Grèce

Fin juin à Paris, le consulat grec situé à côté des Champs-Elysées a été occupé pendant deux heures. Une banderole a été suspendue à ses balcons et un texte téléphoné aux ministères grecs de l’Intérieur et de l’Ordre Public… faute de fax. Extrait de la fin de ce tract, titré «La création de l’ennemi public n°1», dans une traduction artisanale du grec.

Occupation du consulat grec à Paris

En l’espace d’une semaine, cette tolérance zéro s’est exprimée de plusieurs manières.

Le 29 mai tôt le matin à Keramiko, le squat Milerou et Germanikou est violemment expulsé par un déploiement exorbitant de forces de police (150 hommes de tous corps de police pour 3 personnes). L’attaque de police ressemble à une scène de film. Des hommes de l’ E.C.A.M., le visage masqué et des armes automatiques équipées de silencieux, se déploient dans le lieu et dans les escaliers extérieurs. D’autres, après avoir arraché la porte, sortent les 3 squatteurs présents dans le bâtiment en leur pointant une arme sur la tête. Malheureusement, l’aspect comique de la police est éclipsé par celui plus tragique.

L’histoire de ce squat et la résistance contre son expulsion est importante, car il constituait un obstacle de poids contre les projets des patrons de la région de Keramikos. Un projet de réaménagement de type Psiri est en cours, et vise à transformer le quartier en un “camp de loisir”, une zone commerciale de consommation culturelle. Il s’agit d’un type de “squat” qui gêne le capital, lui qui prévoit l’expulsion progressive (par des moyens économiques et autres au besoin) des couches pauvres et des immigrés de leur quartier. Pour toutes ces raisons, défendre Milerou et Germanikou signifiait faire le choix d’une dure confrontation avec le capital et l’Etat.

Le dimanche 3 juin, le journal “La Tribune” publie un article provocateur dicté par la police qui tente de relier les “bandits en noirs” [braqueurs anarchistes] et le prisonnier anarchiste en lutte Giannis Dimitrakis avec Lutte Révolutionnaire [groupe grec qui a revendiqué plusieurs attentats] et le soi-disant “nouveau terrorisme”. Giannis était à la tête de la révolte de la prison de Malandrinos, déclenchée suite à son tabassage par les matons, qui a ensuite enflammé la plupart des prisons grecques. L’article provocateur tente de calomnier le mouvement anarchiste/antiautoritaire en le présentant comme un porteur et un foyer d’éclosion du terrorisme, préparant ainsi le terrain aux prochaines vagues de répression.

Le 5 juin au petit matin, deux jours après l’article ci-dessus, la police arrête 3 anarchistes “ultra terroristes”. Trois personnes (une fille de 20 ans et deux jeunes gens de 19 et 21 ans) sont interpellées après une attaque où elles ont tenté de poser de petites bouteilles de gaz contre une voiture de la police municipale. S’en suivra l’orgie de répression de la police et du procureur qui est décrite au début du texte.

La tentative de calomnie, de criminalisation et de terreur contre le mouvement anarchiste/antiautoritaire saura nous trouver face à elle.

Au-delà des squats, solidarité avec tous les prisonniers en lutte.
Rassemblement pour la résistance contre les attaques de l’Etat et du capital.

Camarades solidaires
(grecs et français)

[Extrait de "Cette Semaine" n°93, août 2007, p.38]