Nouvelles de la guerre sociale


• 2 juin, Grigny

(presse) : Dans la nuit de vendredi à samedi 3 juin, une trentaine de jeunes, visages masqués, ont jeté des pierres et des cocktails molotov en direction de policiers dans le quartier de la Grande-Borne à Grigny (Essonne). Deux véhicules des policiers, qui ont répliqué à coups de flash-balls ont été dégradés. Un bus a également eu une vitre brisée. Il n’y a pas eu d’interpellations et les brefs affrontements n’ont pas faits de blessés.

• 30-31 mai, Montfermeil/Clichy-sous-Bois

(presse) : Plusieurs opérations de police se sont déroulées lundi dans le quartier des Bosquets de Montfermeil. Lors d’une perquisition conduite en fin d’après midi par le commissariat de Gagny au domicile d’un jeune homme de la cité, les policiers ont dû appeler des renforts. En quittant l’appartement, ils se sont trouvés face à une trentaine de personnes et de premiers affrontements ont eu lieu.

Les incidents ont ensuite repris dans la soirée, vers 22 h 30, à Montfermeil et à Clichy, commune limitrophe, d’où étaient parties les émeutes urbaines du mois de novembre 2005.

Selon la police, quelque 150 jeunes ont érigé des barricades dans le quartier voisin du Chêne-Pointu et ont incendié des containers et des voitures. Cagoulés, armés de battes de base-ball, ils ont affronté les forces de l’ordre durant quatre heures. Quelque 250 policiers ont été mobilisés, qui ont répliqué par plus de 70 tirs de flash-ball. L’hôtel de ville de Montfermeil a été visé, l’entrée vitrée du bâtiment étant brisée. Deux cocktails Molotov ont été lancés vers les fenêtres de la mairie, et un bâtiment municipal situé à proximité a été partiellement endommagé par un incendie. Le calme est revenu aux alentours de 2h30, mardi. Selon la préfecture, sept policiers ont été blessés.

Le maire (UMP) de Montfermeil, Xavier Lemoine, précise qu’une partie des émeutiers se sont rendus devant son domicile, situé dans le quartier pavillonnaire bordant la cité des Bosquets. “Une centaine de jeunes cagoulés ont caillassé mon domicile en hurlant “le maire fils de pute”, a affirmé, mardi, M. Lemoine. Les affrontements ont eu lieu à 50 mètres de mon domicile.”

Seconde nuit d’émeute

La violence ne s’est pas apaisée dans la nuit de mardi à mercredi. Lors d’accrochages qui ont duré jusqu’à 2 h 30, treize voitures ont été incendiées à Montfermeil et à Clichy-sous-Bois. Dans le quartier des Bosquets, une voiture de patrouille a été prise en embuscade au pied de la tour Utrillo avant d’être incendiée. Deux policiers, affectés au commissariat de Gagny, ont été blessés par des projectiles quand ils en sont sortis. Un troisième, dont l’uniforme a pris feu, a été hospitalisé pour de graves brûlures à une jambe. Dans le même temps, quatre autres policiers, dont deux CRS, ont été touchés par des pierres.

Treize personnes ont été interpellées, trois placées en garde à vue. Vendredi 2 juin devant le tribunal de Bobigny, Amadou, 20 ans et casier vierge, se prend 30 mois de prison, dont 15 avec sursis, accusé d’avoir voulu écraser un flic avec sa fourgonnette. Mounir, 26 ans, se prend 4 mois ferme, accusé d’avoir jeté une pierre. Quant à Muhittin, 18 ans, un des deux rescapés du transformateur de Clichy le 27 octobre 2005, il sera convoqué en août, accusé d’avoir dégradé une voiture de police.

• 28 mai, Vaulx-en-Velin

(presse) : Des incidents opposant vendredi soir des jeunes aux forces de l’ordre ont fait sept blessés légers chez les policiers. Les policiers, intervenant pour appréhender deux motards, ont été pris à partie par un groupe d’une cinquantaine de jeunes.

