Paris : solidarité avec Samir

Mardi 24 avril, lors de perquisitions dans des maisons occupées, la police a arrêté un camarade sans-papiers. Ceci vient témoigner, une fois de plus, du climat de terreur que l’Etat essaye d’installer, en passant par des rafles massives et une pression continue sur les lieux d’activités politiques subversifs.

Le même jour, une centaine de personnes s’est rassemblée devant le commissariat rue Riquet dans le 19eme où il était détenu. L’avenue de Flandres a été bloquée pendant une heure et demi, ce qui a eu pour effet de repousser le transfert de Samir au centre de rétention de Vincennes, mais malheureusement pas sa libération immédiate. Pour enfermer et expulser une personne, l’Etat met les moyens : importante escorte policière et de nombreux gardes mobiles pour protéger le commissariat et pour “ l’accueillir ” à Vincennes.

Samir a été directement isolé et interrogé dans un bureau jusqu’à minuit, enchaînant sur une journée d’interrogatoire politique au commissariat.

Comme toujours, l’ambiance est rude à Vincennes : des retenus finissent une grève de la faim sans rien obtenir ; hier, deux retenus ont fait une tentative de suicide, l’un d’entre eux s’est fait méchamment tabasser pour lui faire passer l’envie de résister, et placé en cellule d’isolement.

Samir est enfermé dans le nouveau centre de rétention de Vincennes. Renforcé suite à l’incendie de cette prison par les retenus, il est plus moderne et plus propre et permet surtout d’empêcher toute résistance collective. Les moyens que l’Etat met dans la rétention des sans-papiers ne cessent d’augmenter : plus de caméras, plus d’isolement.

L’Etat s’applique à écraser les sans-papiers qu’il crée et les conséquences sont souvent une vie à raser les murs et travailler la peur au ventre. Samir a toujours lutté contre cet état de fait en militant pour la liberté de circulation, la fermeture des centres de rétention et dénonçant toutes les conditions de vie dégueulasse qu’impose la France.

Libération de Samir !

Fermeture de tous les centres de rétention !

Des papiers pour tous ou pas de papiers du tout !

Manifestation au centre de rétention de Vincennes. RDV 19H à Joinville-le-Pont RER A. Samir passera jeudi devant le juge des libertés au 35bis du Palais de justice de Cité.

[Tract distribué à Paris le 25 avril 2007]


Communiqué depuis le centre de rétention


Paris, le 25 avril 2007

centre de rétention de Vincennes.

Je suis au centre depuis le 24 avril 2007. Après mon arrestation, à 10 heures, j’ai fait la garde à vue et après, ils m’ont emmené au centre. Pendant ma garde-à-vue, mes amis sont venus manifester et demander ma libération. Après, j’ai été escorté au centre, et du coup je suis considéré comme dangereux : ils m’ont mis à l’écart dans une partie isolée du centre. Il y a 4 chambres et 4 personnes par chambres. Actuellement, on est 7 personnes enfermées. Pour aller de l’autre côté, aux distributeurs de cigarettes et de boissons, il fait demander à la réception. Ou ils vont te chercher ce que tu veux, ou ils t’escortent. On peut dire que c’est une sorte d’isolement : t’as pas le droit de communiquer avec les autres retenus, t’as pas le droit de jouer au ping-pong. T’as le droit à rien, seulement fermer ta gueule.

Je suis parti parler avec un officier pour demander à aller de l’autre côté et il m’a dit : “j’ai des consignes de là-haut, tu es considéré comme dangereux”. Après, il te dit que ce n’est pas une prison mais un centre où tu as la liberté de circuler comme tu veux, mais là je vois le contraire. Pourquoi ? Parce que je lutte pour les conditions de vie ici et la fermeture de tous le centres de rétention. Les droits, ils sont passés où ? Il n’y en a pas pour les sans-papiers.

Ce que je veux, c’est que tout le monde soit informé de ce qu’il se passe ici. Hier, quelqu’un a fait une tentative de suicide, il n’a pas réussi. Ils l’ont emmené à la réception et, comme par hasard, j’étais là et j’ai vu comment ils l’ont tabassé et j’ai pensé : “il va mourir comme ça”. Après, ils l’ont amené en isolement, il était blessé et choqué. Après, je ne sais pas ce qu’ils vont faire de lui.

Je veux dire que ce qui se passe ici, c’est ignoble et inhumain. Demain, je passe au 35bis devant le juge des libertés à 10h. Cette fois je risque gros. Après mon expulsion vers mon pays d’origine, c’est la prison pour un an là-bas.

Numéros des cabines à l’intérieur du centre pour joindre Samir ou d’autres retenus :

01 43 76 50 87 — 01 48 93 99 80

Samir

Ndlr : Le 28 avril en appel, Samir a été remis en liberté. Comme en première instance, de nombreux amis et compagnons étaient présents dans la salle, parfois tumultueusement au grand dam de la crapule en uniforme faisant fonction de juge.


[Extrait de "Cette Semaine" n°92, mai 2007, p.8]