Perquisitions sauvages et pression à Paname


Mardi 24 avril 2007, deux squats, l’un a Montreuil [le Chatô], l’autre dans le 19ème [Pinton], se sont successivement fait perquisitionner tôt le matin.

A l’origine de ces perquises, l’interpellation de deux personnes le soir du premier tour, soupçonnées d’incendies de voitures — accusation que la justice n’a pas retenue. Dans les deux squats, l’équipe de police a prétendu que ces personnes habitaient les lieux, ce qui n’a jamais été le cas.

A l’aide de chiens, les flics recherchaient des explosifs. Ils n’ont rien trouvé de tel. Ils cherchaient surtout à réactualiser leurs fichiers, fouillant parmi livres, brochures, vidéos, prenant en photo les personnes présentes, embarquant carnets d’adresses, agendas, clés USB, disques durs et, au passage, des outils et 200 euros.

Dans une des habitations, les flics en ont profité pour arrêter un camarade pour défaut de papier. Bref, une véritable opération de police politique menée par des RG et des flics du commissariat rue Riquet dans le 19ème. C’est dans ce comico qu’a été amené notre camarade sans-papier. Il a été libéré lors de l’appel du jugement de la « détention et liberté » (35bis) après 5 jours de lutte : manifestation devant le commissariat et blocage de l’avenue de Flandres pendant deux heures avec des personnes du quartier ; refus de sortir de la salle d’audience du 35 bis après la décision du maintien au centre de rétention, diffusion des communiqués du retenu, manifestation devant le centre de rétention…

Suite à ces perquisitions, la pression policière s’est maintenue pendant toute la durée des élections et les jours de manifestation qui ont suivi :

• présence policière devant les lieux,

• filatures visibles de certaines personnes les fréquentant,

• contrôles d’identités répétés autour de ces squats, voire juste devant la porte d’entrée,

• dans le 19ème, un habitant se dirigeant en voiture vers le squat perquisitionné s’est fait poursuivre dans la rue par les flics. Il s’est fait arrêter sans explication ni accusation. Son tort est d’habiter dans ce lieu… Il a passé 20 heures en garde à vue au commissariat Riquet pour défaut de papier.

Voilà aujourd’hui un aperçu des pratiques de l’Etat et de sa police. Organisons-nous pour faire circuler les informations sur ce type de montage policier et d’opération de fichage politique.

[Récapitulatif paru sur Indymedia Paris le 23 mai 2007]


[Extrait de "Cette Semaine" n°93, août 2007, p.3]