Trois d’entre eux ont été légèrement blessés par des jets de pierre et quatre CRS ont reçu des plombs tirés par des armes à feu.

Au cours des affrontements, qui se déroulaient dans un quartier sensible de Vaulx-en-Velin (banlieue de Lyon), les policiers ont du faire usage de leur arme de service à une reprise pour abattre un chien avec lequel son maître menaçait les policiers, a déclaré le commissaire divisionnaire du secteur Est de Lyon. Les deux voleurs à moto, ont profité des incidents pour s’enfuir. Les policiers ont procédé à deux interpellations.

Un peu plus tard, une compagnie de CRS a été déployée dans le quartier et celle-ci a été prise pour cible par un tireur. Durant ces échauffourées qui ont duré plusieurs heures, trois voitures ont été brûlées alors que l’éclairage public du quartier était en panne.

• 12 mai, Montbéliard

(presse) : Deux engins incendiaires de fabrication artisanale ont provoqué un incendie qui a entièrement détruit l’un des bureaux du tribunal d’instance, hier matin à Montbéliard.

Peu après 7 h, hier matin, une employée qui venait prendre son service à la cité judiciaire de Montbéliard dans le quartier de la Petite-Hollande, a remarqué un fort dégagement de fumée en provenance du bureau du service des injonctions à payer, qui fait partie du tribunal d’instance situé au rez-de-chaussée, à l’arrière du bâtiment. Le sinistre a entièrement détruit la petite pièce. Les dégâts mobiliers sont importants mais la plupart des dossiers, qui étaient rangés dans des armoires métalliques ont été épargnés. Le feu a été provoqué par le jet de deux cocktails Molotov lancés à travers une fenêtre dont le vitrage renforcé a été brisé au moyen d’un premier projectile.

• 10 mai, Paris

(presse) : Ce week-end, une nouvelle permanence politique a été dégradée à Paris. La cinquième en un peu plus d’un mois. La vitrine de la permanence PS du 2e arrondissement a subi une dizaine d’impacts, dans la nuit de dimanche à lundi. A la mi-avril, c’est la permanence socialiste du 3e qui avait été visée à deux reprises. Un peu plus tôt, ce sont les locaux de l’UMP des 9e et 11e arrondissements qui avaient également été la cible de casseurs. On était à l’époque en pleines manifs anti-CPE. Les manifestations ont cessé, mais les dégradations se poursuivent.

• 3 mai, Pierrefitte

(presse) : Une voiture volée a été lancée contre le portail du collège Pablo Neruda de Pierrefitte (Seine-Saint-Denis) puis brûlée mardi soir par des individus qui ont aussi jeté des cocktails Molotov dans l’établissement, a-t-on appris mercredi de source policière. Aucune interpellation n’a pu être effectuée. Des cocktails Molotov avaient déjà été lancés en pleine nuit contre le collège, il y a une semaine, selon la police.

• 2 mai, Nevers

(presse) : Peu après 2 heures dans la nuit de samedi à dimanche, quinze à vingt jeunes de la cité des Grandes-Pâtures à Nevers s’étaient vu refuser l’entrée de la discothèque de Garchizy (Nièvre). S’est alors ensuivie une violente rixe avec les agents de sécurité, au cours de laquelle plusieurs jeunes du groupe s’en sont pris aux murs de la discothèque avec des barres de fer et une masse. Un des trois employés de l’établissement a tiré sur le groupe, blessant trois jeunes d’origine turque. Le jeune homme atteint à la tête par les plombs de la décharge a subi une intervention chirurgicale. Son pronostic vital est réservé. Ses deux camarades n’ont été que légèrement blessés.

