Chili :
Attaques chiliennes


10 décembre 2006 — La mort de l’ex-dictateur chilien, le général Augusto Pinochet, décédé dimanche à 91 ans a été marquée par de violents incidents à Santiago et dans sa périphérie ainsi que dans d’autres villes du pays. A Santiago, les opposants au général sont descendus par milliers dans la rue pour célébrer la mort du dirigeant dont les funérailles sont prévues mardi à Santiago. Des incidents, qui ont duré jusqu’à l’aube, ont éclaté dans la soirée à proximité du palais présidentiel lorsque la police a voulu arrêter une colonne d’un millier de manifestants qui célébraient sa mort. Au moins six policiers ont été blessés et plusieurs personnes arrêtées. La police a utilisé des canons à eau et des grenades lacrymogènes tandis que les jeunes manifestants lançaient des bouteilles et des pierres sur les forces de l’ordre. Puis les violences ont gagné des quartiers périphériques de Santiago, où les manifestants ont incendié des barricades et à au moins trois véhicules, selon des sources policières, qui ont fait état de coups de feu. Des violences ont également été enregistrées dans une dizaine de villes du pays

21 décembre — Dans la nuit, le GOPE (Groupe d’opération de police spéciale) de carabiniers a détruit une bombe artisanale posée sur le fronton du Conseil de Défense d’Etat, situé dans le centre de Santiago. C’est vers une heure du matin, qu’un policier en faction dans le bâtiment a détecté la présence d’un engin explosif, consistant en une bonbonne de gaz de 5 kilos munie d’un système d’horlogerie. Le policier a immédiatement averti le GOPE qui a détruit l’engin. Action revendiquée ainsi :

« L’Etat opprime de tous côtés. Par sa force répressive, son système éducatif et d’enseignement, et principalement de par sa complicité avec le capital et les esclavagistes modernes qui, avec sa bénédiction, s’enrichissent en exploitant l’humain et en détruisant l’environnement.

Mais nous sommes beaucoup à nous être rendu compte de cette infamie et nous avons décidé de prendre part au jeu. Les attaquer sur tous les fronts en utilisant tous les moyens que nous avons à notre disposition. Comme l’a fait, il y a 92 ans, Antonio Román Román lorsqu’il vengea l’assassinat de centaines d’ouvriers et de leurs familles dans l’Ecole Santa Maria de Iquique en poignardant le colonel Silva Renard qui avait ordonné ce massacre.

Il y a dix jours seulement, un autre assassin laquais du capital est mort : le tyran fasciste Pinochet. Nous avons ri de sa mort, mais notre satisfaction aurait été plus grande s’il était mort de l’action d’un autre Antonio Roman Roman. Nous saluons ici la mémoire des rebelles assassinés et ceux qui survivent sans les miettes de l’Etat. L’Etat actuel est le même que celui qu’a dirigé Pinochet, les mêmes balles du même drapeau. On ne défend pas l’Etat, on le détruit. Nous attaquons le Conseil de Défense d’Etat en à partir de notre dégoût de l’oppression étatique, de ce Pouvoir qui ne change que de maîtres et de couleur. Nous dirigeons contre lui toute notre fureur offensive.

Pinochet, ce maudit Etat, c’est la misère qui te survit. Nous ferons la fête quand nous l’aurons détruit !

Pour l’insurrection généralisée, multiplier les groupes autonomes d’attaque !

Les prisonniers dehors !

Autonomie du Peuple Mapuche !

Vive l’Anarchie !

Tamayo Gavilan »

Ndt : Selon Osvaldo Bayer, dans son livre “Les Anarchistes expropriateurs” du Rio de la Plata, le groupe du nom de Tamayo Gavilán était composé d’anarchistes venus du Chili, qui expropriaient des banques, faisaient exploser des bombes et menaçaient les patrons.

