Nouvelles de la guerre sociale


• 22 avril, Villeurbanne
Un bureau de vote situé à l’école Louis Pasteur de Villeurbanne, rue Docteur Frappaz, a été incendié. Les malfaiteurs ont d’abord fracturé les portes de l’établissement. Ils se sont ensuite introduits dans le bureau pour mettre le feu à un isoloir. Le feu est monté jusqu’au plafond mais s’est éteint de lui-même par manque de combustion. Le bureau a dû être déplacé dans le réfectoire de l’établissement pour que les votes puissent avoir lieu dès 8 heures.

• 13 mai, Toulouse
Une voiture-bélier a été lancée contre l’entrée d’une école élémentaire Clément-Falcucci provoquant d’importants dégâts dans plusieurs classes. Le véhicule a pénétré dans le hall de l’école et “plusieurs individus ont mis le feu” au véhicule provoquant l’incendie de six classes situées au rez-de-chaussée. Depuis le 6 mai, trois autres écoles situées dans les différents quartiers du Mirail ainsi que celui d’Empalot, ont été la cible d’actes de vandalisme, notamment de jets d’engins incendiaires.

• 21 mai, Montereau-Fault-Yonne
Cinq mineurs et un majeur âgés de 14 à 18 ans, soupçonnés d’avoir incendié ces dernières semaines la piscine publique et la cantine scolaire ont été interpellés. Dans la nuit du 13 au 14 mai, un incendie volontaire avait entièrement détruit la cantine du groupe scolaire Edmond-Rostand tandis que fin février, un incendie avait ravagé la piscine publique.

• 24 mai, Toulouse
Une femme policier a été grièvement blessée et deux de ses collègues plus légèrement lors d’une interpellation sur un marché du Mirail. Au cours d’une opération contre des vendeurs de produits contrefaits, les policiers ont interpellé un étranger sans papiers qui a commencé à se débattre. Un attroupement d’une vingtaine de personnes s’est alors formé et a pris à partie les policiers qui ont du faire usage de bombes lacrymogènes pour se dégager. Au cours des heurts une femme policier a été gravement touchée à l’oeil.

• 24 mai, Marseille
Six mineurs –quatre garçons et deux filles âgées de 13 et 14 ans– ont été interpellés en flagrant délit par une patrouille de police alors qu’ils venaient de jeter les engins incendiaires sur le parking des enseignants du collège Henri Wallon.

• 24 mai, Longvic
Le gymnase Jean Bouey appartenant au complexe sportif de Longvic a été détruit par les flammes dans la nuit. Le bâtiment, d’une surface de 700 m2 et abritant des courts de tennis couverts, a été entièrement ravagé par le sinistre, certainement d’origine criminelle.

• 28 mai, Lille
Le hall d’un centre de loisirs a été défoncé par une voiture-bélier et incendié. Le bâtiment, largement endommagé, fait partie du groupe scolaire Jean-Rostand de Hellemmes, rue de la Ville-de-Naumbourg. Trois individus ont foncé dans la façade du centre de loisirs à bord d’un véhicule volé à Villeneuve-d’Ascq. Ils ont ensuite mis le feu à cette voiture-bélier. Outre les gros dégâts constatés dans le hall, plusieurs salles du centre de loisirs ont été noircies par les fumées et sont inutilisables.

• 30 mai, Quétigny
Trois véhicules de la Poste ont été incendiés, dont un a été entièrement détruit, alors qu’un quatrième a été dégradé.

• 31 mai, St Hippolyte du Fort
Lorsque tombe l’annonce d’une délocalisation de toute la production vers la Tunisie entraînant 287 suppressions d’emplois, les salariés de l’entreprise Jallatte à Saint-Hippolyte-du-Fort, spécialisée dans la fabrication de chaussures de sécurité pour le travail, investissent les locaux et enferment Joël Aunos, directeur général de Jallatte France, et l’Italien Giovanni Falco, directeur général du groupe JAL. Ce sont en majorité des employés des usines de Saint-Hippolyte (120 postes en production) et d’Alès, à 35 km plus loin (140 postes en production). Les patrons seront séquestrés plusieurs heures avant que la médiation du sous-préfet et des promesses de concertation n’y mette fin, sans illusion.

• 6 juin, Creil
Le radar automatique, situé sur la D 330 à Apremont entre Creil et Senlis dans l’Oise, a été détruit par un engin explosif vers 21h35. Des bouts de l’appareil ont été projetés à plus de quinze mètres. Comme sur l’ensemble du territoire français, les 16 radars de l’Oise font l’objet de détériorations récurrentes. Selon les autorités, du simple barbouillage au plasticage en règle, 80 % des appareils seraient vandalisés au moins une fois. Celui dont il est ici question semble subir un acharnement : le 3 avril dernier, il avait échappé à une attaque similaire. Mercredi, l’engin a explosé, détruisant l’appareil d’un coût de 80.000 €.

