Grèce

Quelques brèves du désordre grecques


5 juin : A Athènes, une quinzaine d’individus ont défoncé les vitres d’un des plus grands groupes de presse grec, Lambrakis Press (notamment propriétaire des journaux Ta Nea et Vima), redécorant aussi son entrée et les voitures voisines de peinture rouge.

8 juin : A Athènes, trois objectifs allemands ont été frappés à l’aide de bonbonnes de gaz en moins de 10 minutes. Il s’agit des concessionnaires Opel (ouest d’Athènes, trois voitures détruites), Mercedes à Kifisia (ouest d’Athènes, six véhicules détruits) et un bus-école de l’entreprise germano-grecque Erasmeios à Pangrati (est d’Athènes). A Thessalonique, quatre cibles allemandes ont été frappées en moins de 20 minutes : un distributeur de billets incendié devant un Lidl, deux concessionnaires Mercedes (deux véhicules détruits) et un magasin d’électroménager Miele.

19 juin : A Athènes, environ vingt individus armés de marteaux et de barres de fer ont attaqué quatre banques (une Citybank et trois banques grecques) et une voiture du gouvernement en plein centre-ville. Des tracts laissés sur place revendiquaient en particulier la liberté pour Dimitrakis et Stergiou.

2 juillet : Un engin artisanal (basé sur des bonbonnes de gaz) explose à Thessalonique devant les locaux du parti Nea Dhimokratia [droite au pouvoir] dans le quartier du centre de Triandria, brûlant quelques meubles et sa façade. Ce même jour, un groupe a attaqué les bureaux d’une compagnie d’assurance grecque et le centre de conférence adjacent à l’aide de masses, endommageant l’entrée des deux édifices.

3 juillet : Le ministre grec de la culture George Voulgarakis, auparavant ministre de l’Ordre Public, s’est pris plusieurs molotovs vers 10h du matin à Athènes alors qu’il sortait du ministère pour rejoindre sa voiture. Son garde du corps effrayé a tiré plusieurs coups de feu en l’air. Deux voitures garées devant le ministère sont partiellement incendiées mais Voulgarakis n’a pas été touché.

5 juillet : A Athènes, deux groupes ont attaqué plusieurs banques, à l’approche du procès contre le braqueur anarchiste Giannis Dimitrakis. Le premier a frappé l’agence de la Banque Nationale située entre les rues Solonos et Ippocratous, où s’était déroulé le braquage qui a conduit à son arrestation, à l’aide de pierres, bâtons et vernis. Le second groupe a attaqué trois banques située sur le cours Athenon avec des molotovs. Enfin, 40 personnes ont occupé les bureaux de la radio Spor Fm, contraignant la rédaction à lire un communiqué de 10 minutes en solidarité avec Giannis Dimitrakis et Vassilis Stergiou.

19 juillet : Vers 10h30 du matin dans un quartier du centre d’Athènes, un groupe d’une quinzaine de personnes a attaqué les agences de l’Eurobank et de la Banque Nationale avec des barres de fer, des pierres et des bâtons. Des tracts laissés sur place réclamaient la libération du braqueur anarchiste Giannis Dimitrakis, condamné deux jours avant à 25 ans de prison. Neuf personnes arrêtées plus tard ont été relâchées pour «faute de preuves».

22 juillet : A 26 kilomètres à l’est d’Athènes, .un engin incendiaire artisanal a explosé dans un garage de la Banque du Pyrée à Markopoulo, provoquant d’importants dégâts aux 80 véhicules saisis à des clients insolvables.

21 août : A Thessalonique, la police s’en prend aux vendeurs de dvd piratés. Tony Onuoha, un nigérien de 25 ans, meurt en tentant de fuir, tombant du premier étage d’une cafétéria où il s’était réfugié. S’en suit une manifestation offensive de 400 personnes rassemblant nigériens, anarchistes et squatters. S’en suivent aussi deux nuits d’émeute où tous affrontent ensemble la police, lui restituant un peu des coups qu’elle dispense au quotidien contre tous les indésirables. Outre de nombreux keufs frappés avec des barres et blessés par pierres, on compte une station de radio attaquée, plusieurs magasins ravagés et des véhicules de police mis hors d’usage.


[Extrait de "Cette Semaine" n°93, août 2007, p.36]