Nouvelles de la guerre sociale


• 18 septembre, Toulouse
(presse) Sept hommes originaires des pays de l’Est se sont évadés lundi soir du centre de rétention administrative de Cornebarrieu, près de Toulouse, où ils séjournaient avant une éventuelle reconduite à la frontière. Deux de ces sans-papiers ont été repris quelques heures plus tard. Les évadés ont profité d’une défaillance du matériel de surveillance et du système de sécurité pour s’échapper du centre de rétention qui dispose d’un réseau de caméras et d’une salle de surveillance dotée de 48 écrans de contrôle, a-t-on indiqué de source syndicale. 70 agents sont chargés de faire fonctionner le centre de rétention administrative de Cornebarrieu, un bâtiment de 4.600 m2 implanté au bout des pistes (nord-ouest) de l’aéroport de Toulouse-Blagnac et inauguré fin juin.

• 19 septembre, Corbeil-Essonnes
(presse) Deux CRS ont été blessés sérieusement alors qu’ils patrouillaient à bord d’un véhicule banalisé mardi vers 22h dans la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes. Le véhicule banalisé, à bord duquel les deux CRS patrouillaient, a été la cible de jets de projectiles. Le chef de bord, un capitaine adjoint de la CRS n°3 de Quincy-sous-Sénart (Essonne), est alors sorti du véhicule et a été “violemment assailli par une vingtaine d’individus”. “Le conducteur s’est précipité pour lui porter secours. Ils ont été roués de coups au visage et sur toutes les parties du corps, alors qu’ils se trouvaient au sol”, précise la préfecture. Le chef de bord “a subi un traumatisme crânien et facial important, des contusions aux membres supérieurs et inférieurs et deux dents cassées.” Il a été transféré à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris au service maxilo-facial pour une intervention chirurgicale. Le conducteur du véhicule souffre “d’un traumatisme facial, de contusions aux côtes et l’arcade sourcilière a été ouverte”. “Il n’a pas été hospitalisé et une ITT de 15 jours lui a été prescrite”, toujours selon la préfecture. D’après les derniers éléments dont disposent les enquêteurs de la Sûreté départementale de l’Essonne, deux ou trois individus ont caillassé le véhicule des CRS. La trentaine d’individus qui ont ensuite surgi et ont violemment agressés les deux policiers n’étaient pas dissimulés dans des fourrés mais jouaient au football sur un terrain situé à proximité.

• 20 septembre, Haumont
(presse) Trois policiers ont été blessés, dont un sérieusement au bras, lors d’affrontements avec la famille et les voisins d’un automobiliste qui venait d’être interpellé à son domicile, dans le Nord, rapporte la police.

Une patrouille de police a pris en chasse mercredi soir vers minuit un automobiliste qui a refusé de s’arrêter à un contrôle à Aulnoye-Aymeries, près de Maubeuge. L’automobiliste a été identifié et une équipe de policiers de Maubeuge s’est rendue chez lui, à Hautmont, pour l’interpeller. L’homme a été menotté et au moment où les trois policiers tentaient de le faire entrer dans leur voiture, des membres de sa famille et des voisins s’en sont pris aux forces de l’ordre. Une trentaine de personnes ont entouré les policiers. L’un d’eux a été frappé à coups de barre de fer par le frère du conducteur interpellé. Les policiers se sont dégagés en utilisant du gaz lacrymogène et ont appelé des renforts. Le père et le frère de l’automobiliste ont été interpellés. Le conducteur, bien que menotté, s’est échappé. Un brigadier-chef de Maubeuge souffre d’une triple fracture au coude. Le responsable régional du syndicat Alliance Police, Jean-Claude Vanelslander, s’est dit “surpris d’une telle violence dans un quartier calme et de la part de personnes inconnues des services de police”.

• 29 septembre, Paris
(presse) Un policier du XIXe a été blessé à la tête hier en fin d’après-midi après un jet de projectile. Victime d’une plaie ouverte, il a été conduit à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière pour des soins. Ce fonctionnaire et son collègue procédaient au contrôle d’identité de deux hommes rue Archereau, près de la cité des Orgues-de-Flandres, quand un groupe d’une trentaine de personnes s’est interposé. Un des hommes contrôlés s’est alors saisi d’une pierre qu’il a jetée en direction du policier avant de prendre la fuite.

