Nouvelles de la guerre sociale

• 8 décembre, Pau

(presse) Trois CRS ont été blessés vendredi en début de soirée à Pau (Pyrénées-Atlantiques). Touchés au genou, au tibia et au dos, les fonctionnaires ont bénéficié d’une interruption temporaire de travail de 10 et 8 jours. Les incidents sont survenus vendredi vers 21h20 alors que six CRS effectuaient un contrôle routier avenue de Buros, en lisière du quartier sensible de l’Ousse des Bois.Un groupe d’inconnus encagoulés et munis de battes de base-ball, de barres de fer et de projectiles divers (cailloux, morceaux de parpaing) ont fondu sur trois CRS placés sur la voie publique, leurs trois collègues étant restés dans le fourgon. Après s’être réfugiés dans un centre commercial proche, les fonctionnaires ont pu se dégager quand l’un d’entre eux a tiré plusieurs coups de feu en l’air.

• 9 décembre, Laval

(presse) Deux détenus de la maison d’arrêt de Laval (Mayenne) qui samedi avaient bénéficié d’une permission de sortie pour participer au Téléthon se sont fait la belle. Samedi matin, ils ont participé à l’installation du stand Téléthon à Laval. Et durant la journée, ils y ont vendu des gâteaux qu’ils avaient eux-mêmes confectionnés en prison. Peu après 17h, ils ont dérobé la voiture d’un animateur du stand pour s’enfuir.

• 10 décembre, Corbas

(presse) Des engins de chantier ont fait l’objet de tentatives d’incendie ce week-end. Les pneus des pelleteuses et camions-bennes ont résisté aux flammes. En revanche, la cabine d’un élévateur a été partie détruite. Au printemps 2009, la maison d’arrêt de Corbas pourra accueillir 690 détenus, principalement issus des prisons de Lyon.

• 14 décembre, Neuville-de-Poitou

(presse) Deux adolescents ont été mis en examen et laissés en liberté sous contrôle judiciaire après avoir incendié pour se venger le logement de fonction du principal de leur ancien collège à Neuville-de-Poitou (Vienne). Les deux jeunes garçons, âgés de 16 et 17 ans, ont été mis en examen pour «dégradation par une substance incendiaire» par le juge des enfants de Poitiers. Ils ont avoué avoir agi par vengeance contre le principal qui avait renvoyé l’un d’eux il y a quelques années.

• 20 décembre, Paris

(presse) Drôle de coïncidence. Après la permanence de l’UMP, vandalisée dans le XIIIe dans la nuit de mardi à mercredi, voilà la permanence du PS du IIIe qui est à son tour saccagée. Vitres brisées par le jet de deux pavés, devanture taguée, effigie de la candidate à la présidentielle manifestement visée par les vandales, les bureaux du PS rue Charlot, à hauteur du marché des Enfants-Rouges avaient, hier matin, l’allure d’un champ de bataille. Plus loin, rue de Poitou, des graffitis appellent à ne pas voter...

• 3 janvier, Vernon

(presse) Deux policiers qui procédaient à une interpellation ont été agressés par un groupe de jeunes à Vernon (Eure) et l’un d’eux a été grièvement blessé à la tête. Les deux fonctionnaires ont été hospitalisés, l’un pour une main cassée, l’autre pour un grave traumatisme crânien. Deux autres policiers municipaux, qui étaient également sur les lieux, ont été plus légèrement blessés. L’agression s’est déroulée mercredi peu après 15h dans un des quartiers sensibles de Vernon alors que les policiers tentaient d’interpeller un jeune suite à un vol de scooter. Un groupe de jeunes présents sur les lieux s’en est alors violemment pris aux fonctionnaires en leur jetant des pierres.

