Argentine :
Brèves du désordre


20 décembre, Buenos Aires : Cinq ans après les émeutes de 2001, des groupes et individualités anarchistes ainsi que d’autres manifestants détruisent plusieurs banques et commerces, et attaquent des flics dont cinq sont blessés.

27 décembre, Buenos Aires : Des proches et amis d’une jeune fille assassinée par balles en novembre attaquent un commissariat, incendient une voiture et détruisent un vahicule de police dans le quartier de Lanus. Ce sont près de 50 personnes qui sont entrées dans le commissariat, détruisant tous les meubles et le matériel, tandis que d’autres jeunes se déchaînaient au dehors.

5 janvier, Mar del Plata : toutes les vitres de la permanence du Frente Para la Victoria, de tendance kirchnérienne, sont détruites. Le local avait été inauguré il y a peu. La même nuit, un local de la chaîne de supermarchés Toledo, responsable de l’exploitation de centaines de travailleurs dans la ville, subit de gros dégâts. Les deux actions sont revendiquées par des anarchistes.

4 février, Buenos Aires : tard le soir, le consulat espagnol est repeint avec des slogans en solidarité avec les prisonniers du 4F de Barcelone (incarcérés depuis un an). La nuit même, un engin explosif est déposé à la Banca Nazionale del Lavoro, revendiquée en solidarité avec les prisonniers du 4F et tous les compagnons réprimés.

15 mars, Buenos Aires : manifestation devant l’Ambassade du Danemark en solidarité avec les 197 camarades encore incarcérés à Copenhague lors de l’expulsion du squat historique Ungdomshushet (1982).

24 mars, Buenos Aires : incendie du jardin et de la porte d’une Eglise dans le quartier d’Abasto, soulignant «la relation active de l’Eglise avec cette culture assassine, comme elle le fut en 1976 lors du coup d’Etat militaire». Action revendiquée par le Grupo de la Cólera.

12 avril, Buenos Aires : 10 flics blessés lors de la tentative d’expulsion d’un terrain occupé depuis des années par des familles, à Lanus (entre Villa Caraza et Villa Diamante). Les affrontements ont vu d’un côté les boucliers, les matraques et les flingues, de l’autre des molotovs et des barres de fer.

13 avril, Buenos Aires : Des inconnus ont balancé deux molotovs à Villa Mercedes contre la maison de la sénatrice Liliana Negre de Alonso (PJ) et de son mari, le Procureur d’Etat Mario Alonso.

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Mutineries argentines


15 février, La Rioja : plusieurs prisonniers de l’aile des mineurs (moins de 21 ans), commencent une révolte contre les mauvais traitements et réussissent à s’emparer de trois autres ailes, où se produisent de durs affrontements avec les matons (nombreux blessés de ce côté-là aussi). Les familles qui se rassemblent à l’extérieur sont dispersées à coups de lacrymogènes et balles en caoutchouc.

5 mars, Formosa : un groupe de 90 détenus du bâtiments des hommes se mutine, brûlant des couvertures et exigeant la présence du juge pour lui remettre leurs revendications. Le 3 janvier, 200 prisonniers s’étaient déjà mutinés pendant quatre heures, prenant des matons en otage et brûlant plusieurs cellules.

10 mars, La Plata : dans le commissariat n°11 (les grands commissariats servent aussi de prison face à la surpopulation), 14 détenus se mutinent et prennent des flics en otage. Ils réclament de meilleures conditions et un rapprochement familial.

19 mars, Corrientes : Les prisonniers de l’Unidad Penitenciaria n°1 se mutinent. On compte deux morts et un blessé grave lors de la répression. Une grève de la faim éclate la semaine suivante.

21 mars, Ushuaia : une mutinerie éclate dans la Préfecture de Police. Elle a duré de sept heures du soir à quatre heures du matin, les détenus brûlant des matelas et rompant les vitres. C’est le commando anti-mutineries et les pompiers volontaires qui y ont mis fin.

24 avril, Rio Gallegos : un groupe de détenus de l’Unité 6 de cette prison pénale s’est mutiné, brûlant des matelas et refusant d’accomplir leur travail. Ils réclament l’accélération des jugements et plus de visites.


[Traduit de l’espagnol. Tiré de Motin n°7, mars/avril 2007, pp.9-12]

[Extrait de "Cette Semaine" n°92, mai 2007, p.32]