• 30 septembre, Paris
(presse) L’immeuble de la rue Greneta (IIe), qui abrite le siège national du syndicat de police Alliance, a été la cible d’une tentative d’incendie dans la nuit de vendredi à samedi. Peu après minuit, un container à ordures en feu a été projeté contre la porte du bâtiment. Cette poubelle aurait été dérobée dans une rue adjacente.

• 1er octobre, Paris
(presse) Le collège Elsa-Triolet à Paris (XIIIe) sera “partiellement fermé pendant une semaine” à la suite d’un incendie criminel survenu dans la nuit de samedi à dimanche, a annoncé dimanche soir la Mairie de Paris dans un communiqué. Selon cette source, le feu s’est déclaré dans le bureau des surveillants du collège, rue Yeo-Thomas (XIIIe), et atteint plusieurs locaux, “condamnant provisoirement l’accès des élèves à une partie de l’établissement”.

• 1er octobre, Mureaux
(presse) Sept policiers ont été légèrement blessés lors d’incidents avec des riverains, dimanche soir, dans le quartier sensible des Mureaux (Yvelines), apprend-on auprès du syndicat Synergie officiers. Une voiture de police a été dévalisée et brûlée, a-t-on ajouté de même source. Selon la version des policiers, les incidents ont débuté peu après 19h lorsqu’un automobiliste a refusé de se soumettre à un contrôle pour “foncer délibérément” sur l’une des deux voitures de police qui lui barraient la route.

“Commotionnés, les trois occupants du premier véhicule se sont réfugiés dans la seconde voiture de police car des riverains commençaient à les caillasser. Des dizaines de personnes se sont alors regroupées autour de la seconde voiture en criant “vous ne sortirez pas vivants” du véhicule”, a dit Patrick Trotignon. L’un des policiers aurait alors tiré une fois en l’air pour tenir la foule en respect tandis qu’une pierre lancée par un manifestant heurtait la bombe lacrymogène que l’un de ses collègues s’apprêtait à lancer. “Cette bombe a explosé avant d’être lancée, neutralisant plusieurs de nos collègues”, a rapporté le syndicaliste. La foule a ensuite dévalisé la première voiture de police abandonnée sur place, une 306 Peugeot, “s’emparant de flash-balls, armes tirant des balles en caoutchouc, et de munitions”, avant de la brûler, a-t-il dit.

Toutefois, selon des témoins interrogés sur place lundi matin par l’AFP, les jeunes n’étaient qu’une cinquantaine au plus. Des témoins ont assuré lundi avoir été révoltés par la brutalité avec laquelle, selon eux, les policiers ont arrêté le suspect. “Ils l’ont traîné direct hors de la voiture... Nous on est arrivés et on a dit : “C’est pas normal, allez-y mollo !” Après, il y a eu des jets de pierres, les policiers se sont sauvés et ils ont laissé la voiture”. Selon les témoins, six des sept policiers se sont enfuis et un est allé se réfugier dans une école maternelle voisine.

• 10 octobre, Chauconin-Neufmontiers
(presse) Un détenu s’est évadé hier matin de la maison d’arrêt de Chauconin-Neufmontiers (77), vraisemblablement en se cachant dans la cargaison d’une camionnette d’un fournisseur des ateliers de la prison. Christophe Bourgeton, 38 ans, était en détention provisoire depuis janvier 2004 et devait comparaître devant la Cour d’assises pour des braquages en récidive.

• 13 octobre, Epinay-sur-Seine
(presse) Un policier a été blessé dans la soirée de vendredi lors de l’agression d’une équipe de la brigade anti-criminalité (BAC) dans une cité d’Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Des équipes de la BAC se rendaient sur place vers 23 heures à la suite d’un appel signalant un vol à la roulotte. A leur arrivée, une des équipes « s’est trouvée bloquée par deux véhicules placés en travers de la route et par plus d’une trentaine d’individus, porteurs de barre de fer et d’armes de poing qui ont jeté des pierres sur le véhicule et utilisé à l’encontre des policiers du gaz lacrymogène». «Un policier a été blessé au visage (30 points de suture) et a alors fait usage de son arme administrative en tirant en l’air pour préserver son intégrité physique. Un second policier a fait usage d’un flash ball, mettant ainsi les agresseurs en fuite».