• 30 janvier, Lille

(presse) Vers 6 h 45, le poste de police de Lille-Sud a été incendié par deux malfaiteurs. Pour y parvenir, ils ont stationné une voiture Ford – immatriculée en Belgique – juste devant la porte du bâtiment avant d’y mettre le feu. Si aucun blessé n’est à déplorer, les bureaux ont été entièrement détruits, comme en témoigne la façade noircie de suie. Les dix-neuf policiers de Lille-Sud ont été réaffectés au commissariat central.

• 27 mars, Paris

(presse) L’interpellation par des gendarmes d’un usager du métro circulant sans billet a dégénéré mardi à la gare du Nord en affrontements entre jeunes et forces de l’ordre, qui ont duré plusieurs heures à partir de la fin de l’après-midi. Peu avant minuit, par une série de charges et à grand renfort de gaz lacrymogène, la police a fait évacuer la centaine de jeunes qui leur avait fait face, dans le sous-sol de la gare et dans la station de métro attenante, toute la fin d’après-midi et la soirée.

Le calme est revenu vers 1 heure du matin dans et autour de la gare du Nord quand les forces de l’ordre ont fini par disperser le dernier noyau de manifestants, qui ont joué pendant un temps au chat et à la souris avec elles dans les rues autour de la gare. Selon la préfecture de police, neuf personnes ont été interpellées, dont l’usager sans billet, un homme de 33 ans accusé d’avoir frappé les agents de la RATP qui l’avaient vu sauter un portique et avaient tenté de le contrôler. Il avait été rapidement maîtrisé par une patrouille de gendarmes passant non loin de là. Mais quelques dizaines de témoins, parmi lesquels de nombreux jeunes, ont estimé que l’interpellation avait été trop brutale et ont commencé à se masser devant le local de la RATP dans lequel le suspect avait été dans un premier temps retenu, avant d’être évacué vers un commissariat. Des renforts de policiers et de gendarmes sont rapidement intervenus.

Sous le regards de centaines de témoins et d’usagers du métro coincés sur place, une foule de plus en plus hostile a commencé à jeter des projectiles sur les forces de l’ordre. Les policiers ont répondu par de courtes charges et des jets de gaz lacrymogène. Certain jeunes, armés de caddys ou de poteaux métalliques utilisés dans le métro pour délimiter les files d’attente, ont tenté de casser des vitrines de commerces, des distributeurs automatiques de boissons et de friandises, des panneaux d’affichage et des vitres de séparation. Un début d’incendie a été allumé dans un stand d’accueil de la RATP.

Le face-à-face a repris vers 20h à l’intérieur de la gare. Des jeunes, dont certains armés de barres de fer, s’en sont pris à des distributeurs automatiques de boissons dans les sous-sols de la gare, ont brisé des vitres, ampoules, rambardes en verre. Un magasin de chaussures a été pillé. Des poubelles ont été incendiées. Des jeunes opéraient par petits groupes en différents endroits de la gare souterraine. D’autres faisaient face à une cinquantaine de policiers en tenue anti-émeute aux cris de “ Sarkozy, enculé ! ”, “ Police partout, justice nulle part ! ” ou “ A bas l’Etat, les flics et les patrons ! ”.

• 28 mars, Mulhouse

(presse) Un homme qui versait de l’acide chlorhydrique dans les horodateurs du centre de Mulhouse (Haut-Rhin) pour protester contre les parking payants, a été interpellé et placé en garde à vue. L’homme, âgé de 47 ans, se déplaçait à vélo, muni de burettes d’acide. Il a déclaré à la police avoir vandalisé une soixantaine d’appareils au cours des six dernières semaines pour exprimer son mécontentement face à l’extension de la zone de stationnement payant à Mulhouse. Les dégâts sont estimés à 130.000 euros. Confondu par plusieurs bandes de vidéo-surveillance, il a été interpellé mardi.

