La répression continue, les descentes et les arrestations aussi


• Le coup dur porté à l’arsenal répressif de Velasco, avec la libération des «six de la Mansión», ne semble pas l’avoir découragé dans sa lutte contre les mouvement sociaux puisque, selon lui, la politique du gouvernement ne changera en rien. Bien que la presse se taise, nous savons que les forces de police continuent à faire des descentes dans des maisons et à arrêter arbitrairement des personnes, dans divers quartiers de la capitale.

Le même 6 octobre 2006, c’est Gustavo Fuentes Aliaga (un jeune homme de 26 ans) qui a été arrêté par la police, accusé d’avoir lancé deux molotovs contre la porte du Cimetière Général et sur un canon à eau, lors de la manifestation du 10 septembre dernier. Les “preuves irréfutables” ? “Des vêtements trouvés chez lui”... D’autre part, au moins 3 personnes seraient aux mains de l’appareil répressif pour leur participation supposée à des groupes “anti-système”. Evidemment, les policiers en civils multiplient les infiltrations des organisations sociales, de même que les “primes” à la délation sous couvert de “mieux contrôler le trafic de drogue”.

• Le 9 octobre 2006, dans la commune d’Independencia, la brigade OS-9 des carabiniers a arrêté Jorge Lizama Sazo pour avoir participé aux débordements qui ont eu lieu lors de la manifestation du 10 septembre dernier dans la capitale.

Ce jeune homme âgé de 18 ans est accusé de destructions dans le local de restauration rapide Burger King, en plein centre de Santiago et aurait en outre été désigné par des participants à la marche comme étant l’auteur de l’attaque incendiaire sur le Palais de la Moneda le même jour.

Selon les carabiniers, Lozama aurait “reconnu” sa participation aux affrontements avec la police aux abords du Cimetière Général et tout au long de la manifestation de commémoration du coup d’Etat de 1973.

Il a été arrêté à son domicile, après avoir été reconnu sur des images de la télévision ou des photos prises par des journalistes qui couvraient la manif. Bien que son visage soit masqué, certaines personnes ont reconnu un sweat-shirt d’Iron Maiden qui lui appartiendrait.

Au cours de quatre perquisitions effectuées dans la région métropolitaine, les vêtements de quatre autres personnes identifiées comme faisant partie des protagonistes des incidents les plus graves durant la manif, ont été saisis. Il s’agit de Rodrigo Camargo, de Jorge Alegria (jeune antifa déjà entendu après s’être fait tabasser par un groupe de néo-nazis), de Natalia Herrera Neira et de Tomas Vergara Allende. Il n’y a rien contre eux, mais la police continue d’enquêter, de même qu’elle mène l’enquête sur le collectif anarchiste Corriente Revolucionaria Anarquista (Courant révolutionnaire anarchiste).

• Le tribunal de Iquique a prononcé aujourd’hui 7 novembre 2006 des peines de deux ans et un jour et deux ans de prison à l’encontre de deux lycéens, arrêtés en possession de cocktails molotov lors d’une des nombreuses manifestations d’élèves, du 10 mai dernier.

Les deux jeunes, âgés de 18 ans, Emanuel Rodriguez Sepulveda et Peter Mondaca Cardenas avaient été fouillés au cours d’un contrôle d’identité. Dans l’un des sacs à dos avaient été trouvées des bouteilles en verre et des mèches, tandis que l’autre contenait des bouteilles en plastique pleines d’essence.

Pendant le procès, le procureur a requis des peines effectives de prison, “eut égard à la gravité de l’infraction commise contre la Loi de Contrôle des Armes et Explosifs et au danger qu’ils représentent pour la société”. Cependant les deux jeunes ont obtenu la libération conditionnelle. C’est l’une des premières condamnations pour ce type de délits au Chili.

[Extrait de "Cette Semaine" n°91, décembre 2006, p.35]