De nouveaux affrontements se sont produits dans la nuit de lundi à mardi, dans les quartiers de la Grande-Pâture et des Courlis, à Nevers, ont indiqué la préfecture et les pompiers. Un garage automobile a été fortement endommagé par des cocktails molotov, et une pharmacie, une agence d’EDF, un centre social, la cuisine centrale de Nevers ainsi qu’un office HLM ont été touchés par des feux. Huit voitures et une camionnette ont été incendiées, ainsi qu’une vingtaine de poubelles. Les pompiers et les forces de l’ordre ont essuyé des jets de pierre. Il n’y a pas eu de blessé. Trois personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.

• 2 mai, Strasbourg

(presse) : Un commissariat de police de Lingolsheim (Bas-Rhin), dans la banlieue de Strasbourg, a été ravagé par un incendie d’origine criminelle dans la nuit de lundi à mardi, apprend-on auprès de la préfecture.

Le sinistre n’a pas fait de victime, le bureau de police n’étant occupé qu’en cours de journée. Le ou les incendiaires ont découpé la grille d’une lucarne et brisé une vitre pour lancer un cocktail Molotov dans les toilettes du bâtiment. Les faits ont eu lieu vers 23h00.

• 3 avril, Paris

(indymedia) : L’ANPE Javelot-Tolbiac, sur la dalle des Olympiades dans le 13e, en face de la fac de tolbiac, jouxtant les locaux de Paris VII, a brûlé dans la nuit de dimanche à lundi. ça c’est passé vers 4h du matin, d’après les ouvriers qui avaient du mal à se mettre au déblayage des détritus qui jonchaient le sol.

• 30 mars, Montreuil

(indymedia) : Dans la nuit du mercredi 29 au jeudi 30 mars, l’ANPE située rue de Beaune à Montreuil (Seine-Saint-Denis) a été incendiée. Selon un journal local paru le lendemain, les dégâts sont importants, deux salles ont été entièrement détruites et il faudra quatre semaines à l’agence pour retrouver un fonctionnement normal.

• 26 mars, Lavaur

(La dépêche du Tarn) : Hier soir la cité Jacquemart était en fête. Le carnaval de Lavaur battait son plein quand soudain tout a dérapé. Prémonition : un autocar du défilé affichait clairement la couleur : “prochain arrêt : prison pour enfants”. Vers 20 heures, une centaine de personnes ont furtivement quitté le défilé pour se diriger vers le futur établissement. Arrivés sur place ils ont, à coups de pierres et de tout ce qui se trouvait à portée de leurs mains, brisé des vitres, saccagé les bâtiments préfabriqués occasionnant des dégâts importants. Un engin de chantier a également été mis à mal alors que les véhicules de la gendarmerie et de la police municipale ont été taggés. Dès que les faits ont été connus, d’importants renforts de police et de gendarmerie ont été dépêchés sur place.

L’opération coup de poing accomplie, les “carnavaliers” se sont évaporés dans la foule. Il n’y a pas eu d’interpellation.

• 3 mars, Nantes

(indymedia) : « Dans la nuit du 2 au 3 mars, les locaux de la direction départementale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) a Nantes, situés rue de Courson, ont été multiplement cadenassés, fermés et repeints de slogans. Cette action vise à rappeler la participation active de cette administration au fonctionnement des futurs Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs, notamment à Orvault et plus généralement à démasquer les différents acteurs de l’enferment.

Les oies sauvages »

• 1er mars, St Herblain

(presse) : Une des antennes de l’ANPE de Saint-Herblain (Loire-Atlantique) a subi d’importantes dégradations dans la nuit de mardi à mercredi, a-t-on appris de source judiciaire. Deux vitres de l’agence ont été violemment enfoncées sans que le ou les auteurs réussissent à les briser. Quatre cocktails Molotov ont ensuite été jetés sur ces vitres, a expliqué mercredi Stephan Autin, le procureur de Nantes. Le feu n’a pas réussi à pénétrer à l’intérieur de l’agence. C’est la sixième antenne de l’ANPE qui est touchée par des incendies depuis novembre 2005. Cinq ont entièrement brûlé.


[Extrait de "Cette Semaine" n°89, juin 2006, pp.24-25]