Révolte des retenus au centre de rétention de Vincennes

Mercredi 24 janvier 2007 au soir, les prisonniers du centre de rétention de Vincennes se sont révoltés. Deux incendies se sont déclarés : un dans chaque bâtiment du centre. L’un des bâtiment aurait été entièrement évacué, l’autre resterait «utilisable». Conséquence : des retenus relâchés, des retenus transférés et des retenus inculpés qui sont passés vendredi en comparution immédiate.

Agés d’une trentaine et d’une quarantaine d’années, ces cinq individus de nationalité malienne, ivoirienne, marocaine et tunisienne étaient «retenus» depuis plusieurs jours dans les deux bâtiments du centre, dont l’un a été gravement endommagé. On ignore pour l’instant les verdicts.

A noter qu’en décembre dernier, une grève de la faim avait éclaté au CRA (centre de rétention administrative pour étrangers) de Vincennes comme ce fut aussi le cas à Lyon et Marseille. En avril, 136 des 146 retenus de Vincennes avaient déjà lutté pendant une semaine. Au mois de mai, c’était le cas des enfermés du centre de rétention situé dans les sous-sol du Palais de Justice de Paris.

Feu aux centres de rétention !

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Manifestation contre le centre de rétention de Vincennes


Suite aux grèves de la faim dans les centres de rétention de Lyon et Marseille (un des seuls moyens de résistance possible en rétention), nous avons manifesté notre solidarité samedi 9 décembre 2006 avec tous les retenus par un rassemblement autour du centre du centre de rétention de Vincennes.

Nous étions une trentaine de personnes, dont des membres du Collectif Solidarité Sans-Papiers 93. Suite aux slogans “Fermeture des centres de rétention” et “Non aux expulsions”, les retenus ont réagi en criant “Liberté !” et nous avons pu communiquer avec eux.

Voici ce que nous avons pu entendre également : “Venez nous aider, on n’a pas mangé depuis 3 jours, on est au moins 50% ici à avoir commencé une grève de la faim. La bouffe qu’ils nous servent ici est avariée. On n’a plus le droit de téléphoner. Il y a des gens ici qui ont leur famille en France, des enfants. Aidez-nous on est foutu !”, “Aucune aide”, “Pas de visite d’associations”, “Mon délai de rétention est dépassé de 6 jours”. Un communiqué d’un retenu de Lyon ex-gréviste de la faim a été lu.

Au bout de 10 minutes, les flics ont fermé les fenêtres et ont menacé les retenus de les priver du repas du soir... Nous sommes ensuite allés sous la nouvelle aile du centre de rétention. La police nous a repoussé. Elle nous a également empêché d’aller discuter avec les gens qui allaient visiter les retenus.

Fermeture des centres de rétention !

Non aux expulsions !

Plus de papiers du tout ou des papiers pour tous !

[Publié sur indymedia Paris,le 10 décembre 2006]


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Ceux qui font tourner la machine à expulser...


En zones d’attente

Les zones d’attente, créées en 1992, sont les lieux-prisons situés «à proximité» des ports et aéroports pour enfermer les étrangers non-admis sur le territoire et les demandeurs d’asile à la frontière. En 2005, il y a eu officiellement 14 500 immigrés internés dans ces 119 zones qui, lorsqu’elles ne sont pas dans des locaux spécifiques comme à Arenc (Marseille), sont souvent des chambres d’hôtels louées par le ministère de l’Intérieur. Elles sont gérées par la PAF ou les douanes.

Liste non exhaustive des qui collaborent à la machine à expulser :

• Aéroport de Roissy : l’hôtel Ibis a cédé place à un bâtiment spécifique (ZAPI 3), que le groupe Accor a construit. La Croix-Rouge le cogère.

• Aéroport d’Orly-Sud : hôtel Ibis qui loge et snack Philéas qui fournit la nourriture

• Aéroport de Nantes/St Nazaire : hôtel Mascotte situé à Bouguenais.

• Aéroport Bordeaux Mérignac : hôtel Arion.

• Port de Bayonne : hôtel Lousteau et hôtel Saint Barnard situé à Boucau.

• Port de Caen/Ouistreham : hôtel Mercure

• Port du Havre : foyer des gens de mer

• Port de Dunkerque : foyer des gens de mer

• Port de Boulogne/Mer : foyer des marins

• Port de Rouen : hôtel Kyriad

• Port de la Rochelle : hôtel de la Terrasse, quartier de La Pallice

• Port de Calais : hôtel Holliday Inn

[Source : Anafé, Campagne de visites des zones d’attente en France, novembre 2005 à mars 2006]



[Extrait de "Cette Semaine" n°92, mai 2007, pp.8-9]