Brèves du désordre espagnoles



• 31 octobre 2006 : Le siège du Groupe Socialiste de Leganés (Madrid) a été attaqué par un ou plusieurs inconnus. Les vitres du local ont été brisées à coups de pierres, la serrure de la porte forcée et les murs tagués. Un message écrit a également été laissé sur place : outre le A cerclé anarchiste, on peut y lire des slogans exigeant plus de logements pour les jeunes. Le candidat socialiste à la Mairie, Rafael Gomez Montoya, accouru pour constater les dégâts, a condamné «énergiquement» cet «acte de vandalisme». Il s’agit de la troisième attaque de l’année contre des sièges socialistes de la région. Celui de Carabanchel avait été endommagé le 11 juillet dernier par 3 engins explosifs et des cocktails molotov avaient été lancés, le 6 avril, contre le siège régional du PS madrilène, situé dans le quartier de San Blas.

• 4 novembre 2006 : Le siège du Groupe Izquierda Unida de Leganés (Madrid) attaqué à son tour. Des inconnus sont entrés en forçant la porte d’entrée, avant de dérober trois ordinateurs, un graveur de Dvd, un vidéo-projecteur, une imprimante, un système de mégaphone et un frigo. Ils n’ont pas oublié de détruire le matériel de propagande pour les prochaines élections municipales et de laisser des messages insultants contre Raúl Calle, le candidat à la mairie.

• 9 novembre 2006 : Sabotage du chantier de piétonisation des quartiers de Cabanyal et Canyamelar à Valence.

Dans différentes rues des deux quartiers en travaux conformément au nouveau plan d’aménagement, 24 machines ont été endommagées : il y a eu 71 pneus crevés et du sucre dans deux réservoirs d’essence. Les travaux en ont été considérablement retardés le lendemain et cela aurait causé près de 5000 euros de dégâts. La même nuit, on a vu apparaître sur les murs de diverses rues des “ A ” cerclés et des tags exigeant la libération des prisonniers. Ce n’est pas la première fois, qu’il se passe quelque chose de ce genre dans le quartier portuaire (Maritimo). Il y a des années, lors de la construction de nouveaux logements, des machines avaient également été sabotées.

• 24 octobre 2006 : A Séville, une agence immobilière ferme dans le quartier de San Luis après avoir été attaquée pour la neuvième fois en six mois.

L’agence immobilière Gesinlla SL ferme sa succursale située dans le quartier de San Luis à Séville à cause des attaques continuelles qu’elle a subies depuis son ouverture au mois de mai. Ces attaques ont, à plusieurs reprises, brisé ses enseignes et ses vitrines et elle a été aussi recouverte de slogans tels que “Dégagez du quartier, spéculateurs !” ou “Nous ne voulons pas d’agence immobilière ici !”. Ainsi le quartier de San Luis/Alameda compte-t-il aujourd’hui une agence immobilière de moins. Ce matin, le jour s’est levé sur une pancarte annonçant A VENDRE sur le local. Les différentes attaques les ont dissuadés de refaire leur façade une neuvième fois.

Ce quartier de San Luis est l’un des plus dévasté par la spéculation immobilière. C’est un vieux quartier ouvrier de l’ensemble historique de Séville, rénové depuis les années 90, ce qui a donné lieu à une déferlante d’expulsions d’anciens locataires ainsi qu’à la démolition de patios communs et d’habitations traditionnelles.


[Extrait de "Cette Semaine" n°91, décembre 2006, p.18]