• 6 juin, Douai
Un homme qui devait être présenté à un juge d’instruction s’est évadé du palais de justice de Douai. Agé de 28 ans, il attendait dans une cellule sa présentation à un juge à la suite de faits de vol. Il a réussi à sortir de sa cellule et a sauté dans la rue en enjambant une fenêtre du bâtiment.

• 7 juin, Toulouse
Au tribunal pour enfants, un policier est pris à partie par plusieurs individus qui attendent leur délibéré salle des pas perdus. Tout commence lorsqu’un jeune de 17 ans est aperçu par un agent de sécurité en train de dégrader un banc en gravant son prénom avec une pièce de monnaie. Le flic arrive et lui intime l’ordre de quitter la salle. Dans la cour, les esprits s’échauffent entre ce même policier et un second mineur âgé de 16 ans et demi. Une bagarre éclate et le keuf est touché au visage. Bousculé, il reçoit un coup de pied entre les jambes en étant tenu par l’un des mineurs. Hier, il portait les stigmates de son agression : une minerve autour du cou et des verres de lunettes ébréchés.

• 15 juin, Villeneuve-le-Roi
Un incendie s’est déclaré vers 10h dans les toilettes du collège Jean-Macé de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), dont les 360 élèves ont été évacués. Le sinistre a provoqué des dégâts matériels dans les toilettes et une salle d’arts plastiques. Deux élèves de 14 ans ont reconnu avoir mis le feu, l’un a dit avoir agi par vengeance. Ils étaient jusqu’alors inconnus des services de police et de la justice.

• 17 juin, Saint-Michel-sur-Orge
Dimanche soir, un policier de la brigade anticriminalité (BAC) de Palaiseau a eu chaud. Peu après 22 heures, cet homme de 33 ans a été blessé au visage par un tir de fusil de chasse. Un plomb s’est niché juste sous l’oeil gauche. Peu après 21 h 30, la situation s’envenime à la limite entre le quartier des Genêts et celui de la Fontaine-de-l’Orme, à Saint-Michel-sur-Orge. Premier acte, un homme essaye de cambrioler une voiture, rue Saint-Saëns. Très vite, des policiers débarquent. En fait de cambriolage, ils tombent sur de véritables dégradations. Les hommes de la BAC interpellent l’auteur présumé, un adolescent de 17 ans. A un jet de pierre de là, d’autres policiers décident de contrôler un passant. Il a 21 ans et ne s’en laisse pas compter. Du classique : insultes, rébellion, tension, arrestation. Ce qui aurait pu n’être qu’une interpellation délicate vire quasiment à l’émeute. Une trentaine de personnes, surgies de nulle part, font face aux forces de l’ordre. Les « jeunes du quartier » insultent les policiers et entament un caillassage en règle. De l’autre côté, on sort gaz lacrymogène et flash-ball. Finalement les assaillants commencent à refluer. Une phrase lancée par l’un d’eux prendra peu après une tout autre dimension : « On va revenir avec des armes et on va tirer au calibre 12. » Les minutes passent. Soudain, deux détonations claquent, rue Arthur-Rimbaud. Un homme de la BAC s’écroule. Des plombs l’ont atteint, très probablement par ricochet, à la jambe et, en passant sous le casque, au visage.

• 17 juin, Paris
(indymedia nantes) « Quelle n’a pas dû être la surprise de certains électeurs ce matin, alors qu’ils allaient faire leur devoir civique, d’être obligés de passer par la porte de derrière, les fenêtres, le toit voire les égoûts, car une bande de farceurs s’étaient amusés à saboter les serrures. Dans la nuit de samedi à dimanche, plus d’une dizaine de bureaux électoraux ont ainsi été visités. Par cette action. le collectif antiélections rappelle son opposition à la farce électorale. » (extrait)

• 24 juin, Grigny
Des incidents entre jeunes et forces de l’ordre ont éclaté dans la cité de la Grande-Borne à Grigny Viry-Châtillon (Essonne), pour le troisième soir consécutif. Dimanche vers 23h20, des policiers ont été la cible de fusées de feu d’artifices et de jets de pierres et de cocktails molotov, près de la N 445, une route située en bordure de la cité. Les policiers ont eu recours à des gaz lacrymogènes. La veille, vers 22h00, des incidents similaires s’étaient produits au même endroit, alors que les policiers intervenaient pour l’incendie d’un véhicule. Vendredi, des heurts entre jeunes et policiers, appelés pour régler un différend familial dans le même quartier, avaient également eu lieu.

