Grèce :

Quelques brèves du désordre


30 avril : Deux inconnus ont attaqué dans la nuit de dimanche à lundi un poste de police de la banlieue d’Athènes en tirant des coups de feu et en lançant une grenade. Les attaquants, sur une moto de grosse cylindrée, ont attaqué à 1H20 locales le poste de Néa Ionia, au nord de la capitale. Ils ont tiré une quinzaine de balles de 9 mm qui ont atteint la façade du bâtiment avant de lancer en partant une grenade au milieu de la rue qui a endommagé des voitures.

Les balles sont du même type que celles de deux armes automatiques volées à Athènes, à la mi-avril et en décembre 2004, à deux gardes. Le mitraillage du poste de police intervient alors que le vivier anarchiste grec semble en ébullition, dans le sillage d’une agitation dans les prisons.

28 avril : Des hommes cagoulés ont lancé une nouvelle attaque hier après midi contre le commissariat du quartier d’Exarchia à Athènes. La façade du bâtiment a été endommagée, 9 voitures et 5 motos ont brûlé. Les policiers ont réagi en lançant des gaz lacrymogènes et des grenades à blanc. Auparavant le quartier général des MAT (Unités d’intervention) à Goudi avait été attaqué aux cocktails molotov.

A Thessalonique, peu avant minuit, 10 hommes cagoulés ont attaqué le commissariat de Sykeon avec des cocktails molotov et des pierres. Des voitures de police banalisées ont été endommagées.

27 avril : Plusieurs groupes ont lancé différentes attaques à Athènes, hier. Deux véhicules de l’ambassade uruguayenne ont été détruits à l’aide de bonbonnes de gaz dans le quartier de Nea Erithrea devant l’ambassade. Une succursale de la Banque Nationale de Grèce dans le quartier de Pangrati a aussi été attaquée, de même que les bureaux privés des ministres de la Justice et de la Culture, un bureau du PASOK (socialistes) et le commissariat de Zografou.

20 avril : Suite à la mort d’un immigré albanais dans un commissariat d’Athènes, 300 anarchistes ont participé à une manifestation de solidarité. Partis d’un quartier populaire de la ville, ils sont passés saluer la famille, avant d’aller attaquer le commissariat avec des pierres. Personne n’a été arrêté lors des affrontements avec la police anti-émeute qui ont suivi.

6 avril : Une voiture appartenant à l’ambassade de Chypre a été incendiée vendredi matin. Le véhicule, qui portait une plaque diplomatique, était garée dans la banlieue de Faliro Neo, près du port du Pyrée à Athènes.

16 mars : Plusieurs groupes, probablement anarchistes, ont attaqué cette nuit à Athènes différents bureaux du gouvernement et distributeurs automatiques.

Les incidents ont touché deux sièges locaux du parti au gouvernement, Nouvelle Démocratie, dans les quartiers de Zografou et Dafni. Les bureaux ont été incendiés avec des engins artisanaux lancés contre les fenêtres. Peu après, un bureau de la Sécurité Sociale et trois distributeurs de billets de la banque ATM ont été brûlés.

12 mars : Une douzaine de jeunes ont lancé des molotovs contre un commissariat près du centre d’Athènes lundi matin dans le quartier de Zografou, endommageant un véhicule et l’entrée du bâtiment. L’attaque s’est passée quelques heures avant la manifestation étudiante dans les rues d’Athènes.

11 mars : Une trentaine de jeunes anarchistes s’est affronté à la police anti-émeute dans le quartier central d’Athènes Exarchia dimanche matin, lançant des pierres et des molotovs contre une librairie dirigée par un des principaux membres du parti d’extrême-droite LAOS, Adonis Georgiadis. Deux policiers ont été blessés.

6 mars : De présumés anarchistes ont détruit trois caméras de vidéosurveillance du trafic routier en l’espace de dix minutes dans différentes partie d’Athènes, mardi, ainsi qu’un distributeur de billets. Des bouteilles pleines d’essence et de petites bonbonnes de gaz furent utilisées pour détruire le circuit des caméras lors des trois attaques. La police grecque est en attente d’une autorisation de la Cour pour utiliser ces caméras de surveillance du trafic contre la prévention du crime et des “délinquants violents” lors des manifestations. Ce même jour, une succursale de la Banque de Chypre fut endommagée par des bonbonnes de gaz dans le quartier de Vyronas à Athènes.

20 décembre : Au cours des dernières semaines, d’Athènes à Thessalonique, de nombreuses attaques se sont déroulées contre des banques et des postes de police en réponse à la brutalité de la répression policière et en solidarité avec les protestations de certains prisonniers.

Il y a quatre jours en particulier, un groupe d’anarchistes a assailli le poste de police de Papagou (Athènes), détruisant trois véhicules de patrouille et une moto. L’attaque a été organisée de façon à prendre la police par surprise. Après être arrivés dans les parages et avoir garé leurs motos non loin, un groupe de 10 à 15 personnes s’est approché à pied du poste. Plusieurs lacrymogènes ont d’abord été lancés à l’intérieur du bâtiment et dans la guérite attenante afin de créer la confusion, avant qu’une pluie de molotovs ne brûle les véhicules de la police. Le groupe est ensuite reparti sans arrestation.

Deux jours après, à Thessalonique comme à Athènes, les casernes de flics anti-émeutes ont été attaquées près des campus universitaires. A Thessalonique, il semble qu’une cinquantaine de molotovs aient été lancés.

Suite à ces événements, le ministre de l’Intérieur, Polydoras, a émis un communiqué dans lequel, en fait, il justifie et autorise la police la police à tirer à vue au cours de ces attaques. La réponse aux allégations du ministre ne s’est pas faite attendre. La nuit même à Athènes, huit banques ont été incendiées avec des bonbonnes de gaz et autre matériel inflammable. En deux occasions, les anarchistes ont sonné à la porte des habitations du coin pour prévenir les résidents de déplacer leurs voitures avant de mettre le feu aux banques.

[Ces infos sont toutes tirées de la presse et de ses agences]

[Extrait de "Cette Semaine" n°92, mai 2007, pp.26-27]