26 décembre — Aux premières heures de l’aube, un groupe d’inconnus a lancé une attaque incendiaire qui a consumé deux engins forestiers à l’intérieur de la ferme Las Praderas, propriété de l’entreprise Mininco, à 40 kilomètres de la ville de Temuco. De plus furent incendiés 0,7 hectares de mètres cube de bois, pour un dégât estimé à 100 millions de pesos. Rappelons que ces gigantesques exploitations forestières chassent les gens de leur terre et appauvrissent les sols, ruinant les possibilités d’agriculture vivrière et donc d’autonomie.

14 février 2007 — Une bombe explose peu avant minuit devant le siège du Cantón de Reclutamiento [caserne militaire] de la commune de Providencia, détruisant sa porte d’entrée. Action revendiquée dans des tracts trouvés sur place par la Federación Revuelta 14F - Brigada Gaetano Bresci. Le texte précise notamment que «le Transantiago [nouveau système de transport de la capitale, voir ci-contre] signifie l’imposition d’un système qui provoque exclusion et soumission sociale.»

12 avril — Le siège du parti Juventud Socialista (JS), situé rue Tomás Andrews dans la commune de Providencia, a été attaqué par des inconnus qui ont lancé un engin incendiaire contre l’immeuble. La porte s’est consumée pendant de nombreuses minutes et sa façade a subi des dégâts. Action revendiquée ainsi :

« Ces flammes incendiaires sont une réponse immédiate à l’appui manifeste qu’a offert le parti socialiste à la brutale répression policière contre les jeunes anti-autoritaires, mardi dernier 29 mars, démontrant une fois encore que les policiers ne sont que des assassins à la solde de l’Etat, qui est à présent administré et dirigé par ce parti pourri.

Depuis les débuts de cette dictature “démocratique” et capitaliste, le rôle du parti socialiste a été de trahir, boycotter, incarcérer et assassiner les jeunes en lutte des années 90 et d’après, se convertissant en héritiers zélés de la dictature militaire.

Ces socialistes de parti sont ceux qui se vantent aujourd’hui de leur travail oppressif, précisant que leur action criminelle “n’a provoqué aucun mort” sous les gouvernements de coalition auxquels ils ont participé. Donnons-leur ici quelques noms, afin qu’ils surmontent leur amnésie : Cristian Castillo, Claudia López, Andrés Soto Pantoja, Alex Lemún, Ariel Antonioletti, Daniel Menco. Ce ne sont que quelques uns qui sont tombés sous leurs balles de lâches.

Nous lançons un appel à tous ceux qui résistent par un affrontement direct contre le capitalisme et ceux qui le protègent.

Un appel à continuer à amplifier et diversifier la lutte et la propagande pour détruire la société bourgeoise et parvenir à l’autodétermination de nos vies.

Cette nuit, un jeune est mort sous les balles de la police de la coalition. Il s’appelait Oscar Vásquez. A présent surgit l’opération de camouflage : accuser un quelconque autre jeune, occulter le terrorisme policier avec des déclarations, des expertises et des histoires mensongères dans la presse. Mais les flics et leurs maîtres payeront pour ce nouvel assassinat misérable. Pour chaque agression, action subversive.

Contre l’offensive étatique nommée Transantiago, nous brûlerons à nouveau le diego portales [?] et le Palais présidentiel de la Moneda (1). Ils ne nous arrêteront pas. Nous sommes partout. Mais pas avec le Congrès et les élections.

Nous ne nous contenterons jamais des miettes de l’Etat. Tous ceux qui participent ou souhaitent participer au festin de l’Etat sont nos ennemis déclarés. Contre eux, toute notre haine active.

La jeunesse insurgée en finira avec la jeunesse réformiste.


Fuerza Autónomas y Destructivas León Czolgosz »


Ndt

1. Le 10 septembre 2006 lors d’une grande manifestation commémorant le coup d’Etat de Pinochet de 1973, se produisent de nombreux affrontements, et un molotov parvient à pénétrer dans la Moneda, cramant une de ses salles.

[Extrait de "Cette Semaine" n°92, mai 2007, p.41]