• 2 avril, Mâcon

(presse) Un incendie d’origine criminelle a partiellement détruit une antenne Assedic à Mâcon, lundi vers 04H30. «Un objet incendiaire a été lancé à l’intérieur du bâtiment», a expliqué le vice-procureur Christophe Rode. Le feu, parti du hall d’accueil, a ensuite gagné les étages, épargnant les bureaux individuels mais détruisant une partie du toit. L’agence risque de rester fermée pendant plusieurs jours.

Par ailleurs, une demi-heure avant l’incendie de l’antenne Assedic, trois voitures du centre d’information et de recrutement de l’armée de terre (CIRAT), garées à deux km de là, avaient été la cible d’engins incendiaires. Trois bouteilles d’alcool, avec un système de mise à feu artisanal, avaient été placées sous les roues des véhicules. Un seul a fonctionné, détruisant une des trois voitures.

• 5 avril, Marseille

(presse) Une statue en bois de la Vierge qui pourrait dater du XVe siècle, placée à l’extérieur de la basilique Notre-Dame de la Garde à Marseille, a été endommagée hier jeudi saint par un incendie vraisemblablement criminel. Selon le porte-parole de l’archévêché : «C’est quelqu’un qui a mis le feu sous la statue en bois, protégée par une grille fermant l’oratoire. Le thorax est brûlé.”

• 7 avril, Millau

(presse) L’enseigne de restauration rapide McDonald’s de Millau (Aveyron), qui avait été l’objet d’un “ démontage ” en août 1999, a de nouveau été vandalisé. Les deux grandes baies vitrées de l’entrée principale de l’établissement ont reçu des jets de pierre et les impacts étaient encore visibles jeudi. En outre, le slogan “ Osez Bové ” a été inscrit sur la façade. Faut-il y voir la signature du candidat à la présidentielle José Bové ? “ Cette fois, il n’y est pour rien. Ça ne ressemble pas aux actions de la Confédération paysanne - dont l’altermondialiste a été porte-parole -, répond son directeur de cabinet, Jacques Perreux. La dernière fois, le démontage avait une valeur symbolique et nous l’avons fait en plein jour, à visage découvert. ” Cette fois-ci, les faits se sont produits entre 2h et 6h, alors que José Bové devait tenir une réunion publique à Saint-Rome-de-Cernon (Aveyron) le lendemain.

• 9 avril, Lyon

(presse) Depuis deux jours, les trains en provenance du Nord accusent d’importants retards sur Lyon. A l’origine de ce désagrément, un incendie criminel qui a endommagé le système de gestion de la signalisation des voies à 4 kilomètres de la gare de la Part-Dieu. “ Les câbles électriques et les relais électromécaniques de l’installation ont été endommagés. Nous ne sommes plus en capacité d’assurer totalement la sécurité des passagers. Au lieu de rouler habituellement à 90 km/h, les trains passent au ralenti à tout juste 30 km/h à cet endroit-là ”, indique Alain Autruffe, directeur des grands projets de la région SNCF de Lyon.Ce sabotage a donc provoqué d’importantes perturbations à Lyon où près de 1000 trains transportant 100 000 voyageurs circulent quotidiennement. Les lignes nationales et internationales reliant Lyon à Paris, Lille, Rennes et Bruxelles ainsi que les lignes régionales sont fortement touchées, voire totalement paralysées.

• 12 avril, Ploërmel

(presse) Inaugurée le 10 décembre dernier, la statue de Jean Paul II, à Ploërmel, n’a pas fini de faire parler d’elle. Dans la nuit de mercredi à jeudi, elle a été badigeonnée avec des pots de peinture à l’huile blanche et turquoise.

• 12 avril, Toulouse

(presse) Une bouteille d’essence enflammée a été lancée vers 4H30 contre un bâtiment abritant le service de la trésorerie principale chargé de la collecte des amendes dans le quartier de Jolimont, à l’est de Toulouse. L’incendie s’est également propagé à un bureau contigu de la Mission locale, qui a été entièrement détruit. Un local du Centre régional d’information jeunesse a été endommagé. Un autre incendie a été provoqué par un cocktail Molotov dans le hall d’un immeuble abritant l’Union patronale de la Haute-Garonne et d’autres organismes publics ou semi-publics, a déclaré le procureur adjoint Jean Cavaillès.