• 24 octobre, Lyon
(presse) Un policier a été violemment agressé place des Terreaux. L’agent en civil âgé de 24 ans allait prendre son service quand il a été passé à tabac par quatre individus. Lorsque le jeune homme a confirmé ses fonctions, ses agresseurs l’ont roué de coups. Il bénéficie de 15 jours d’ITT. C’est une patrouille du premier arrondissement qui a mis fin à cette attaque.

• 26 octobre, Toulouse
(presse) Dans la nuit, des pavés se sont inopinément présentés au commissariat de Bellefontaine... Deux gros blocs de béton, dont l’un de cinq kilos, se sont fracassés sur la porte vitrée du commissariat. Des vitres pourtant épaisses qui se sont étoilées pendant que d’autres projectiles étaient lancés sur le bâtiment. Une fois à l’extérieur, les fonctionnaires ont aperçu une quinzaine d’individus, le visage dissimulé sous des capuches, qui s’enfuyaient. Un garçon d’une vingtaine d’années a été interpellé. Jugé en comparution immédiate, le jeune homme de 21 ans était poursuivi pour «destruction de bien d’utilité publique», «violence et injures à fonctionnaire de police». Il a reconnu le jet de pavés mais a nié avoir donné deux coups de poing et insulté les policiers lors de son arrestation. Il a pris un an de prison ferme.

• 29 octobre, Sarcelles
(indymedia) La croix rouge collabore, nous ne pleurerons pas ses cendres.
“Incendie de l’ambulance de la Croix-Rouge de Sarcelles dans la nuit de samedi à dimanche. N’oublions pas que la croix rouge collabore entre autres aux expulsions, attaque les journaux militants comme cqfd, ferme ses centres de santé quand ils ne sont pas rentables et qu’elle est dirigée par l’ancien ministre de la santé... et ne nous étonnons pas qu’elle soit prise pour cible. Le véhicule stationné sur un parking fermé mis à la disposition de l’association par la mairie a été totalement détruit. Quand l’humanitaire est au service de la bourgeoisie, il finit par flamber.”

• 31 octobre, Clichy-sous-Bois
(presse) Un journaliste de France 2 a été hospitalisé mardi après avoir été agressé et “blessé assez sérieusement à la tête” lors d’un reportage à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), selon la chaîne publique. “Une équipe de reportage travaillait à Clichy-sous-Bois pour le journal. Le JRI (journaliste reporter d’images) a été agressé. Il a été blessé assez sérieusement à la tête et hospitalisé (...) Il n’a pas perdu connaissance, mais sa blessure à la tête est assez profonde”, a déclaré à l’AFP le directeur adjoint de l’information de France 2, Etienne Leenhardt, qui a précisé que sa caméra avait été volée.
Vendredi soir, selon deux témoins, un photographe d’une agence de presse s’est par ailleurs fait voler son appareil photo dans le quartier du Chêne pointu, à Clichy-sous-Bois, alors qu’il photographiait des voitures en feu.

• Fin octobre, les bus flambent
(presse)

—Le 22 octobre à Grigny, c’est un bus et trois voitures qui partent en fumée. Les incendies et affrontements, avec aussi des molotovs, se poursuivront plusieurs jours.

—Le 25 octobre à Nanterre, “Un bus de la RATP a été incendié vers 22h par une dizaine de personnes cagoulées. Les assaillants se sont divisés en deux groupes pour entrer par les portes arrière et avant du véhicule. Ils ont ensuite déversé un liquide inflammable auquel ils ont mis le feu, avant de prendre rapidement la fuite.”

—Le 25 octobre à Vénissieux, “Un car appartenant à une société privée, stationné rue des Martyrs, a été entièrement ravagé par les flammes. Pendant la nuit, les pompiers du Rhône ont dû intervenir pour d’autres incendies : un parking à Vénissieux et deux caves à Pierre Bénite et Villeurbanne. À Villefranche depuis deux jours les soldats du feu sont régulièrement appelés pour des incendies volontaires de poubelles ou de voitures dans les quartiers Belleroche et Troussier.”