• 29 juin, Villiers-le-Bel
Tirs de fusées de feux d’artifice d’un côté, jets de grenades lacrymogènes et usage de flash-balls de l’autre... Un policier a été blessé à l’oreille vers 22 h 30, dans un quartier de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise). Au cours de l’échauffourée, un de ses collègues a également été atteint dans le dos par une fusée mais il a été protégé par son gilet pare-balles.

• 10 juillet, Portes-lès-Valence
Deux feux de grande ampleur ont détruit une vingtaine de voitures sur un train de marchandises stationné en gare de triage de Portes-lès-Valence. A l’aube, un premier feu se déclenche et six véhicules BMW (de très gros modèles) flambent. Les voitures neuves - 270 au total - sont stockées sur un immense train de marchandises mesurant quelque 600 mètres et composé de près de trente wagons. Avant-hier, toujours, peu avant minuit, alors que le convoi devait reprendre sa route en direction de Perpignan, un deuxième incendie est déclenché malgré la vigilance de trois agents SNCF. Des BMW - 4x4 et grosses berlines - en sont à nouveau la cible. Onze voitures brûlent et plusieurs autres sont sérieusement endommagées. Sous la violence du feu, la chaleur dégagée a entièrement déformé la structure métallique d’un wagon et endommagé des caténaires. Le préjudice est évalué à au moins un million d’euros.

• 27 juillet, Mesnil-Amelot
Un kurde de nationalité turque qui se trouvait en instance d’expulsion au centre de rétention du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) s’est gravement brûlé après avoir mis le feu à son matelas. L’incendie a endommagé une partie du bâtiment et une vingtaine de places, sur les 140 du centre, resteront fermées environ un mois. Un autre étranger retenu a été plus légèrement blessé aux mains en portant secours à l’homme. Le 24 janvier dernier, un incendie provoqué par des personnes retenues avait endommagé le centre de rétention administrative de Paris-Vincennes dans le XIIe arrondissement.

• 18 juillet, Chenôve/Dijon
Alors qu’ils procédaient à l’arrestation d’un individu recherché dans le cadre d’une condamnation dans le centre commercial Saint-Exupéry à Chenôve, les policiers ont été pris pour cible par un groupe d’une quinzaine de jeunes tentant de s’opposer à l’interpellation. Âgés de 18 à 25 ans, ces derniers ont lancé des pierres ainsi que divers projectiles en direction des deux véhicules de police. L’un a eu son pare-brise cassé, l’autre a subi plusieurs impacts sur sa carrosserie et l’une de ses ailes a été enfoncée. Un quart d’heure plus tard, un troisième véhicule de police circulant sur le même secteur a été dégradé de la même façon. Vers 17 h 30, une autre agression de ce type s’est ensuite déroulée, cette fois à Dijon, rue Boutaric dans le quartier des Grésilles. Contrairement aux deux premiers incidents de l’après-midi, les dégâts n’ont pas été uniquement matériels puisqu’une jeune adjointe de sécurité travaillant au sein de la DDSP 21 dans le cadre d’un emploi jeune a été légèrement blessée. Alors qu’elle se trouvait à l’intérieur d’une voiture de police, l’impact d’une pierre lancée en sa direction a fait voler en éclats l’une des vitres du véhicule. Plusieurs fragments de verre ont alors atteint la nuque et le bras de la jeune femme.

• 7 août, Lussas
Une parcelle de maïs transgénique a été détruite dans la nuit de lundi à mardi dans un champ à Lussas, dans l’Ardèche. Une partie de la parcelle, soit environ 17 000 pieds de maïs, a été neutralisée. Si aucune revendication n’a été faite, une affichette clamant “la terre n’appartient pas à l’homme” a été retrouvée sur place. Cette phrase est en fait la moitié de la déclaration attribuée à Sitting Bull, un grand chef indien, (“la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre”). Le collectif anti-OGM de l’Ardèche et la Confédération Paysanne, engagées dans une logique de négocation avec les institutions, les paysans et Limagrain appuyée par des actions médiatiques et symboliques, se distancient immédiatement de cette attaque anonyme.

• 23 août, Jouy-en-Josas
Le dispositif de mise à feu des trois engins incendiaires découverts à l’école des Hautes études commerciales (HEC), s’est partiellement déclenché dans la nuit de mercredi à jeudi. Des employés du ménage de HEC avaient constaté jeudi matin que les toilettes d’un des bâtiments du campus situé à Jouy-en-Josas (Yvelines), étaient noircies par un léger incendie et jonchées de plusieurs bouteilles en plastique. Appelée sur place, la police a ensuite découvert trois engins incendiaires composés au total de 16 bouteilles en plastique dont une partie était encore cachés dans le faux plafond de la pièce. Le système de mise à feu n’a fonctionné que partiellement. “Si cela avait entièrement brûlé, comme il y avait plusieurs dizaines de litres de liquide inflammable, cela aurait enflammé tout le bâtiment”, a déclaré une source policière. Cette découverte est intervenue moins d’une semaine avant la tenue du 29 au 31 août de l’université d’été du Mouvement des entreprises de France (Medef) sur le campus de HEC, à laquelle participeront le président de la République et plusieurs ministres.

