Lille : expulsions en série


La fête est finie ?

11 mai : «Combien faut il de flics pour ouvrir une porte ? 40 flics avec bouclier, flashball, et chiens ont mis deux heures avant de rentrer au Goulag (nom du squat ouvert depuis quelques temps rue Arago dans le quartier de Moulins). Une fois à l’intérieur ils n’ont retrouvé personne. Les squatteureuses s’étaient évanoui-e-s dans la nature et à travers les murs... bref il-le-s s’étaient échappé-e-s du Goulag. Les flics ça les a un peu véxés. Pour une fois qu’un goulag nous fait rire.»

4 avril : Le squat d’habitation situé au 79 boulevard Montebello, occupé depuis le 1er mai 2001, a été expulsé et muré dans la foulée. Une trentaine de personnes sont venues pour le soutenir, sans pour autant que la quarantaine de flics acceptent de les laisser participer à la sortie des affaires. La porte sur ressorts ayant bien rempli son office face aux coups des bourrins, les porcs en uniforme ont pu compter sur la collaboration du voisin et passer par son jardin pour procéder à leur sale besogne.

fin juillet : Le Hangar (43 rue du Jardin des Plantes, Lille-Moulins), squat ouvert dans la continuité du Maquis, qui organisait notamment des projections et concerts de soutien (le 8 avril avec Ungdomshuset ou le 26 juin avec les inculpés suite aux élections) est expulsé près de 6 mois après son ouverture.

10 août : Le Ch’ti Daras (18 rue Dupetit Thouars, Lille-Moulins), squat d’habitation et aussi un des principaux lieux d’activités, ouvert depuis 15 mois, est expulsé à 14h. «Ils nous ont laissé le temps de sortir quelques affaires, ont pris bon nombre de clichés et ont pété du matos dans la maison pendant qu’on déménageait. Ils veulent nous éradiquer, on va pas se calmer». Il y avait déjà eu une tentative d’expulsion le 6 juillet, mais la porte avait tenu bon face aux coups de hache.

Pour la première fois depuis longtemps, il n’y a plus de squats de camarades/compagnons à Lille. Vivement la rentrée !

[Extrait de "Cette Semaine" n°93, août 2007, pp.12-13]