—Le 25 octobre, “à la limite entre Bagnolet et Montreuil, une demi-douzaine d’assaillants encagoulés se sont emparés d’un autobus vers minuit et demi. Les agresseurs, dont cinq portant des armes de poing, ont pris d’assaut un bus, ont fait descendre les passagers et le chauffeur, l’ont dérobé puis l’ont fait brûler.”

—Le 25 octobre à Athis-Mons, “un bus a été attaqué par trois jeunes gens au visage à demi-dissimulé par des capuches. Ils ont ordonné aux passagers de descendre et ont jeté un cocktail-molotov à l’intérieur. Après leur fuite, le chauffeur a réussi à étouffer les flammes”.

—Le 27 octobre au Blanc-Mesnil, “à 18h15, devant la gare, deux individus cagoulés ont mis le feu à un car, après avoir fait descendre, sous la menace d’une arme, le conducteur et une quinzaine de passagers. Un bus de la RATP a été incendié dans la même ville vers 19h35.”

—Le 27 octobre à Reims, “tentative d’incendie de bus”.

—Le 28 octobre à Trappes, “un bus a été incendié après que ses occupants aient pu descendre.”

—Le 29 octobre à Lomme, “tentative d’incendie d’un bus. Six personnes sont montées à un arrêt puis se sont camouflées le visage à l’aide d’écharpes. Elles se sont dirigées vers l’arrière du véhicule, où elles ont aspergé des banquettes à l’aide d’un produit inflammable auquel elles ont mis le feu. Le chauffeur a pu éteindre le feu à l’aide d’un extincteur.” La veille, 25 véhicules EDF avaient cramé.

—Par ailleurs ces jours-ci, on relève outre le nombre plus élevé de voitures brûlées (avec au passage un camion ou un tractopelle à St Etienne), l’incendie du collège Erasme à Strasbourg le 27, celui d’un fourgon de gendarmes en contrôle d’identité à Noyon le même jour, et celui d’un collège privé à Tourcoing le 31. Des affrontements speeds ont notamment eu lieu à Grigny ou Montfermeil.

• 12 novembre, Longjumeau
(presse) L’agence ANPE de Longjumeau (Essonne) a été entièrement détruite dimanche matin par un incendie. Les pompiers, alertés vers 5h40, ont constaté à leur arrivée un incendie déjà bien avancé dans cette agence située en bordure de la Nationale 20, en périphérie de Longjumeau. Près 200m2 de locaux de l’ANPE ont été détruits.

• 12 novembre, Lyon
(presse) Un incendie criminel a ravagé, dans la nuit de samedi à dimanche, la sacristie de l’église Notre-Dame de la Sauvegarde à Lyon, dans le quartier sensible de la Duchère (IXe arrondissement). Les incendiaires se sont introduits par effraction dans le local, distant d’une quinzaine de mètres de l’église, et ont mis le feu au mobilier qui y était entreposé. La fumée s’est propagée à l’église qui a été légèrement noircie. Aucune inscription ou revendication n’a été retrouvée sur place, a-t-on précisé de même source.

• 12 novembre, Vienne
(presse) Deux écoles ont été incendiées dans la nuit de samedi 11 à dimanche 12 dans le quartier Malissol. Les flammes ont partiellement détruit une école primaire et une école maternelle, les feux ont pris à une vingtaine de minutes d’intervalle. La thèse de l’incendie criminel est privilégiée.

• 18 novembre, Roquetaillade
(presse) Dans la nuit de vendredi à samedi, une éolienne du parc de Roquetaillade (Aude) a été détruite par un incendie criminel. Un sabotage fermement condamné lundi par le Syndicat des Energies Renouvelables (Ser).

• 26 novembre, Bron
(presse) Dimanche à 5 h du matin, plusieurs individus sont entrés par effraction dans les locaux du groupe scolaire Jean-Lurçat avant d’y mettre le feu. Selon l’inspection académique, qui a condamné hier cet acte « scandaleux », l’école, dont une partie a été sérieusement endommagée, pourra rouvrir ses portes aujourd’hui.


[Extrait de "Cette Semaine" n°91, décembre 2006, pp.6-7]