• 18 avril, Buchelay

(presse) Huit bus articulés ont brûlé au dépôt du réseau TAM, dans la zone des Closeaux, à Buchelay. Cet événement intervient alors que les tensions sont fortes au sein de la société, récemment rachetée par la RATP. Les criminels ont aspergé d’essence quatre bus avant d’y mettre le feu. Par propagation, quatre autres engins ont été détruits. Deux autres ont été retrouvés arrosés d’essence mais n’ont pas été incendiés.

Les chauffeurs de la société TAM (ex-cars Giraud), récemment rachetée par la RATP, et leurs représentants syndicaux disaient avoir peu goûté la visite du président de la communauté cliente de l’entreprise (17 lignes et 20 000 voyageurs par jour). « Il nous a dit que, s’il fallait, il remplacerait tout le monde », confie un délégué syndical.

• 19 avril, Nandy

(indymedia) Un incendie d’origine criminelle a partiellement dégradé une école élémentaire de Nandy (Seine-et-Marne). L’incendie, qui s’est déclaré vers 3H00 du matin, a dégradé principalement deux salles de classe de l’école Les Bois avant d’être éteint par les pompiers.

• 19 avril, Toulouse

(presse) Trois bâtiments publics ont été la cible dans la nuit de mercredi à jeudi à Toulouse (Haute-Garonne) de cocktails Molotov.

«Un incendie s’est déclaré à l’agence ANPE de Ramonville» (Haute-Garonne) à quelques kilomètres de Toulouse, a indiqué Paul Michel, procureur de la République. . «On a constasté que deux objets incendiaires avaient été projetés à l’intérieur de l’agence provoquant l’incendie d’une imprimante et des dégâts mineurs». Les 43 employés de cette agence spécialisée dans la santé et l’action sociale seront redirigés vers d’autres agences en attendant la réouverture des locaux prévue en début de semaine prochaine. Des «jets de cocktails» ont également été découverts sur le bâtiment qui héberge le Conseil économique et social et des «traces» ont été trouvées sur celui de la Chambre des comptes, les deux édifices étant situés dans le centre-ville de Toulouse.

• 20 avril, Le Mans

(presse) La direction de l’usine Renault du Mans a annoncé vendredi avoir porté plainte pour des actes de sabotage sur son outil industriel constatés jeudi soir dans un contexte social tendu, dix jours après le licenciement de cinq salariés pour faute grave. La direction du site, qui emploie 3.000 personnes à la fabrication de châssis, a dénoncé des «actes de sabotages intolérables» sur l’installation de la X91, la remplaçante de la Laguna. La CFDT, syndicat majoritaire au Mans, a condamné «très fortement ces agissements inadmissibles qui pénalisent l’outil de production». Le syndicat a également déploré des tags apposés sur ses panneaux d’affichage, dont des croix gammées et des insultes. Par ailleurs, la façade du CE a été endommagée jeudi soir par un incendie, qui s’est déclaré dans une haie aux abords immédiats du bâtiment.

Il y a une dizaine de jours, cinq salariés de l’usine Renault du Mans avaient été licenciés pour faute grave à la suite de violences commises en marge d’un mouvement de grève en mars. Ce mouvement combattait un projet de flexibilité du temps de travail. Les cinq salariés, dont deux ont 25 ans d’ancienneté, avaient été mis à pied pour des «agressions physiques et verbales», selon la direction. Le plan de flexibilité avait été signé par trois syndicats (la CFDT, la CFE/CGC et FO) le 16 mars.

[Extrait de "Cette Semaine" n°92, mai 2007, pp.12-13]