Grèce

Le 16 janvier 2006 dans le centre d’Athènes, la Banque Nationale de Grèce est braquée. Suite à une fusillade avec deux flics d’une brigade spéciale, un des braqueurs, Giannis Dimitrakis, un compagnon anarchiste de 28 ans, est grièvement blessé. Les trois autres parviennent à s’enfuir avec un butin de 50 000 euros (selon les journaux).

Giannis a passé plusieurs mois dans différents hôpitaux avant d’être incarcéré à la prison de Korydallos. Il fut ensuite transféré à la prison de Neapolis, en Crète, puis à celle de Malandrinos le 22 décembre 2006. Le 24 avril 2007, il est tabassé par les matons, ce qui déclenche une vague de mutineries dans 11 prisons pendant trois jours.

Son jugement a commencé le 6 juillet. La Justice l’accuse de sept braquages et la procédure sera menée sous couvert des dispositions de la loi anti-terroriste.

En solidarité avec Giannis

Prenant prétexte du jugement imminent, le 6 juillet 2007, du compagnon Giannis Dimitrakis, je tiens à exprimer ma solidarité avec lui et avec les trois autres compagnons recherchés pour la même histoire.

Indépendamment du fait d’être d’accord ou pas avec les différentes formes de la lutte sociale, au niveau individuel ou collectif, la solidarité avec les otages de l’Etat ne doit avoir rien à voir avec ces désaccords/accords.

A partir du moment où les relations autoritaires se sont introduites dans les communautés humaines, a également commencé le pillage permanent et sauvage de la richesse commune par les autoritaires. Ainsi, dans un contexte d’imposition étatique, se développent des mouvements de résistance des soumis contre ce saccage, qui prennent aussi la forme d’expropriations, au niveau individuel ou collectif. Le phénomène du braquage social s’observe avec une intensité particulière dans les périodes où la misère des opprimés produite par les puissants conduit à des situations critiques. Des individus ou des groupes, poussés par des raisons ou des désirs de type social, politique, ou autre, se réapproprient la richesse soustraite, refusant de mendier ou de travailler comme esclaves salariés. L’expropriation est une pratique utilisée par ceux qui luttent, partout et toujours.

Le compagnon Dimitrakis, refusant d’accepter les entraves de l’esclavage salarié, a décidé d’exproprier une banque. Par malheur, la haine d’un individu armé à la solde de l’Etat, affrontant ceux qui luttent pour une vie digne, a conduit à la capture du compagnon. La position digne de Giannis à partir du moment de sa détention, tout comme sa présence antérieure dans les luttes sociales, ont poussé les autorités judiciaires à le calomnier, elles ont tenté de le démoniser aux yeux de la société, particulièrement de son secteur combatif.

Cette lutte insurrectionnelle ne laisse pas de doute sur le fait que la solidarité avec le compagnon anarchiste est indispensable. Ceux qui ont passé des moments dans les taules de l’Etat comprendront l’importance des manifestations de solidarité avec les otages de l’autorité et combien elles permettent de porter en avant tout ce qui a trait à la lutte sociale.

Ne laissons aucune personne en lutte aux mains de l’Etat
Liberté pour tous

Vasilis Stergious, 27 juin 2007
Module 1 de la prison de Korydallo

[Traduit de l’espagnol.Publié sur klinamen.org le 11 juillet 2007]


[Extrait de "Cette Semaine" n°93, août 2007, p.39]