juin 2006)

voir aussi http://ogn.ouvaton.org


[Extrait de "Cette Semaine" n°89, juin 2006, pp.24-25]