Grèce :

La prison est une barbarie !


Des prisonniers de toute la Grèce se rebellent depuis la matinée du lundi 23 avril, refusant la nourriture et de réintégrer leurs cellules, exigeant de meilleures conditions et une diminution des peines.

Les premiers à se mutiner furent les prisonniers de la taule de Malandrinos, suite au tabassage par des matons de Yiannis Dimitrakis (anarchiste incarcéré en préventive, accusé de braquage). La nouvelle de son tabassage s’est étendue aux autres bâtiments de la prison et à d’autres prisons, conduisant à une série de réactions.

Selon les détenus, les raisons ont à voir avec les conditions de détention, et plus particulièrement :

—surpeuplement en cellules

—mauvaises conditions de survie (par exemple absence d’eau chaude, de chauffage et bouffe infâme)

—peu de possibilités de communiquer avec les proches (heures de visite, téléphone)

—violences physiques et verbales des matons

—interdiction des journaux politiques (en particulier, des abonnés au périodique Babylonia se le voient confisquer)

Après Malandrinos, les révoltes se sont étendues aux prisons de Agios Stéfanos, de Patras et de Komotini, tandis que les prisonniers de Korydalos, Náfplio et Corfoue refusaient de remonter en cellule. A Nea Alikarnasos en Crète, Larisa et Trikala, ils ont occupé les étages, provoqué des incendies et passé la nuit sur le toit.

Les prisonniers ont formulé leurs demandes et n’ont pas cédé face à la répression.

Sans laisser aucun espace possible à une quelconque négociation, l’ordre fut donné de réprimer violemment les révoltes. Les forces des MAT (police anti-émeute) sont entrées avec leurs méthodes bien connues et, à force de lacrymogène, ont provoqué le transfert de nombreux prisonniers vers les hôpitaux carcéraux.

Le système social et économique actuel, constitué de violence et d’exploitation, donne jour au comportement “délinquant”, selon son modèle idéologique et politique d’organisation et de discipline. Du contrôle on passe à la répression et la justice, qui maintiennent la division de classe. Les individus délinquants, les insoumis et ceux qui luttent sont les premières victimes de l’autorité, qui impose le “consensus social” par le terrorisme étatique.

L’incarcération est le reflet de la capacité de l’autorité à définir les limites du comportement et les droits, il s’agit d’une élimination de tous ceux qui constituent une menace pour elle. La cellule, l’usine, l’école et l’asile psychiatrique sont le produit d’une même matrice. L’individu et ses résistances potentielles sont leur objectif.

L’incarcération est une barbarie !

Action directe pour une société sans prisons !

Assemblée de Thessalonique, 26 avril 2007

[Extrait de "Cette Semaine" n°92, mai 2007, p.21]