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Permanences de la révolte (suite)

22 août, Paris
La permanence UMP de la rue de Cambronne dans le 15e est barbouillée de peinture noire et grise.

17 juin, Hénin-Beaumont (Nord)
La permanence de Marine Le Pen (FN) est caillassée au cours d’un rassemblement spontané en ce soir du premier tour des législatives.

17 juin, Roussillon (Isère)
La permanence électorale du député UMP de la 8e circonscription de l’Isère, Jacques Remiller est saccagée. “Le ou les auteurs qui n’ont pas réussi à casser entièrement une large baie vitrée, ont pu forcer la porte en verre et ont pénétré dans le local où tout a été jeté par terre et saccagé”, a déclaré le député sortant. “Les affiches et tracts de campagne ont été rassemblés et mis à feu, un début d’incendie qui ne s’est pas développé”.

1er juin, Montréal
Khadija Doukali, qui a dirigé la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy au Québec, a été hospitalisée après avoir été agressée au couteau par des malfaiteurs qui ont volé une somme d’argent et incendié son restaurant pendant la nuit. Les partisans de Nicolas Sarkozy à Montréal s’étaient rassemblés plusieurs fois dans son restaurant, en particulier le soir des deux tours de scrutin. Pendant la campagne, des méfaits avaient aussi été commis contre le restaurant.

13 mai, Nouméa
Le local du Rassemblement-UMP, qui se trouve rue de Sébastopol est la cible de molotovs. Pour une raison inconnue, ils ne se sont pas allumés.

13 mai, Paris
La permanence de Pierre Lellouche, député UMP de Paris, est vandalisée pour la troisième fois cette année. Les inconnus se sont attaqués aux boitiers électroniques des rideaux de fer qui protègent la permanence située rue Maubeuge (9e), bloquant l’entrée des locaux.

12 mai, Nice
La vitrine de la permanence d’Eric Ciotti, candidat UMP de la 1ère cicrconscription dans le centre de Nice, et bras droit de Christian Estrosi, ministre délégué à l’Aménagement du territoire, proche de Nicolas Sarkozy a été brisée par des jets de pierres, dont l’une portait le nom de Sarkozy assorti d’une croix gammée.

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Arroseur arrosé


18 juin, Nanterre
Lundi matin, un couple en instance de divorce se présente à l’annexe du TGI de Nanterre où sont notamment traitées les affaires familiales. Le ton monte très rapidement entre ce couple et l’agent d’accueil qui expliquait à la femme et l’homme qu’il ne pouvait joindre leur avocat par son poste téléphonique. Des insultes fusent. La greffière en chef sort de son bureau et tente de calmer le couple. L’homme s’énerve alors et lui donne deux coups de poing. La femme aurait menacé de mort la greffière. “Je vais te crever, t’es morte”, aurait-elle lancé. Les forces de l’ordre sont intervenues et ont interpellé le couple, toujours soudé face à l’adversité malgré leur procédure de divorce.

5 juin, Metz
Le vice-président du tribunal de Metz est poignardé alors qu’il présidait l’audience du tribunal pour enfants. C’est la mère d’un mineur qui l’a frappé par trois fois au ventre. Jacques Noris a été évacué vers l’hôpital Bon secours où il a été opéré. Selon la préfecture, la mère du mineur dont le cas était examiné lors de l’audience l’a agressé avec un couteau qu’elle portait sur elle lorsque le placement de son fils en foyer éducatif a été confirmé par le magistrat.

29 mai, Montargis
Une juge pour enfant du tribunal de Montargis (Loiret) est agressée par toute une famille venue entendre sa décision de placer en foyer d’accueil l’un de ses enfants mineurs. Il s’agissait de personnes dont elle assurait le suivi régulier. La nouvelle de ce placement a été mal accueillie par la mère. Cette dernière s’est précipitée derrière le bureau de la juge, l’a attrapée et violemment prise à partie. Pendant ce temps, l’un des enfants a saccagé le mobilier. Le père, enfin, l’a apostrophée et menacée de revenir l’après-midi même avec un fusil. Quelques heures plus tard, les policiers interpellaient les parents à leur domicile.

[Ces infos étant tirées de la presse, elles sont à lire avec les précautions d’usage]

[Extrait de "Cette Semaine" n°93, août 2007, pp. 18-19]